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Le président Zardari transfère le bouton nucléaire au Premier ministre

Le président pakistanais a remis à son Premier ministre la responsabilité d’appuyer sur le bouton nucléaire. Ce transfert était prévu mais oblige le président à renoncer à l’une des prérogatives les plus symboliques de sa fonction. Et cela à un moment où il n’est pas en position de force.
Avec notre correspondante à Islamabad, Nadia Blétry
Cette annonce intervient dans un contexte politique tendu : depuis quelques semaines, le président pakistanais Asif Ali Zardari est vivement critiqué et doit faire face à des pressions croissantes. C’est au moment où une amnistie sur des cas de corruption, concernant entre autres le chef de l’Etat lui-même, est rendue caduque, que le président a choisi d’annoncer qu’il transférait la responsabilité du contrôle de l’arme nucléaire à son Premier ministre Yousuf Raza Gilani.
Même si, logiquement, Asif Zardari devrait toujours bénéficier de son immunité présidentielle, l’annulation de l’amnistie écorne une nouvelle fois son image. Et il est peu probable que le transfert du contrôle du nucléaire au Premier ministre suffise à apaiser les critiques. En dépit des déclarations de la présidence qui assure œuvrer, par ce transfert, au renforcement du pouvoir du Parlement démocratiquement élu.
Cette décision politique indique surtout que le chef de l’Etat pakistanais est fragilisé. Asif Zardari a dû renoncer à l’une des prérogatives symboliques de son mandat : car la possession de l’arsenal nucléaire est l’une des grandes fiertés du Pakistan, seul pays musulman au monde à posséder l’arme atomique depuis 1998.

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