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    Culture

    La culture, vecteur de développement économique

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    Comment la culture peut-elle contribuer à la sortie de crise ? C’est un des thèmes débattus au cours du 2ème Forum mondial d’Avignon qui a réuni, du 19 au 21 novembre, plusieurs centaines d’experts, de personnalités politiques et du monde de la culture, autour du ministre français de la Culture Frédéric Mitterrand.

     

    De notre envoyée spéciale à Avignon

    Pour illustrer les intérêts mutuels bien compris entre économie et culture, Frédéric Mitterrand a évoqué le festival de Woodstock… En 1969, les commerçants de ce village perdu des Etats-Unis furent remerciés d’avoir toléré cette manifestation de la contre-culture - et sa horde de hippies -, par des revenus record, liés aux ventes de boissons ou aux locations de logement !
     
    Quarante ans plus tard, les activités culturelles sont clairement devenues un relais de croissance économique, devenu crucial depuis l’irruption de la crise. L’étude du cabinet Ineum Consulting intitulée « La culture, enjeu économique ou symbolique pour le développement des territoires ?», s’est ainsi penchée sur 32 villes de tailles différentes à travers le monde, et conclut au poids croissant des infrastructures et activités culturelles dans la vie économique des centres urbains.
     

    Naturellement, les villes qui disposent d’un patrimoine abondant, comme Venise, profitent des retombées économiques liées au tourisme, à condition d’entretenir leurs richesses. A cette famille appartient La Nouvelle-Orléans. Frappée par l’ouragan Katrina, la ville américaine, avec l’aide de l’Etat de Louisiane, s’est dépêchée de restaurer son quartier touristique, relativement peu touché, ses musées et son Vieux Carré. « Le plus difficile, confie Brooke Smith, responsable des partenariats auprès du vice-gouverneur de Louisiane, tous deux présents au Forum d’Avignon, fut de restaurer l’image catastrophique de la Nouvelle-Orléans, que beaucoup de touristes à travers le monde pensaient toujours inondée…On a aussi fait beaucoup d’efforts pour faire revenir les musiciens qui avaient quitté la ville après la destruction de leur logement, en finançant par exemple le ‘village des musiciens’, un ensemble de maisons pour les accueillir ».
     
    D’autres villes, qualifiées d’« historiques » par l’étude, ont dépassé le cadre strict du patrimoine pour faire prospérer des activités connexes, c’est le cas de Florence qui a développé une importante filière de métiers d’art, orfèvrerie et ébénisterie.
     
    Quand Bruxelles parie sur l’ « effet Bilbao »
     
    Mais certaines villes, les « volontaristes », ont le plus souvent créé une activité culturelle ex-nihilo, avec des retombées très positives sur l’économie locale. C’est le cas de Liverpool, en Grande-Bretagne : cette ville, sinistrée il y a encore dix ans, a su faire inscrire son front de mer et ses docks, témoignages de la prospérité de l’Empire colonial britannique, au Patrimoine mondial de l’Unesco (2004). Grâce à une dépense culturelle par habitant parmi les plus importantes au monde (600 euros par an), cette ville est passée du déclin industriel à une économie de la connaissance autour d’un solide pôle universitaire (près de 30% de la population de Liverpool est étudiante).
     
    Idem à Bilbao. L’ancienne cité industrielle du Pays basque espagnol a changé de destin en s’engageant dans un partenariat avec le musée Guggenheim. « Un geste architectural fort », commente Jean-Pascal Vendeville, le rapporteur de cette étude, autour duquel s’est d’abord construit un flux touristique et dans un deuxième temps des activités de services, avec une extension aux métiers de l’urbanisme puisque tout le front de mer a été reconfiguré. Encore une fois, les chiffres parlent d’eux-mêmes : une diminution du taux de chômage, un flux touristique de plus de 1 million de visiteurs par an, des résultats assez probant en moins de 10 ans ! »
     

    Preuve que le culturel peut intéresser l’économique, ce sont les chefs d’entreprises belges qui ont lancé le projet de faire de Bruxelles « la capitale européenne où il fait bon vivre » d’ici 2018 ! Les quatre organisations patronales se sont associées pour mener à bien quelques projets d’architecture et d’enseignement forts. « Il faut rendre Bruxelles plus vibrant, pas administratif, explique Ian Morsomme. Patron d’une société de recrutement et secrétaire général de BMR-Brussels Metropolitan Région, l’organisme qui pilote ce plan, Ian Morsomme croit à l’« effet Bilbao ». « Il y a une quarantaine de projets qui sont en train de se mettre en place : un bâtiment qui serait remarquable, et qui pourrait représenter l’Europe ; un centre d’excellence sur les affaires européennes et sur l’Otan ; un centre d’excellence en matière d’interprétariat - on a plus de 2 800 lobbyistes présents en permanence à Bruxelles, et tout autant d’interprètes ! L‘emploi sera l’un des critères de choix des projets, ainsi que les retombées économiques pour les entreprises ». 
     
    Quant à Montréal, la ville québécoise, privée de patrimoine bâti remarquable, a lancé un plan sur dix ans « Montréal, capitale culturelle », qui valorisera à la fois sa tradition du spectacle vivant et son industrie des arts numériques. « Un plan doté de financements publics, mais aussi d’acteurs dans la filière de formation et d’acteurs industriels, précise Jean-Pascal Vendeville, rapporteur de l’étude d’Ineum Consulting . Il vise à créer à la fois des lieux - il y a tout un quartier qui a été construit à Montréal pour pouvoir accueillir tous les spectacles vivants ; des techniques et des savoir-faire, au travers d’une industrie des arts graphiques forte. De plus en plus, dans les concerts, dans les spectacles de théâtre, dans les festivals, on recourt à la création numérique, aux arts graphiques pour enrichir et créer une émotion ». 
     

    Alors qu’au Moyen-Orient, Abu Dhabi compte sur son Louvre des Sables et son antenne de l’université de la Sorbonne pour sortir du « tout pétrole », en Asie du Sud-Est, la commerçante Singapour mise de plus en plus sur la culture pour rejoindre le club des villes internationales actives et attractives. Elle compte aussi sur les nouveaux revenus que génèrent les musées, dont le Musée national, complètement réaménagé en 2006, et qui a hébergé depuis des expositions prestigieuses, comme les marbres grecs du Louvre. « En plus de leur vertu éducative et identitaire, dans une société multiculturelle comme la société singapourienne, les musées font de plus en plus partie du mode de vie, se réjouit Michael Koh, le directeur du Bureau national du patrimoine à Singapour, présent au forum d’Avignon. La population veut aller au musée pour apprendre, elle souhaite aussi pouvoir prendre un repas et profiter d’un programme en public ou d’une activité au musée. Nos musées rendent aussi Singapour plus attractive : environ 40% des visiteurs de nos musées sont en fait des touristes étrangers, ce qui veut dire que nos musées reçoivent 1 million de touristes, c'est-à-dire 10% du flux touristique de Singapour !
     
    Un nouveau musée d’art contemporain devrait voir le jour en 2014. « Ce sera un musée d’envergure comparable au Musée d’Orsay, à Paris, promet Michael Koh. Il aura pour rôle d’exposer l’art contemporain du sud-est asiatique, avec un centre d’enseignement et de recherche à vocation régionale, en collaboration avec nos voisins ».

     

    Chronologie et chiffres clés
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