
Le président Obiang Nguema a accordé l’amnistie au Britannique Simon Mann et au Sud-Africain Nick Du Toit, condamnés à 34 ans de prison en 2004. Il avait été arrêté à Harare, en compagnie de 61 autres mercenaires, accusés de prendre des armes pour renverser le régime de Malabo.
La radio nationale équato-guinéenne a annoncé, mardi matin, une « amnistie totale » pour Simon Mann (57 ans), pour l'un de ses principaux complices, le Sud-Africain Nick Du Toit, ainsi que pour trois autres hommes condamnés dans cette affaire. Le 7 mars 2004, Simon Mann et une soixantaine de mercenaires sont arrêtés sur l'aéroport d'Harare. Les autorités du Zimbabwe accusent alors le commando d'être venu prendre livraison d'armes, avant de se rendre à Malabo pour renverser le président Teodoro Obiang Nguema, avec l'aide d'une seconde équipe dirigée sur place par Nick Du Toit.
Le Sud-Africain et ses complices de Malabo sont jugés fin 2004. Du Toit écope de 34 ans de prison. Il faudra attendre janvier 2008 pour que Simon Mann soit extradé du Zimbabwe vers la Guinée Equatoriale. Cinq mois plus tard, un nouveau procès est organisé à l'encontre du Britannique qui va écoper, lui-aussi, de 34 ans et sept mois de prison ferme.
Grâce présidentielle
Le décret signé par Téodoro Obiang Nguema évoque des « raisons humanitaires » pour expliquer l'amnistie de Simon Mann et de ses complices. Le Britannique était apparu très amaigri, au moment de son procès à Malabo, et il aurait « besoin d'un traitement médical régulier auprès de sa famille », explique le décret.
La « repentance et la volonté de réinsertion » des condamnés sont aussi soulignées par les autorités équato-guinéennes. Mais au-delà de ces considérations médico-sociales, il ne faut pas perdre de vue que la campagne électorale pour la présidentielle du 29 novembre s'ouvre jeudi prochain en Guinée Equatoriale et que le président sud-africain, Jacob Zuma, est en visite dans le pays, mardi et mercredi.
Au-delà de ces considérations, c'est aussi l'image du président Obiang Nguema qui est en jeu. Malabo lorgne sur le poste de gouverneur de la Banque des Etats d'Afrique centrale (BEAC).
Les mercenaires graciés ont 24 heures pour quitter la Guinée-Equatoriale.
L’Afrique du Sud est dans l’embarras |
Selon l’agence de presse allemande DPA, le communiqué du ministère de l’Information équato-guinéen mentionne que l’amnistie accordée aux mercenaires sud-africains intervient à la veille du déplacement du président sud-africain Jacob Zuma. Le porte-parole de Jacob Zuma a déclaré qu’il était surpris que les autorités équato-guinéennes établissent un lien entre l’amnistie accordé aux mercenaires et la visite de Jacob Zuma. Vincent Magwenya a ajouté que Zuma n’était intervenu en aucune façon pour obtenir la libération des quatre Sud-africains. Tout laisse croire que ce déplacement de Zuma en Guinée Equatoriale n’était pas prévu :il a été annoncé mardi matin seulement, d’habitude les journalistes sont informés plusieurs jours à l’avance des déplacements à l’étranger du président. Aussi l’entourage de Jacob Zuma a cherché à minimiser la portée de ce voyage à Malabo : « Nous passons juste en coup de vent », a indiqué son porte parole. Zuma s’était déplacé en Guinée Equatoriale en octobre 2008 pour assister aux cérémonies marquant l’anniversaire de l’indépendance du pays. Officiellement, l’objectif de sa visite éclair aujourd’hui est d’ordre purement commercial, l’Afrique du Sud veut se placer, car Pretoria a certes intérêt à conserver des relations cordiales avec un important producteur de pétrole. Néanmoins la concomitance entre la visite de Zuma et l’amnistie accordée aux mercenaires sud-africains laisse bon nombre de commentateurs perplexes. |

Delicious
Digg
Facebook
Twitter
Yahoo
Technorati













