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Maladie parasitaire - 
Article publié le : mercredi 28 octobre 2009 à 18:06 - Dernière modification le : lundi 02 novembre 2009 à 19:11

Une nouvelle forme de palu identifiée en Asie

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Par RFI / AFP

Selon une étude publiée dans la revue britannique Clinical Infectious Diseases, une nouvelle forme de paludisme potentiellement fatale chez les humains et provenant des singes a été cliniquement confirmée par une équipe de chercheurs en Malaisie. 

 

(Première publication le 10/09/2009)

Cette recherche, financée par la fondation britannique Wellcome Trust, a permis de déterminer les principales caractéristiques cliniques de ce nouveau paludisme, ouvrant la voie à un diagnostic plus rapide et un traitement plus efficace.

Les auteurs de cette étude, conduite par les professeurs Balbir Singh et Janet Cox-Singh de l'Université de Sarawak en Malaisie, ont montré que le parasite baptisé P. knowlesi, dont on pensait qu'il infectait seulement certaines espèces de singes dans les forêts tropicales d'Asie du Sud-est, était en fait répandu chez les humains en Malaisie. Des données épidémiologiques de pays voisins montrent que ce parasite y est la cinquième cause de paludisme chez les humains.

« Le parasite P. knowlesi peut être aisément confondu avec un autre parasite responsable du paludisme appelé P. malariae puisqu'ils paraissent très similaires au microscope », explique le professeur Singh, « mais le P. malariae provoque des formes bénignes de paludisme (...) tandis que le parasite P. knowlesi (d'origine simiesque) se reproduit toutes les 24 heures dans le sang, rendant l'infection potentiellement mortelle », explique-t-il, d'où la nécessité d'établir un diagnostic précoce et un traitement adapté.

Cette recherche a été conduite sur un groupe de 150 patients admis à l'hôpital Kapit à Sarawak, entre juillet 2006 et janvier 2008, et qui avaient été testés positifs pour une des espèces de parasites responsables du paludisme. Recourant à des méthodes de détection moléculaires, les chercheurs ont alors découvert que le parasite P. knowlesi était beaucoup plus répandu parmi les personnes infectées, comptant pour plus des deux-tiers des cas. La plupart des malades infectés avec le P. knowlesi d'origine simiesque n'ont pas souffert de complications et ont été aisément traités avec de la chloroquine et de la primaquine, les deux médicaments antipaludisme les plus utilisés. Toutefois, un patient sur dix dans le groupe étudié a souffert de complications et deux sont décédés.

Avec un taux de mortalité un peu inférieur à 2%, le parasite P. knowlesi du paludisme est aussi mortel que le P. falciparum. Mais la mortalité pourrait être plus élevée, mettent en garde les auteurs de l'étude, qui soulignent que le petit nombre de cas observés rend toute extrapolation difficile.

Appelé également malaria, le paludisme est une parasitose due à un protozoaire transmis par la piqûre de la femelle d'un moustique, l'anophèle, et qui provoque des fièvres intermittentes : le parasite sévit à l'état endémique, infecte les cellules hépatiques de la victime puis circule dans le sang, en colonisant -et en les détruisant- les globules rouges (ou hématies). Cette pathologie tue plus d'un million de personnes par an, surtout les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes, notamment en Afrique subsaharienne. Bien que le paludisme soit une « maladie évitable dont on guérit », affirme l'Organisation mondiale de la Santé, « un enfant en meurt toutes les trente secondes ».

Pour en savoir plus :

Consulter les sites suivants

- de France-Diplomatie

- de l'Institut Pasteur, Paris et lire "L'art du camouflage du parasite responsable du paludisme"

- CHU de Rouen / Hôpitaux et conseils aux voyageurs : recensement des pays selon les protocoles

- du Centre national de Recherches scientifiques /  "Un remède de grand-mère contre le paludisme" et "Des plantes pour lutter contre le paludisme"

 

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