GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Dimanche 17 Novembre
Lundi 18 Novembre
Mardi 19 Novembre
Mercredi 20 Novembre
Aujourd'hui
Vendredi 22 Novembre
Samedi 23 Novembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Culture

    Haneke aux racines du mal

    media Les Films du Losange

    Sortie en France ce mercredi du film de Michael Haneke, Le ruban blanc, Palme d’or au dernier Festival de Cannes. Premier film en costumes du réalisateur autrichien, Le ruban blanc perce à jour les germes de la violence à travers l’éducation des enfants. Où l’on retrouve les obsessions de Michael Haneke dont les films, qu’ils soient en couleur ou en noir et blanc comme c’est le cas avec Le ruban blanc, jettent sur l’écran un effroi glaçant. Et le recours dans ce nouveau long métrage à une image extrêmement soignée n’en renforce que davantage l’insidieuse horreur.

    Le ruban blanc n’est inspiré d’aucun fait divers avéré. D’où sans doute le recours à un narrateur qui, devenu vieux, se souvient d’un épisode particulièrement traumatisant qui avait bouleversé la vie de son village du nord de l’Allemagne, à partir de l’été 1913. Mais, précise-t-il d’emblée, il ne sait plus si cette histoire est complètement véridique. Quoi qu’il en soit, elle s’étend sur un an et permet, par le biais des divers incidents qui vont émailler cette terrible année, de décrire avec une précision quasi anthropologique la société alors en place, et les codes particulièrement rigides et quasi féodaux qui la régissent. On trouve donc le médecin, l’instituteur, le métayer, le baron, le pasteur et bien sûr les enfants, les acteurs principaux de ce drame villageois. 

    C’est donc le début de l’été, tout parait appeler à durer éternellement. Sauf qu’une succession de menus incidents inexpliqués va bientôt ternir ce bel ensemble bucolique et mettre à jour de vieilles querelles soigneusement enfouies, de solides rancunes qui, en émergeant, laissent entrevoir la violence qui sourd derrière la belle carte postale champêtre. Car de délits en actes de barbarie, l’atmosphère devient peu à peu irrespirable. Et le spectateur finit très vite par se sentir lui aussi oppressé.

    Les Films du Losange

    Oppressé comme le monde que Mickael Haneke nous décrit et dont les principales victimes sont les enfants qui, sous le joug d’une éducation répressive et placée en permanence sous le signe de la culpabilité et de la punition, se muent en bourreaux inquiétants. « On peut être inhumain en croyant faire au mieux pour ses enfants », disait le réalisateur lors de la présentation de son film sur la Croisette. Ce que symbolise le ruban blanc du titre que le pasteur fait porter à ses enfants pour leur rappeler qu’on attend d’eux innocence et pureté.

    Les hommes, dans le film, font d’ailleurs preuve d’une dureté telle qu’elle s’apparente ni plus ni moins à du sadisme, et cela à tous les niveaux de l’échelle sociale. Les femmes ne sont d’ailleurs guère plus épargnées que leur progéniture. A l’instar de la sage-femme (et ex-amante) du docteur veuf et incestueux qui, dans une scène d’une brutalité suffocante, se voit rabaissée plus bas que terre par son immonde employeur. C’est encore l’épouse du hobereau qui finira par refuser la soumission et s’échapper vers l’Italie devant l’étroite obstination et le mépris de son mari qui, fou de rage, congédie tous ceux et celles qui travaillent à son service sans même se soucier de leur sort.

    Si effectivement, le narrateur taira jusqu’au bout le nom des coupables (comment se résigner à dénoncer des enfants ? Et d'ailleurs, à qui la faute, aux enfants ou aux adultes qui les ont élevés ?), la vérité des êtres - au moins celle-là - affleure au gré des événements, des dérapages, des crimes. Amenant du reste le cinéaste à passer de plans larges à des plans plus resserrés, cadrant au plus près les visages des différents protagonistes, ceux-là mêmes qui quelques années plus tard, après l’humiliante défaite de la Première Guerre mondiale, grossiront les rangs des nazis.

    Pour autant, se défend le réalisateur de Funny Games et de La Pianiste, son film ne saurait se réduire à une analyse des origines du nazisme. Pour lui, cette réflexion sur l’éducation des enfants et la maltraitance qu’elle peut supposer y compris au nom d’idéaux apparemment louables et justes, n’est le fruit ni d’un régime particulier ni d’un type de pays. En revanche, elle est le résultat de n'importe quel terrorisme, religieux, intellectuel ou politique.

    Quoi qu’il en soit, Mickael Haneke n’a pas son pareil pour révéler imperceptiblement les craquelures derrière la façade prétendument irréprochable (les adultes savent, eux) d’une société où les pères en voulant faire le bien ont engendré le mal. Où l'humiliation ne peut engendrer que la violence.

    Les Films du Losange

     

    Chronologie et chiffres clés

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.