Article publié le : jeudi 29 octobre 2009 à 07:29 - Dernière modification le : jeudi 29 octobre 2009 à 07:29

A la une : l’attentat ayant fait une centaine de morts sur un marché de Peshawar hier au Pakistan

Par Valérie Rohart

 

Les photos à la une de la presse pakistanaise sont terribles : un rideau de feu devant des immeubles en ruine laisse imaginer la violence de l’explosion. « De nombreux immeubles ont pris feu autour du marché Meena », raconte Dawn. « De nombreuses victimes sont méconnaissables et à une heure très avancée de la nuit, raconte le journal, seulement 25 personnes avaient été identifiées ».
 
Les services de renseignements ont déjà une piste. Un responsable affirme que ses services ont intercepté un appel téléphonique la semaine dernière qui promettait une attaque déchirante à Peshawar. Cet appel venait de la ville de Darra Adamkhel.
 
Un attentat d’une violence inouïe qui suscite beaucoup d’interrogations
 
Dawn en pose notamment deux qui mériteraient une réponse : « Pourquoi le gouvernement et l’opposition restent silencieux alors que la vie des Pakistanais est paralysée par la terreur ? », se demande en une le journal qui pose cette autre question toujours dans les titres : « Jusqu’où les choses iront-elles plus mal avant qu’elles n’ aillent mieux ? ».
 
Le journal reprend en fait une confidence que des membres du gouvernement et de l’armée faisaient en privé il y a quelques semaines : ils s’attendaient à ce que la situation empire avant une amélioration. « Aucune ville même la plus petite n’est épargnée par la peur. Tous les Pakistanais savent qu’il y a l’ombre d’un ennemi qui plane sur tout le pays et que l’Etat est en train de couler face à cette vague de violence sans précédent », écrit Dawn.
 
L’attentat de Peshawar a été précédé d’une attaque extrêmement audacieuse de l’autre côté de la frontière à Kaboul
 
Une attaque comme il ne s’en était encore jamais produit, surtout pas à Kaboul. Pourtant, cette attaque est curieusement passée sous silence dans la presse d’Asie. Et ce matin, il n’y a guère que le Taipeh Times à Taiwan pour parler de l’Afghanistan et sous un angle qui n’a absolument rien à voir. Reprenant des informations du New York Times, le journal de Taïwan raconte comment le frère d’Hamid Karzaï, Wali Karzaï travaillerait pour la CIA malgré les soupçons de trafic de drogue qui pèsent sur lui. L’agence américaine de renseignement l’aurait notamment payé pour qu’il forme une force paramilitaire dans sa région de Kandahar et pour qu'il prenne des contacts avec les talibans. « Cette information si elle est confirmée, estime le Taipeh Times, pose de sérieuses questions sur la stratégie américaine en Afghanistan. Stratégie qu’est précisément en train de revoir la Maison Blanche », rappelle le journal.
 
L’armée sous le feu des critiques en Corée du Sud, pour n’avoir pas assez surveillé sa frontière avec la Corée du Nord
 
Et c’est le Chosun Ilbo qui nous apprend que, profitant d’un défaut de surveillance un homme a fait défection… vers la Corée du Nord. Oui, vers la Corée du Nord ! Ça s’est passé dans la province de Gangwon exactement là où un autre Coréen du Sud avait fait défection vers le Nord. C’était en 1996. Et du coup une enquête a été diligentée auprès de la 22e division de l’armée qui est chargée du contrôle de la frontière car l’homme a profité d’une brèche dans la clôture qui marque la frontière. Une brèche qui n’aurait pas été détectée pendant plus d’une journée.
 
L’affaire des 78 demandeurs d’asile interceptés au large des côtes australiennes continue de susciter des commentaires
 
Le titre d’un éditorial du Sydney Morning Herald donne le ton : « Kevin Rudd otage des 78 réfugiés ». « L’accord humanitaire passé entre le Premier ministre australien et le président indonésien est une débâcle humanitaire et diplomatique », explique l’éditorialiste. « Ni le gouvernement indonésien ni le gouvernement australien n’ont de réponse à apporter à ces réfugiés et l’impasse actuelle montre que la solution indonésienne imaginée par Kevin Rudd qui consistait à accueillir les réfugiés sur le sol indonésien, est bien cette solution a volé en éclats », toujours selon l’éditorialiste du Sydney Morning Herald.
 
Même tonalité dans The Australian qui souligne que l’Australie et l’Indonésie n’ont pas la même interprétation de l’accord humanitaire. Pour Kevin Rudd il s’agissait d’une solution à long terme pour tous les demandeurs d’asile qui se présenteraient devant les côtes australiennes. Tandis que pour le président indonésien Susilo Bamabang Yodhoyono, il s’agit d’une solution provisoire pour les 78 réfugiés, qui sont probablement des sri-lankais.
 
Bilan des premières semaines de gouvernement du Premier ministre Yukio Hatoyama
 
Le journal conservateur n’est pas tendre avec le Premier ministre démocrate. « Pendant la campagne électorale il avait promis de mettre fin au gaspillage budgétaire. Pourtant depuis qu’il est au pouvoir il a fait exploser le déficit budgétaire », écrit le journal. Ce qui est surtout intéressant dans cet article c’est ce commentaire du journal qui en dit long sur la façon dont les conservateurs voient l’Occident. « Aux Etats-Unis et dans les pays Européens, il est fréquent qu’un parti au pouvoir revienne sur ses promesses de campagne lorsqu’il arrive au pouvoir. Il prétend alors qu’en étant dans l’opposition, il n’a pas pu se confronter à la réalité ». Le pire c’est qu’on ne peut pas franchement donner tort à cette analyse du Yomiuri.

 

tags: Revue de presse

Fermer