Brouille entre Kaboul et l’ONU

Les relations se détériorent entre le gouvernement et les Nations unies. Le ministère des Affaires étrangères reproche à Kai Eide, le responsable de l'ONU dans le pays, de ne pas respecter la souveraineté nationale. Les Nations unies ont demandé au président afghan Hamid Karzaï, qui vient d'être réélu, de nommer des ministres compétents et réformateurs et de se débarrasser des seigneurs de guerre.
Avec notre correspondant à Kaboul, Luc Mathieu
Plus que les exigences de Kai Eide, c'est le ton employé par le numéro un des Nations unies en Afghanistan qui a fait réagir le gouvernement afghan.
Comme la plupart des dirigeants occidentaux, Kai Eide a demandé au président réélu Hamid Karzaï de lutter contre la corruption et de réformer le pays. Mais le responsable de l'ONU l'a averti publiquement que la communauté internationale pouvait se retirer d'Afghanistan.
En privé, Kai Eide ne décolère pas contre Hamid Karzaï. Leurs relations se sont sérieusement dégradées peu après le premier tour de l'élection présidentielle, le 20 août dernier. A l'époque, le président afghan refusait de reconnaître que les fraudes avaient été massives. Il a fallu les interventions répétées de John Kerry, le chef de la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, pour le faire changer d'avis.
Depuis cet épisode, Kai Eide considère qu'Hamid Karzaï n'est pas fiable. Et il laisse entendre que le montant de l'aide internationale pourrait être réduit si le président afghan ne se décide pas à réformer le pays.

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