Jean Sarkozy : les leçons d'un renoncement
ll avait assuré qu'il irait jusqu'au bout. Finalement, Jean Sarkozy jette l'éponge. Le fils du président de la République ne briguera pas la présidence de l'EPAD - l'établissement public chargé d'aménager le premier quartier d'affaires européen, la Défense, près de Paris. Une candidature qui a provoqué une vive polémique pendant deux semaines. Polémique qui a pris fin, hier soir - sur le plateau du journal télévisé de France 2.
Jean Sarkozy renonce et, il faut bien reconnaître qu'il l'a fait de la meilleure des façons. Son intervention télévisée a montré une vraie maîtrise de la communication. Le jeune homme était serein. Un peu ému et clair dans son propos. Il a assuré ne pas vouloir d'une « victoire entâchée d'un soupçon de favoritisme ». Et il a joué le rôle de bouclier en revendiquant les deux décisions: celle de se présenter et celle de se retirer de la course...
En quelque sorte, il était impeccable et juste sur la forme pour dire quelque chose qui l'était moins sur le fond. Car si Jean renonce, c'est surtout parce que Nicolas s'est rendu compte que l'opinion restait constante dans son rejet d'une décision qui a peut-être été prise par le fils tout seul, mais qui avait - comment peut-il en être autrement? - reçu l'onction du père-Président.
La majorité, malgré les charges de Frédéric Lefbvre qui est allé jusqu'à parler de « complot politico-médiatique », n'a pas été persuadée et certains élus, n'hésitaient pas à s'interroger, tout comme l'opposition, sur un excercice personnel du pouvoir qui pouvait avoir des effets désastreux.
Dès lors, comment s'en sortir sans trop de dégats ? Tout simplement en faisant marche arrière et en cédant alors qu'on avait promis de ne rien lâcher.
Défaite de Nicolas Sarkozy ?
C'est évidemment une défaite pour Nicolas Sarkozy. Le Président n'aime pas céder, nous le savons. Mais cette fois ci, vu le contexte économique et social, vu la contradiction qu'il y avait entre les valeurs annoncées et défendues pendant la campagne de 2007 et la promotion d'un jeune homme de 23 ans, sans expérience nommé Sarkozy, il devenait urgent de tenter de circonscrire la polémique.
C'est ainsi, les Français désirent croire au mérite et aux élus qui tiennent leurs promesses. Nicolas Sarkozy, d'après eux, faisait preuve de « népotisme » en propulsant son fils. Ils l'ont fait savoir par sondages interposés. Et il devenait difficile de s'obstiner sans provoquer une sorte de traumatisme politique qui aurait pu compliquer, outre les élections régionales, la suite du quinquennat et une éventuelle réélection en 2012.
C'est donc une vraie défaite politique que Nicolas et Jean Sarkozy nous ont présenté comme une volonté d'apaisement. C'est surtout la première fois que le Chef de l'Etat montre qu'il a bien compris qu'on ne gouverne pas contre sa majorité et surtout pas contre le peuple qui l'a élu.

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