Bolivie - 
Article publié le : samedi 14 novembre 2009 - Dernière modification le : mercredi 18 novembre 2009

Les Mennonites font parler d'eux

Johan Teichroeb, le gérant de la fromagerie.
Johan Teichroeb, le gérant de la fromagerie.
Reza Nourmamode/RFI

Par Reza Nourmamode

La communauté religieuse mennonite est frappée par le scandale en Bolivie. Certains membres ont été chassés de leur colonie, accusés de viol collectif. Les Mennonites tentent de redorer leur image.

Au pays des indiens Aymaras, ils dénotent : grands, blancs, germanophones, chrétiens évangélistes portant salopettes ou robes à fleur et refusant (presque) tout progrès technologique, les Mennonites se sont installés il y a environ quarante ans en Bolivie où ils vivent de l’agriculture et de l’élevage dans des colonies isolées.
Ils sont pourtant aujourd’hui au cœur d’un fait divers particulièrement sordide qui choque le pays.

Huit d’entre eux sont actuellement en détention, accusés d’avoir violé plus d’une centaine de femmes, dont des mineures. Ils auraient utilisé un aérosol rempli d’un produit soporifique pour endormir les futures victimes dans leur propre maison avant de passer à l’acte. Fait unique, ce sont les dirigeants de la colonie mennonite Manitoba, là où les viols ont eu lieu qui ont eux-mêmes remis les suspects à la police bolivienne.

La fille aînée d’Abraham Wall, qui aide aux tâches ménagères et agricoles, et deux de ses frères attendent sagement l’autorisation d’entamer le petit-déjeuner.
Reza Nourmamode/RFI
Abraham Wall, sa femme et ses huit enfants posent, bien en ordre, avant le petit-déjeuner.
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Lait, pain et charcuterie sont produits par la famille. De temps en temps, des aliments en conserve sont achetés à la ville.
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Un laitier attend de déverser ses bidons dans l’une des fromageries de la colonie.
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Le fromage produit s’appelle le « Mennonite » et se vend dans tout le pays.
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Les regards fuyants des travailleurs de la fromagerie face à l’appareil photo.
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Trois laitiers dans l’uniforme des Mennonites : salopette bleue de la même marque, chemise à carreau et casquette.
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Johan Teichroeb, le gérant de la fromagerie.
Reza Nourmamode/RFI
Salopette noire, c’est l’habit de l’un des pasteurs de la colonie.
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S’asseoir en terrasse, l’une des seules distractions autorisées dans la colonie. Les conversations se font en bas-allemand.
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Le pasteur justifie l’austérité de la vie dans la colonie : « le chemin vers le paradis doit être difficile ».
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Comme tous, Abraham Wall utilise la carriole pour se déplacer.
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Trois cousins se retrouvent lors d’une réunion de famille.
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Il y a une dizaine d’enfants dans le jardin. On n’entend aucun cri…
Reza Nourmamode/RFI

    Ayant fui le Mexique dans les années 1960 pour échapper selon eux à « la corruption de la société moderne » qui pénétrait les colonies, les Mennonites doivent aujourd’hui faire face à un scandale qui met en danger leur mode d’existence.
    Certains Mennonites, qui sont sortis des colonies en raison des règles de vie trop strictes, commencent désormais à parler et à raconter les travers de leur vie passée, une vie qui jusqu’à aujourd’hui se déroulait à l’abri des regards.
    Pour tenter de corriger l’image véhiculée par les viols collectifs, la colonie de Manitoba ouvre parcimonieusement ses portes au monde extérieur.
     

    tags: Bolivie - Justice
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