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    Culture

    Auvers-sur-Oise célèbre le 100ème anniversaire de la mort du docteur Gachet.

    media Danielle Birck/RFI

    Immortalisé par son portrait peint à Auvers-sur-Oise par Van Gogh, le nom du Dr Gachet reste attaché à celui du peintre. Mais ce médecin, avant-gardiste dans sa discipline, collectionneur et lui-même peintre et graveur, a beaucoup fréquenté le milieu des artistes et, bien avant Van Gogh, ouvert sa maison à nombre d’entre eux, comme Cézanne et Pissarro, contribuant à faire d’Auvers un véritable foyer artistique.

    « Réellement, c’est gravement beau », écrit Vincent Van Gogh à son frère Théo en parlant d’Auvers-sur-Oise. Ses toiles, comme celles de Cezanne et Pissarro avant lui, suggèrent ce qu’était alors le paysage de cette campagne du Vexin, avec ses champs cultivés entre la côte calcaire et l’Oise. La ligne de chemin de fer, inaugurée en 1846, met le village à moins d’une heure de la capitale et chaque dimanche les Parisiens affluent dans les guinguettes, pêchent à la ligne et canotent sur l’Oise. Ces paysages et la qualité de la lumière attirent les peintres.

    La maison du Dr Gachet

    Atelier troglodyte creusé dans la falaise, derrière la maison. Danielle Birck/RFI

    Autant d’éléments qui vont séduire  le Dr Gachet, en quête d’une maison à la campagne pour sa femme souffrant de tuberculose. « Il était déjà à l’époque favorable à ce qu’on appelle maintenant les médecines douces, par les plantes, l’homéopathie, à l’hygiène de vie, l’alimentation », souligne Françoise Goldstein, guide conférencière. « Il cultivait des plantes médicinales, essayait de faire lui-même des dilutions ». Elles sont toujours là ces plantes, dûment étiquetées, dans un jardin en terrasses, à la fois touffu et ordonné, se dressent des panneaux de verre, où sont reproduits des fragments de paysages peints par Van Gogh ou Cezanne.

    La maison, construite à flanc de la falaise, une ancienne carrière de pierres, dominant le lit de l’Oise, est conforme à l’image qu’en a donnée Cézanne dans La maison du docteur Gachet : blanche à trois niveaux, coiffée d’un toit en tuiles plates, regardant la vallée de l’Oise, plein sud.

    Rachetée par le conseil général du Val d’Oise en 1996, elle a été ouverte au public en 2003, à l’occasion du 150ème anniversaire de la naissance de Van Gogh. Entre temps, en 1991, maison et jardin – heureusement préservés par les derniers propriétaires - avaient été classés à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, en même temps que l’auberge Ravoux, dans le centre du village, où se trouve la chambre de Van Gogh. Ce qui a permis de préserver ces deux sites et leur environnement.

     Avant d’entrer dans la maison, on s’arrête devant la table sur laquelle le Dr Gachet était appuyé dans le fameux portrait. Et puis, juste devant la maison un arbre, un thuya, « qui a une petite histoire » que nous raconte notre guide : « A sa mort, en 1890, Van Gogh a été enterré dans une concession qui ne durait que 15 ans. En 1905, le Dr Gachet, son fils, Joana – la veuve de Théo – ont fait placer le corps dans une concession à perpétuité. Un arbre avait poussé sur la tombe, commençant à prendre racine dans le cercueil. Le Dr Gachet l’a recueilli précieusement et planté devant sa maison. Tandis qu’en retour son fils replantait un lierre de la maison sur la tombe où Théo, mort un an après Van Gogh, avait rejoint son frère ».

    La Folie du trait

    « Une maison pleine de vieilleries noires, noires, noires, à l’exception de tableaux impressionnistes », telle a été l’impression de Van Gogh  en pénétrant à l’intérieur. Aujourd’hui, la plupart de ces « vieilleries », notamment des céramiques, ont disparu – seulement matérialisées par des ombres chinoises portées sur les murs. Tandis que les papiers peints anciens, dans des tonalités sombres, et la petitesse des pièces restituent cette atmosphère un peu confinée, contrastant avec la lumière et les couleurs du jardin.  

    Portrait du Dr Gachet. Collection privée.

     « Ce lieu de mémoire » encore « habité »  par  le souvenir et l’esprit de ceux qui y ont vécu ou séjourné, est aussi un lieu vivant qui, comme du temps du Dr Gachet, s’ouvre régulièrement à des graveurs contemporains. Car la gravure était la passion du médecin-artiste, à laquelle une exposition, La folie du trait, rend hommage. A cette occasion sa presse à bras, vendue en 1943 vient de réintégrer les lieux grâce à un prêt  consenti par un de ses descendants. Cette même presse avec laquelle il réalisait ses eaux-fortes, en compagnie d’abord de Cézanne, Pissarro (installé à Pontoise en 1872) et Guillaumin, puis de Van Gogh qui s’essayera pour la première fois à cette technique, comme on peut le voir avec L’homme à la pipe, un portrait du Dr Gachet antérieur au portrait peint. 

    Sur les murs, d’autres dessins et portraits du Dr Gachet par des peintres et amis, par Cézanne, notamment, « où il s’est représenté lui-même avec le Dr Gachet en train de faire de la gravure, au moment de la ‘morsure’ où l’on met l’acide sur la plaque pour creuser le dessin », précise Françoise Goldstein.  

    Médecin, peintre, graveur, le Dr Gachet était aussi critique d’art « il écrivait dans quelques journaux sous le pseudonyme de Blanche de Mezin, prénom et la ville natale de sa femme », et « publiait des gravures dans des revues spécialisées». Il faisait aussi partie de nombreuses associations,  « la plus importante étant ‘la Société des éclectiques’, qui regroupait des amateurs d’art et de culture dans un peu tous les domaines. Ils se réunissaient autour de repas pour parler de l’actualité littéraire, théâtrale, artistique… Ça ne devait pas être triste », conclut notre guide. Deux de ces repas ont été reconstitués à l’occasion du 100ème anniversaire de la mort de cet éclectique chevronné et quelques plats sont au menu du restaurant Le chemin des peintres, jusqu’en octobre.

    Autre société, celle des Artistes indépendants avec laquelle il exposeses peintures, dessins et eaux-fortes, d’abord sous son propre nom, puis sous le pseudonyme de Paul van Ryssel (le nom flamand de sa ville natale, Lille).

    Mélancolie

    Pendant ses études de médecine, le Dr Gachet fait des stages dans les hôpitaux et notamment à la Salpétrière où il exécute de nombreux dessins. On peut en voir certains dans sa maison, et d’autres à l’Orangerie du château d’Auvers, dans le cadre d’une exposition temporaire, Portraits, autoportraits, révélations intimes, réalisée en partenariat avec le Centre d’Etude de l’Expression, autour des collections de l’hôpital Saint-Anne de Paris. Une exposition qui se fait l’écho de cet intérêt de Gachet, médecin généraliste, pour les maladies mentales dont témoignait déjà sa thèse, Etude sur la mélancolie, présentée à Montpellier en 1858.

    « J’ai fait le portrait de M. Gachet  avec une expression de mélancolie qui souvent à ceux qui regarderaient la toile pourrait paraître une grimace. » (Vincent Van Gogh à sa sœur Wil, 13 juin 1890)

    Dessin d'une "aliénée" par le Dr Gachet Danielle Birck/RFI

    Une « mélancolie » qui est avant tout celle du peintre auquel, pour la vaincre, le médecin conseillera de peindre sans relâche - ce que fera « Vincent » en réalisant plus de 70 toiles et une centaine de dessins et aquarelles pendant les dix semaines auversoises qui ont précédé sa mort. « Une sorte d’autoportrait sous les traits du docteur dont il se sentait proche »,  nous dit Françoise Goldstein.

    Ce qui est sûr, c’est qu’entre ces « deux rouquins », comme on les appelait à Auvers, a eu lieu « une rencontre exceptionnelle », conclut Dominique Guin, présidente de l'Office du tourisme, avec un Dr Gachet « capable de comprendre et le génie et la folie de Van Gogh ».

    Paul Gachet meurt le 9 janvier 1909 dans sa maison d’Auvers-sur-oise et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris.  Il laisse à ses enfants, Paul et Marguerite, ses impressionnantes collections de tableaux, gravures, dessins, livres, céramiques… De 1949 à 1960, les tableaux et estampes feront l’objet d’une dizaine de donations à l’Etat.  Une salle au Musée d’Orsay est consacrée à la donation Gachet.

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