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    Europe

    Il y a 20 ans, la «Révolution de velours»

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    Il y a 20 ans, la République tchèque et la Slovaquie formaient un seul Etat. Il s’appelait la Tchécoslovaquie et il était communiste.

    Le 17 novembre 1989, ses citoyens ont décidé de le faire basculer vers la démocratie et l’économie de marché, en entamant la fameuse « Révolution de velours ».

    Dix ans en Pologne, dix mois en Hongrie, dix jours en Tchécoslovaquie, c’est ainsi que l’on résume parfois les périodes nécessaires aux trois pays de l’ancien glacis soviétique pour se libérer définitivement du joug communiste. Certes, le raccourci est séduisant et il reflète bien l’extrême rapidité des événements de l’« Automne des peuples ». Ils ont permis, entre autres, aux Tchèques et aux Slovaques de se débarrasser du régime de Gustav Husak, installé au pouvoir en 1968 par les troupes du Pacte de Varsovie, après leur intervention contre le mouvement du « socialisme à visage humain » incarné par le chef du parti communiste de l’époque, Alexander Dubcek. Toutefois, cette façon de voir les choses fausse la réalité et dissimule la profondeur et l’étendue des changements. « La Révolution de velours » se préparait depuis longtemps déjà, grâce aux évènements aussi bien intérieurs qu’extérieurs au pays.

    Le début de la fin

    Au moment de son déclenchement, les autorités communistes ont déjà cédé aux pressions de leurs peuples dans plusieurs pays voisins. La Pologne a vécu les premières élections législatives partiellement libres dans le camp soviétique déjà en juin 1989 et vient de s’offrir son premier gouvernement dirigé par un non-communiste. Les communistes ont également quitté le pouvoir en Hongrie et en Allemagne de l’Est, avec la chute du Mur de Berlin comme point d’orgue symbolique. Comme le commente Vaclav Havel aujourd’hui : « Depuis les élections en Pologne en juin, je savais que c’était le début de la fin du communisme ». C’est vrai, tout le monde sentait que le tour de la Tchécoslovaquie allait venir bientôt. Seulement, personne ne savait exactement quand, ni comment.

    D’autre part, la Tchécoslovaquie, comme la Pologne, avait une longue tradition d’opposition au régime communiste. Elle disposait d’une élite intellectuelle, le poète et écrivain Vaclav Havel en tête, bien organisée et consciente des changements en cours. Il est vrai qu’à la différence de ses collègues polonais, la Tchécoslovaquie n’a pas été en mesure de mobiliser la classe ouvrière et d’organiser un mouvement de masse comme le syndicat Solidarité. Néanmoins, elle était déjà bien préparée à reprendre le pouvoir au cas où une telle occasion se présenterait.

    L’étincelle

    Enfin, la tension était perceptible dans le pays depuis au moins un an. Une manifestation antigouvernementale avait eu lieu à Prague fin octobre 1988, une autre en décembre de la même année. Et puis, la « Révolution de velours » a été directement précédée par toute une série de manifestations : le 28 octobre 1989 à Prague, les 10, 11 et 14 novembre à Teplice, et le 16 à Bratislava. Le 17 novembre, la date officiellement retenue par les historiens pour marquer le début de la « Révolution de velours », une association d’étudiants a obtenu l’autorisation d’organiser une manifestation à la mémoire de Jan Opletal, un étudiant tchèque assassiné cinquante ans plus tôt par les nazis allemands. Le meeting s’est rapidement transformé en une manifestation anticommuniste et ses participants ont décidé de marcher vers la place Venceslas, associée dans la mémoire collective à l’intervention des chars soviétiques en 1968. Ils ont distribué des fleurs aux policiers qui leur barraient la route, mais ce geste conciliant a irrité au plus haut degré les forces de l’ordre, et leur réaction fut extrêmement brutale.

    C’est l’étincelle qui met le feu aux poudres. Dans la nuit, les étudiants, rejoints rapidement par les acteurs, entament une grève de protestation. Ils appellent à une grève générale dans tout le pays pour le 27 novembre. Le lendemain, tous les groupes d’opposition se réunissent à Prague autour de Vaclav Havel et de son mouvement Charte 77. Ils décident de créer une organisation commune, le Forum citoyen, qui sera désormais, avec son homologue slovaque, Société contre la violence, le principal interlocuteur des autorités communistes affaiblies. Celles-ci ouvrent les négociations avec l’opposition le 20 novembre, après une énorme manifestation pacifique sur la place Venceslas. Selon certaines sources, elle a réuni 200 000 personnes.

    Le coup de grâce

    Le coup de grâce au régime de Gustav Husak survient le 27 novembre. Il est asséné par toute la Tchécoslovaquie, mais il vient aussi d'Union soviétique. En effet, le jour même de la grève générale en Tchécoslovaquie, le secrétaire général du Parti communiste soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, condamne publiquement l’opération du Pacte de Varsovie en 1968 contre le mouvement de libéralisation tchécoslovaque. Ce qui est tout de suite interprété comme son discret aval au départ de Husak et de ses camarades. On sait désormais que l’Armée rouge ne reviendra pas à Prague, pas plus qu’à Varsovie, à Budapest ou à Berlin-Est.

    Le 7 décembre, le président Husak nomme un nouveau Premier ministre qui laisse entrer de nombreux membres de l’opposition au gouvernement. Trois jours plus tard, Gustav Husak donne son accord et démissionne. Le 29 décembre, Vaclav Havel prête serment en tant que nouveau président de la République et emménage dans le château de Hradčany. Sans un seul coup de feu, la « Révolution de velours » vient d’abolir le communisme en Tchécoslovaquie.
     

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