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    Asie-Pacifique

    Attentats de Bombay : 7 Pakistanais inculpés

    media Fumées et feux s'élèvent de l'hôtel Taj à Bombay, lors de l'attaque terrosriste, le 27 novembre 2008. Reuters//Peter Keep

    La justice pakistanaise a inculpé mercredi sept hommes dans le cadre de l'enquête sur les attentats perpétrés à Bombay, qui ont fait 166 morts en novembre 2008. Le Premier ministre indien a salué depuis Washington les actions du Pakistan pour combattre les extrémistes. 

    Avec notre envoyé spéciale à Lahore, Nadia Blétry

    Parmi ces 7 accusés figure le cerveau présumé des attaques de Bombay. Tous ont plaidé non coupables. Leur avocat assure qu’ils seront relâchés rapidement car, selon lui, il n’existe aucune preuve contre eux. Jugé en Inde, le seul survivant du commando ayant participé aux attaques de Bombay, a déclaré avoir été entraîné par le Lashkar-e-taiba, un groupe jihadiste pakistanais.

    L’Inde comme les Etats-Unis considèrent d’ailleurs que cette organisation extrémiste est responsable des attaques qui ont causé la mort de 166 personnes l’année dernière. New Delhi va même plus loin en affirmant que les services de renseignements pakistanais soutiennent ces mouvements extrémistes.

    De leur côté, les autorités d’Islamabad nient catégoriquement ces accusations. Le Laskar-e-taiba, basé dans le Penjab, la province la plus riche et la plus peuplée du pays, est interdit au Pakistan depuis 2002. Mais des branches de cette organisation réapparaissent régulièrement sous de nouveau nom.

    Aujourd’hui encore dans les rues de Lahore, la capitale du Penjab, on trouve facilement les publications très virulentes du groupe jihadiste. Alors que la branche humanitaire du mouvement a été démantelée récemment, de nouvelles structures ont vu le jour. Les militants jihadistes en parlent déjà ouvertement dans les rues de Lahore. Le procès des personnes incriminées dans les attaques de Bombay ne signifie pas encore qu’il s’agit du procès du Lashkar e taiba.

    Les Etats-Unis saluent ces inculpations comme un «pas important»

     

    Ce n'est sans doute pas un hasard, un an après les attentats de Bombay qui ont fait 166 morts, un tribunal pakistanais a mis en examen 7 Pakistanais soupçonnés d'avoir participé à l'élaboration des attaques coordonnées. Les Etats-Unis ont salué l’inculpation expliquant qu’elles représentaient un « pas important ».

    S'il s'agit d'un pas important, c'est qu'en matière de lutte contre le terrorisme le Pakistan n'a pas toujours été très clair. Sous couvert d'anonymat, un responsable du département d'Etat américain, précise d'ailleurs que beaucoup reste à faire pour que ce genre d'attaques ne soit plus préparé sur le sol pakistanais. En clair, que le Pakistan ne fait pas encore tout ce qu'il faudrait pour démanteler certains groupes armés pakistanais, comme le Lashkar-e-Taiba qui est soupçonné d'avoir orchestré les attentats de Bombay.

    Depuis les Etats-Unis où il se trouve en visite d’Etat, le Premier ministre indien a rappelé que c'était le devoir du Pakistan de juger les coupables. « C'est un pas dans la bonne direction », a déclaré Manmohan Singh qui ajoute que le Pakistan ne fait pas, là aussi, ce qu'il devrait faire. « Nous croyons fermement que le gouvernement pakistanais pourrait agir plus pour punir des individus qui continuent de se déplacer librement dans le pays et pour démanteler les infrastructures du terrorisme, et je ne peux qu'espérer voir des progrès dans ce domaine », a-t-il affirmé.

    Des déclarations assez retenues qui ne dissipent pas les soupçons qui pèsent contre les services de renseignements pakistanais accusés régulièrement de collusion avec certains groupes terroristes.

    Le Pakistan dément régulièrement et assure que sa police irait plus vite dans la lutte contre le terrorisme si l'Inde lui fournissait davantage d'informations dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Bombay.

     

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