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Belgique Commerce et Echanges

Les nouveaux maîtres du diamant d'Anvers

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Au cœur des Flandres belges, Anvers et ses  pierres préciseuses n'échappent pas à la crise. Le quartier des diamantaires est en pleine mutation.

Les nouveaux maîtres de la place ne vont plus à la synagogue. Originaires d'Inde, ils sont de religion jaïne et s'avèrent féroces en négoce. 

Raj Mehta jouit d’une position enviée à Anvers. Depuis le bureau du vice-président de Rosy Blue, le premier diamantaire de la ville qui a réalisé 1,2 milliard d’euros de vente l’an dernier, la vue est excellente.

 On distingue les quatre bourses du diamant, les banques et la synagogue devant laquelle s’égaillent, en fin d’après-midi, des dizaines de commerçants juifs orthodoxes, les maîtres traditionnels de la place. Leurs silhouettes noires se fondent dans une nuée de commerçants indiens, arméniens, libanais...
 
Dans ce quartier d'à peine un kilomètre carré, l’ambiance est calme. Derrière les hautes verrières de la bourse voor Diamanthandel, des diamantaires traînent sur Internet ou jouent au backgammon. La crise est bel et bien passée par là, faisant plonger le chiffre d’affaires import-export d’Anvers de plus d’un tiers, en prévision sur l’année 2009, à 19,4 milliards d’euros.

 


Mais c’est une révolution lente et silencieuse qui s’achève en ce moment. Anvers a changé de mains. Ses nouveaux maîtres, Raj Mehta en tête, sont des commerçants indiens. De religion jaïne, adeptes de la non-violence, respectueux de toute vie et commerçants chevronnés, ils sont originaires du Gujarat, dans le nord-ouest de l’Inde. Ils y ont fait fortune grâce aux 600 000 petites mains qui taillent actuellement des milliers de pierres minuscules : 55 % du volume mondial.
 
Les commerçants indiens se sont installés à Anvers dans les années 80 pour s’approvisionner en pierres brutes et en cash. Aujourd’hui, ils contrôlent 70 % du volume de l’import-export réalisé dans cette ville flamande de Belgique et détiennent depuis l’an dernier la totalité des sièges élus au conseil d’administration de l’Antwerp world diamond center (AWDC), l’organisme représentatif de la place.
 
Temple de marbre blanc

 Comme un pendant à la synagogue du quartier des diamantaires, ils font construire par des ouvriers indiens comme eux un magnifique temple de marbre blanc dans une banlieue chic de la cité flamande.
 
Curieusement, la crise n’a provoqué aucune faillite de diamantaire à Anvers. Entre deux portes, Jacky Roth, le  président du conseil d’administration de l’AWDC, explique, ironique, qu'il faut faire preuve encore d'un peu de patience... La crise pourrait bien accélérer la restructuration d’une industrie qui compte à Anvers 1 800 sociétés.
 
Pour Dany Rabby, troisième génération de diamantaires en Flandres, de nombreuses petites affaires familiales ne passeront pas dans les mains des futurs petits-enfants. « Ils ont besoin de comptables, de directeurs administratifs, de spécialistes en tout s’ils veulent survivre. »
 
Avec l’effondrement des ventes en Europe, Dany Rabby reconnaît une perte de 60% de son chiffre d’affaires sur l’année. Les « petits » ont surtout besoin de rester très spécialisés, « d’avoir une niche commerciale, de fournir des diamants vraiment particuliers, pas d’essayer de concurrencer les gros », résume Freddy Hanard, le patron de l’AWDC.
 
8 000 emplois directs
 
Dans les décennies précédentes, tailleurs, cliveurs et trieurs avaient déjà progressivement disparu. Depuis les années 1970, la ville a perdu 25 000 emplois directs et indirects. Aujourd’hui, Anvers n’est plus qu’un « hub », un grand centre commercial où les diamants passent de mains en mains avant d’être taillés en Inde, en Chine, au Vietnam... Restent 8 000 emplois directs et les plus belles pierres, celles qui nécessitent le savoir-faire des meilleurs tailleurs de la ville. Mais pour combien de temps encore?
 
Dans l’atelier de Wolf Zwiebel, la voix douce et rieuse de ce vieux tailleur juif orthodoxe, qui fut parmi les plus respectés, donne un avant goût de la fin du monde. Sur deux étages et quarante établis, il emploie trois ouvriers âgés, peu ou prou muets, qui pressent de rares pierres sur des disques de métal couverts de poudre de diamant abrasive. Et Wolf Zwiebel de citer ce proverbe yiddish : «Si les choses ne vont pas comme tu veux, tu dois les vouloir telles qu’elles sont. »
 
Depuis les fenêtres du plus haut  bureau de la plus haute tour, sur la rue Hoveniersstraat, Raj Mehta se demande régulièrement combien d’années encore il vivra à Anvers. Dix ans, c’est un peu trop pour prévoir mais dans cinq ans, oui. Tant que les producteurs et tous les vendeurs sont à Anvers, tant que les banques restent plus solides que celles de Shanghaï ou de Bombay, il profitera encore de la « douce » vie de Flandre.
 

 


 

 

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