Deux attentats visent les renseignements et la police
Au moins 18 personnes ont été tuées vendredi dans deux attentats suicide dans le nord-ouest du Pakistan, dont l'un a dévasté les bureaux des services de renseignement à Peshawar, l'autre visant un poste de police dans une ville-garnison. L'attaque contre les locaux de l'ISI (Inter-Services Intelligence), l'agence de renseignement dépendant de l'armée, constitue un défi à l'une des institutions les plus puissantes du pays.
Avec notre correspondante à Islamabad, Nadia Blétry
L’ISI, autrement dit les très puissants services de renseignement pakistanais, sont souvent considérés comme un Etat dans l’Etat.
En s’en prenant, vendredi, à des locaux de l’agence de renseignement à Peshawar, les responsables de cette attaque défient ouvertement l’une des institutions les plus puissantes du pays.
L’ISI a longtemps eu une réputation sulfureuse. C’est notamment cette agence, soutenue par les Américains et les Saoudiens, qui a formé les moudjahiddins pour qu’ils aillent se battre contre les Soviétiques en Afghanistan. Plus tard, dans les années 1990, l’ISI a également formé le mouvement des djihadistes pour la reconquête du Cachemire.
Aujourd’hui, New Dehli comme de nombreux pays occidentaux continuent à accuser l’ISI de jouer un double jeu, autrement dit de soutenir officiellement la lutte contre le terrorisme mais de continuer parallèlement à accorder son soutien à certains de ces groupes extrémistes. Pour quelle raison ? Selon certains analystes, le Pakistan voudrait pouvoir maintenir une réserve de combattants à sa disposition en cas de difficultés avec ses voisins afghan et surtout indien avec lesquels les relations sont souvent tendues.

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