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    Afrique

    "Dans le miroir des eaux..."

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    Une soixantaine d'images, à peu près le même nombre de témoignages écrits, nous sont parvenus du Sénégal et du Burkina Faso, particulièrement touchés, mais aussi du Togo, du Bénin, du Mali, de la Côte d'Ivoire, du Tchad, du Ghana, etc... Des photos des dégâts provoqués par les eaux, des témoignages sur ce que vivent les populations et les réflexions que ça inspire à ceux qui vivent là. Quand Aboubakry nous envoie le 13 septembre dernier les images que vous verrez dans le diaporama sur Rosso en Mauritanie, il écrit : « La ville de Rosso Mauritanie a enregistré 176 mm de pluie fin août (104 mm le 27 et 72 mm le 28). A 90 % la ville est sinistrée.»

    Quand nous avons lancé cette enquête «expresse» sur les inondations en Afrique de l'ouest, Guejopaalgnane nous a écrit depuis Loumatyr au Sénégal :  «Je ne sais pas quelles sont vos intentions dans ce travail, mais c'est une très bonne initiative. Elle permet de faire voir les eaux et quelque chose d'autre dans le miroir des eaux.» Nos intentions sont bien celles-là,«faire voir les eaux» et si comme le souligne Abdou depuis Rabat au Maroc, «nous avons constaté que le fait de montrer tout simplement des images ne résout pas les problèmes des inondations», peut-être verrons-nous «quand même quelque chose d'autre dans le miroir des eaux». en regardant par exemple ces images de Rosso en Mauritanie envoyées par Aboubakry avec ce seul commentaire : «La ville de Rosso en Mauritanie a enregistré des pluies diluviennes les 27 et 28 août 2009, ce qui a entrainé l'évacuation de plus de 4000 familles au Pk 7. Un phénomène récurrent:une partie de la  ville est construite dans une zone inondable, le sol est argileux et la nappe alluviale est peu profonde. Résultat: à la moindre pluie c'est la catastrophe

    Une rue d'Abidjan, août 2009 Michel

    Les premières photos nous sont parvenues début juillet de Michel, un membre de l'atelier des médias qui habite Abidjan, Côte d'Ivoire. Malgré le peu de lumière sur les images, on y distingue nettement deux hommes, progressant péniblement dans un paysage urbain, de l'eau par dessus les genoux.

    Début septembre, de nouvelles images en provenance du  Burkina Faso cette fois avec des routes défoncées par des torrents d'eau boueuse, des ponts emportés, des autocars aux toits presque entièrement immergés. On imaginait que les voitures devaient être dessous...

    Dans les rues de Ouagadougou / Arton

    Du Sénégal, presque simultanément Serigne notamment nous montrait comment il fallait désormais trouver une embarcation pour traverser les rues de certains quartiers de la banlieue de Dakar.

    La ville de Rosso, en Mauritanie était entièrement inondée, les écoles dans plusieurs villes et villages du Togo idem : en nous envoyant ces images, une soixantaine au total, les membres de l'atelier des médias nous ont fait voir une réalité que ne peuvent décrire les rapports du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations unies pour l'Afrique de l'ouest, l'OCHA. 600 000 personnes touchées par les inondations en 2009, peut-on y lire, quand il y en avait déjà eu 800 000 en 2007 ! Pour comprendre la réalité derrière les chiffres, vos témoignages et vos photos sont précieux.

    «Moi je suis à Ndjaména au Tchad, nous écrit Aboubakar le 11 septembre, et ici aussi nous avons eu des inondations suivies de dégâts, des route routes quasiment impraticables et des maisons qui tombent... je vous enverrai quelques photos que j'ai moi-même prises ici sur place.» Peut-être Aboubakar a-t-il eu des problèmes de connexion ou tout simplement d'accès à l'électricité, peut-être a-t-il oublié...Nous n'avons pas eu la possibilité de voir ses images...

    En filigrane, la question du réchauffement climatique...

    En invitant les «décideurs politiques»  à «prendre à bras le corps la question du réchauffement climatique afin de ne pas connaître le pire dans les années à venir», Mouanga Menayami, originaire de Pointe Noire en République du Congo, écrit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. La question a d'ailleurs bien entendu été posée à plusieurs reprises sur l'antenne de Rfi et notamment ici ( pour tenter d'expliquer l'intensité des précipitations).

    Depuis Bamako au Mali, où les pluies torrentielles ont inondé les cultures et compromettent dors et déjà fortement les récoltes à venir, Ramata Diaouré, rédactrice au bihebdomadaire 22 septembre, se demande d'ailleurs pourquoi les climatologues maliens ne sont pas davantage associés à des mesures de prévention de telles catastrophes. Du coup, c'est le programme de «pluies provoquées» récemment mis en place par le gouvernement qui suscite la suspicion d'une partie de la population :

    Pour pas mal de gens, les inondations de ces derniers temps sont dûes au programme de pluies provoquées ( initié au Mali NDLR), même si ce n'est pas prouvé scientifiquement.
    Ramata Diaouré, rédactrice au bi hebdomadaire "22 septembre" Rédactrice au bihebdomadaire "22 septembre" 01/10/2013 - par Anne-Laure Marie Écouter

    Expropriée de son territoire, «l'eau se défend par l'inondation ...»

    Mais en dehors des évolutions du climat, se posent des questions récurrentes sur l'urbanisation sauvage dans les villes touchées par les inondations, qu'il s'agisse de populations trop pauvres pour s'installer ailleurs (comme dans l'agglomération dakaroise)  ou comme à Cotonou de particuliers plus aisés qui investissent des terrains historiquement impropres à la construction. Hermann, de Cotonou dénonce l'utilisation de ces «bas-fonds» - de ces cuvettes traduit-il- avec la complicité des autorités locales :  «Au Bénin, dit-il,  l'eau se comporte exactement comme tout propriétaire qui voit son droit de propriété violé: elle se défend par l'inondation

    Près de Dakar, Sénégal / Serigne

    Hermann, membre de l'Atelier des Médias, Cotonou Membre de l'Atelier des Médias, Cotonou 01/10/2013 - par Anne-Laure Marie Écouter

    Autre critique à l'encontre des autorités : l'absence de caniveaux, pointée par Adele depuis Accra au Ghana qui demande que les routes et rues soient pourvues de caniveaux pour permettre l'évacuation des eaux.  Depuis Dakar, Zeinab ne dit pas autre chose mais elle pointe en plus la responsabilité des populations elles-mêmes : «C'est vrai que les eaux de pluies sont vraiment difficile à retenir mais quand même mettez en place des canaux d'évacuation dans les villes et entretenez les». Les populations aussi ne sont pas en reste dans ce phénomène. Il faut qu'on fasse quelque chose avant qu'il ne soit trop tard et venir pour dire «Si on savait!» Et Nelson depuis Abidjan de renchérir sur les incivilités, à Ouagadougou par exemple, où il habite: «J'ai observé un fait hallucinant ici, pendant les pluies les populations déversent leurs ordures afin qu'elles soient emportées par le torrent. Ou croient-elles que ces eaux vont ? Elles vont naturellement boucher les caniveaux quand ils existent surtout qu'il n'y en a pas assez ici.» Mais ces populations ont-elles d'autres solutions pour se débarrasser de leurs ordures ? Sans doute un sujet qui mériterait d'être creusé...

    «Il faut mettre en place un système qui permet de récupérer ces eaux de pluies et les traiter si c'est nécessaire, pour alimenter les populations locales en eau potable.Les régions à forte pluviométrie peuvent économiser leurs eaux provenant des nappes et des fleuve.» propose Maiga. Et Rachid va plus loin : «mes réflexions et analyses m'ont permis de conclure qu'il faut construire de très grands caniveaux pour réguler le trafic des cours d'eau vers un lac. Cette solution reflète deux aspects: le premier est social (les populations pourront dormir sans crainte parce qu'il n'y aura plus d'inondation) ; le second est économique (car les barrages électriques pourront permettre aux pays (africain ou non) qui vont adhérer d'avoir beaucoup de recettes.» (voir les détails de son projet ici)

    Et, nous le verrons, c'est d'ailleurs ce que tente de faire Mr Boubacar Bâ de l'Office National pour l'Emploi des Jeunes de la Banlieue de Dakar qui a évoqué pour nous les projets de réutilisation de l'eau contenue dans les bassins de rétention notamment pour des activités de micro jardinage par exemple . Mais l'heure n'est pas encore à la reconstruction dans les banlieues de Dakar ou à Ouagadougou où, nous raconte François, «dans l'espace de 10 heures presque 300 mm d'eau est tombée - déversant une quantité d'eau presque incroyable - faisant reborder les réservoirs d'eau en ville et inondant des quartiers entiers. Laissant pus de 1000 maisons détruites ou inhabitables, et des dizaine de milliers sans abri.» C'est sur le grand Dakar et Ouagadougou que la majorité des visuels et des témoignages nous sont d'ailleurs parvenus, montrant l'ampleur des dégâts et les difficultés à venir pour rétablir un cadre de vie normal pour les populations touchées.

     

     

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