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    France

    A Beaubourg, les femmes entre elles

    media Sanja Ivekovic - «Personal Cuts», 1982 Musée national d'art moderne/Centre de création industrielle

    Après Big Bang en 2005 et Mouvement des images en 2006-2007, voici donc venu le temps des femmes : elles@centrepompidou est l’intitulé de cette troisième exposition thématique à travers les collections permanentes du musée national d’art moderne de Paris. Quelque 200 noms composent cette lecture féminine de l’art au XXe siècle, des pionnières à nos jours, ce qui représente plus de 500 tableaux, sculptures, installations, photographies et autres vidéos. Où l'on se rend compte qu'elles sont plus nombreuses, bien plus nombreuses qu'on ne veut bien le penser.

    (Première publication : 3 juin 2009)

    Des madones, des saintes, des muses, des odalisques, des baigneuses plus ou moins déshabillées, des pécheresses, des diablesses... Ce ne sont pas les femmes qui manquent dans les musées. Du moins aux cimaises car si l'on se fie aux cartels, leur présence est déjà beaucoup moins importante. Et pourtant, nous disent les collections de Beaubourg...

    Nom : Picabia, prénom : Francine...

    Impérativement commencer par le début ! Une lapalissade à mettre sur le compte d’une distribution des espaces à Beaubourg qui parfois invite à l’erreur. Du haut vers le bas… C’est donc ainsi, du 5e vers le 4e étage, qu’il faut entreprendre la visite des plus de 5 000 m2 réservées à ces dames. Cette prévention vaut non pas tant parce qu’il est de bon ton d’aller du plus ancien vers le plus récent que parce que cela évitera au spectateur de se heurter à la première salle du 4e, du genre rédhibitoire avec son intitulé sans équivoque Genital panic. Il est en effet surprenant voire déroutant dans un tel contexte que l’on imagine militant (et de fait, le contenu l'est) de tomber nez à nez avec une vulve aux dimensions plus qu’impressionnantes. Ou sur les photographies de Vallie Export se représentant, en 1968, sexe à découvert, une mitraillette dans les mains.

    Par deux ou trois fois, on se pince devant certains choix comme en pénétrant dans cette salle à dominante rouge (sang) et surtout, devant cet espace dédié à la famille, aux mobiliers et autres ustensiles de cuisine même si c’est pour y retrouver des artistes comme l’Américaine Martha Rosler qui, dans sa vidéo Semiotics of the kitchen (1975) a violemment dénoncé ce haut lieu de l’aliénation féminine. On n’a de fait jamais conçu une exposition consacrée à César, Villeglé, Tinguely ou encore - pour rester chez les Nouveaux Réalistes - Arman sur le mode « salon du bricolage ». Autant d’indélicatesses qui, à terme, ne servent qu’à alimenter cette question : fallait-il « enfermer » les artistes femmes entre elles ?

    Germaine Richier - «L'Eau», 1953-1954. ADAGP, Paris, 2009/ Musée national d'art moderne

     

    Une ébauche de réponse s’esquisse au 5e étage, réservé aux pionnières. Car si à l’étage inférieur, les hommes ont complètement disparu des cartels, là-haut les Matisse, Picasso, Kupka, Rothko, Derain n’ont pas été privés de cimaise. Ils voisinent donc - et du reste, comment pourrait-il en être autrement -, avec les Sonia Delaunay, Frida Kahlo, Suzanne Valandron, Germaine Richier, Dora Maar et autres Diane Arbus. Une mixité qui renvoie finalement à l’œuvre d’Agnès Thurnauer qui accueille le visiteur au 4e soit un ensemble de gros pins colorés sur lesquels les noms des artistes femmes ont été masculinisés et inversement. On découvre ainsi les identités de Jeanne Nouvelle, Annie Warhol, Francine Picabia ou encore de Louis Bourgois. Un savoureux clin d’œil qui justifie en quelque sorte le choix d’une exposition (presque) entièrement féminine, remettant ainsi au centre du musée, et donc de l’intérêt, des artistes qui n’y occupent pas forcément les premières loges d’ordinaire.

    Violence et engagement

    Des premiers pas hors des domaines réservés aux désirs d’émancipation et de liberté, armes au poing sur le modèle des Tirs (1961) à l’arc de Niki de Saint-Phalle et de son injonction à ouvrir le feu, en passant par le corps slogan et les déviances d’une Louise Bourgois, entre autres, les autofictions (réunis dans ce bel ensemble intitulé « Une chambre à soi ») jusqu’au travail sur l’immatériel ou la preuve que le corps n’est pas une obsession (loin s'en faut) des artistes femmes… Bref c’est tout un pan de l’histoire de l’art (et du féminisme, celui-ci ayant émergé aux Etats-Unis précisément dans les milieux artistiques) dans son versant le plus souvent revendicatif et engagé (la tendance de la collection de Beaubourg serait même à une certaine violence), et parfois douloureux, qui nous est ainsi proposé nous amenant à réévaluer l’impact des femmes dans la création contemporaine, foin des a priori. Ce qui, au-delà même de la pertinence ou non du genre comme possible grille de lecture, constitue un bel hommage rendu au deuxième sexe.

     


    Pour ceux et celles qui souhaiteraient approfondir la visite, un site internet spécifique existe : http://elles.centrepompidou.fr/

    Sachez par ailleurs que certaines oeuvres seront remplacées par d'autres, précisément pour montrer toute l'étendue (féminine) des collections du musée.

    Chronologie et chiffres clés

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