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L'ex-ministre allemand de la Défense sur la sellette
L'ancien ministre de la Défense, Franz Josef Jung, actuellement ministre du Travail, devra s'expliquer ce vendredi matin devant la commission parlementaire de la Défense sur un bombardement en Afghanistan qui a lourdement frappé la population civile. Jeudi, le chef d'état-major de l’armée allemande et un secrétaire d’Etat à la Défense ont démissionné. Ils sont accusés d'avoir dissimulé des preuves dans l'enquête sur ce bombardement.
Avec notre correspondant à Berlin, Patrice Cuvier
Après la démission du chef d’état-major de la Bundeswehr et d’un secrétaire d’Etat, c’est maintenant l’ancien ministre de la Défense qui est sur la sellette. Franz Josef Jung, aujourd’hui ministre du Travail, devra s’expliquer ce vendredi matin devant la commission parlementaire de la Défense sur l’affaire des camions-citernes volés par des talibans et bombardés par l’Otan, il y a deux mois dans le nord de l’Afghanistan.
La frappe aérienne, demandée par un officier allemand qui craignait un attentat, avait fait jusqu’à 142 morts. A l’époque, le ministre de la Défense avait nié qu’il y ait eu des victimes civiles, or une vidéo et un rapport secret de l’armée allemande révélés cette semaine par le quotidien Bild, prouve que la hiérarchie était au courant de cette bavure. D’où la démission du chef d’état-major et du secrétaire d’Etat à la Défense accusé d’avoir dissimulé ses preuves.
Le ministre, lui, d’une voix brisée, a bien tenté d’expliquer, jeudi soir au Parlement, qu’il avait correctement informé l’opinion, mais l’opposition n’est pas convaincue et réclame sa démission. Prudente, la chancelière Angela Merkel a déjà pris ses distances avec son ministre en exigeant toute la transparence dans cette affaire qui discrédite la mission de l’armée allemande en Afghanistan.

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