Santé/Prévention - 
Article publié le : lundi 30 novembre 2009 à 12:30 - Dernière modification le : mardi 01 décembre 2009 à 11:01

Dépister le sida sans médecin

Le test VIH à résultat rapide ne demande qu'une goutte de sang.
Le test VIH à résultat rapide ne demande qu'une goutte de sang.
Aides

Par Camille Sarret

A l'occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, mardi 1er décembre, l'association Aides milite en faveur du «dépistage communautaire» pour les publics qui ont difficilement accès au dépistage conventionnel. Si l'épidémie tend à se stabiliser à l'échelle internationale, tout n'est pas gagné. En France, quelque 36 000 personnes ignorent encore leur séropositivité et 33 % des séropositifs ont une prise en charge tardive. Pour Aides, il faut donc élargir l’offre de dépistage en proposant une procédure démédicalisée.

L’association Aides innove dans le dépistage. Depuis un an, elle expérimente une nouvelle forme de tests VIH sans médecin et en dehors de tout lieu médical. C’est ce qu’elle appelle le dépistage communautaire.

Pour l'instant, seuls les hommes homosexuels ou bisexuels peuvent bénéficier de ce dispositif dans quatre antennes de l'association, à Montpellier, Bordeaux, Lille et Paris. L'accueil et l'accompagnement sont assurés uniquement par des bénévoles qui ont été au préalable formés.

Point besoin d'infirmières pour faire des prises de sang. C'est le test à résultat rapide, agréé par les Autorités de santé françaises et européenne, qui est utilisé. Sa pratique est simple. Il suffit de déposer une goutte de sang sur une plaquette et, trente minutes plus tard, le résultat est connu. Mais là n'est pas vraiment la nouveauté.

Dénouer les angoisses

Daniel, adhérant à Aides
 

Bénévole, il participe au programme de dépistage communautaire.

27/11/2009
par RFI
 
 

Ce qui change radicalement, c'est le cadre du dépistage, la nature de l'accompagnement. « On reçoit les personnes en face à face dans un bureau confortable. Il n' y a aucune pression. On parle de paire à paire. explique Daniel, 68 ans, adhérant à Aides et engagé dans ce programme. On parvient de cette manière à évoquer toutes sortes de pratiques sexuelles, à dénouer bien des angoisses et surtout à permettre à des hommes séronégatifs de le rester.» Une alternative au dépistage conventionnel qui jusque-là manquait.

« En fréquentant des lieux de forte consommation sexuelle qu'on appelle, entre nous, des bordels, raconte Daniel, on s'est rendu compte que le dépistage conventionnel était problématique pour certains hommes qui sont pourtant fortement exposés au risque de contamination. Ils craignent le jugement, ils ont peur de revenir trop souvent et donc ne se dépistent pas comme il le faudrait. »

De bons retours

Bien que cette expérimentation du dépistage communautaire se fasse en l'absence de médecins, elle n'est pas exempte de tout contrôle. Pour la mener à bien, Aides travaille avec l’Agence nationale de recherches sur le Sida (ANRS) et un laboratoire de l’Inserm. Des questionnaires sont soumis aux personnes qui viennent se faire dépister puis sont analysés par une équipe de chercheurs pour évaluer la qualité et l'impact de la procédure.

Un premier rapport sera publié en janvier. Mais, déjà, les premiers retours sont encourageants. «Depuis novembre 2008, 330 personnes ont bénéficié du test communautaire, ce qui, pour nos capacités d'accueil dans les permanences, est un bon chiffre de fréquentation, indique Karen Champenois. Tout se passe bien. Le test rapide est bien utilisé. Il y a une bonne lecture de la plaquette. Les échanges sont de qualité et la tâche n'est pas trop lourde pour les bénévoles.»

L'expérience pourrait donc aller plus loin en s'élargissant aux publics qui ont difficilement accès au dépistage conventionnel. «Comme les migrants, souligne Karen Champenois, chef du projet à l'ANRS. On pourrait aussi imaginer un dépistage itinérant qui se déplacerait d'un lieu à l'autre en allant au devant des personnes qui en ont besoin.»

Mais une barrière reste à franchir, celle de la législation. Aujourd'hui, la loi impose un cadre strict : tout dépistage doit se faire sur prescription médicale, par une prise de sang effectuée par un infirmier ou un laborantin, dans un cabinet médical, dans un laboratoire, à l'hôpital ou aux consultations de dépistage anonyme et gratuite. Pour expérimenter le dépistage communautaire, Aides et ses partenaires ont obtenu une dérogation.

Une BD pour lutter contre le Sida
Maaki Vaasa, "Les artistes s'engagent contre le Sida"
Glénat
Ralph König, "Les Artistes s'engagent contre le Sida"
Glénat
Didier Garguilo, "Les artistes s'engagent contre le Sida"
Glénat
Anne Royant, "Les artistes s'engagent contre le Sida"
Glénat
Damien Cuvillier, "Les artistes s'engagent contre le Sida"
Glénat
Plantu, "Les artistes s'engagent contre le Sida"
Glénat
Laurent Lefeuvre, "Les artistes s'engagent contre le Sida".
Glénat
Lisa Mandel, "Les artistes s'engagent contre le Sida"
Glénat
Jérôme Liniger, "Les artistes s'engagent contre le Sida"
Glénat

    Des visagent qui s'enlacent, une bombe sexuelle qui cède à la morsure mortelle ou encore un ado rebelle qui, nu comme un vers, interpelle sa belle : « ...Tu déconnes, là ? ».

    Plus d'une soixantaine de planches sont réunies dans la bande dessinée « Les Artiste s'engagent contre le Sida », qui sort à l'occasion des 25 ans de l'association Aides aux Editions Glénat.

    Des images et des histoires fortes autant par leur traitement artistique que par le message qu'elles délivrent. La maladie est vue sous tous ses angles : souffrances, angoisses, discriminations, prévention...

    Le ton est parfois coquin, poétique, sarcastique ou grave. L'ambiance va du noir et blanc à la saturation de couleurs acidulées. Chaque auteur s'exprime avec son style et, à chaque fois, c'est bien vu. On y retrouve les grands noms du monde de la caricature et de la bande dessinée, tels que Plantu, Cabu, Etienne Davodeau et Lisa Mandel. 

    Les bénéfices de la vente sont reversés à l'association Aides.

    tags: Santé et Médecine - Sida
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