GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Vendredi 22 Septembre
Samedi 23 Septembre
Dimanche 24 Septembre
Lundi 25 Septembre
Aujourd'hui
Mercredi 27 Septembre
Jeudi 28 Septembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    Amériques

    Quelle légitimité pour Porfirio Lobo ?

    media

    Porfirio Lobo a été élu président du Honduras, selon des résultats partiels. Mais dans le contexte du coup d'Etat qui a précédé ce scrutin, se pose maintenant la question de la légitimité du chef de l'Etat élu.

    Les chiffres de la participation, et le degré de reconnaissance internationale, sont à cet égard cruciaux.

    Pour le Tribunal suprême électoral, la participation a été «massive» : 61,3% des électeurs honduriens se sont rendus aux urnes dimanche 29 novembre. Soit une hausse de près de huit points, en comparaison de la précédente élection présidentielle qui s'était soldée par la victoire de Manuel Zelaya ; car le taux de participation en 2005 n'avait pas dépassé 55%.

    Ce résultat, s'il est avéré, serait une gifle pour le président déchu et pour son camp, qui avaient appelé à boycotter le scrutin. Mais Manuel Zelaya le conteste, précisément. En se fondant sur ce que lui ont communiqué ses propres observateurs officieux, le chef de l'Etat destitué affirme que c'est l'abstention qui a été massive, de l'ordre de 65%. En l'absence dimanche au Honduras d'observateurs véritablement impartiaux - ni l'ONU, ni l'OEA (Organisation des Etats américains) n'ont voulu envoyer de représentants sur place, pour ne pas cautionner le gouvernement issu du coup d'Etat du 28 juin - il sera difficile de départager ces deux versions.

    Les projections d'un certain nombre de médias, qui ont avancé le chiffre de 40% d'abstentions, vont dans le sens de la thèse officielle, de même que l'absence de fraude manifeste pour l'instant. L'heure supplémentaire donnée aux électeurs pour aller voter - les bureaux de vote ont fermé à 17 heures locales, et non comme prévu à 16 heures - accrédite aussi l'idée d'une forte participation. Mais d'autres témoignages font état d'une affluence beaucoup moins spectaculaire que ne le laisseraient supposer les données du Tribunal suprême électoral. On parle aussi d'un nombre inhabituellement important de votes blancs ou nuls.

    La communauté internationale embarrassée

    La polémique empêche en tout cas Porfirio «Pepe» Lobo de jouir pleinement de sa victoire, en attendant qu'il puisse vraiment prendre la mesure, autre signe visible de la légitimité de cette élection, de la reconnaissance de son nouveau statut par la communauté internationale. Or cette dernière se montre, dans l'ensemble, embarrassée.

    Ce n'est certes pas le cas des pays qui ont constitué le front du refus le plus radical après la destitution et l'expulsion de Manuel Zelaya : le Venezuela d'Hugo Chavez, dont le président hondurien déchu était devenu un allié, et tous les Etats de la région adeptes du «Socialisme du XXIème siècle» ou de la «Révolution bolivarienne» prônés par Caracas, comme la Bolivie, l'Equateur, le Nicaragua ou Cuba. Ceux-là, sans surprise, blâment avec la dernière vigueur les élections qui viennent de se dérouler au Honduras.

    D'autres pays latino-américains maintiennent eux aussi fermement, quoique de façon moins idéologique, la mise à l'index d'un pays qui a semblé renouer avec la pratique sanglante, et aujourd'hui honnie, des putschs militaires, responsables dans la région de «guerres sales» qui ont fait des dizaines de milliers de morts au cours des années 1970-1980. Ainsi, les pays du Cône sud, emmenés par le Brésil, -qui doit aujourd'hui gérer la délicate situation de la présence de Manuel Zelaya dans son ambassade à Tegucigalpa-, et l'Argentine se sont déjà eux aussi prononcés : ils considèrent que ce scrutin est illégitime.

    Mais l'Amérique latine, qui a condamné d'une seule voix le coup d'Etat du 28 juin, n'est plus aussi unanime. Des pays comme le Pérou, la Colombie, Panama, le Costa-Rica ont déjà reconnu le nouveau président, et d'autres, à l'instar du Salvador, considèrent que cette élection «ouvre une nouvelle étape politique» vers une sortie de crise, pour peu que le nouvel élu se montre enclin, avant même son entrée en fonction, le 27 janvier 2010, à former un gouvernement d'union nationale; ce que Porfirio Lobo assure vouloir faire.

    Des positions contrastées à Estoril

    Ces positions contrastées se sont exprimées lors du sommet ibéro-américain qui se tient actuellement à Estoril (Portugal), empêchant que ne se dégage une position commune. Parmi les pays participants, l'Espagne, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Miguel-Angel Moratinos, a affiché une légère inflexion avec cette déclaration sibylline : Madrid «ne reconnaît pas les élections, mais ne les ignore pas non plus». Et les pays de l'Union européenne, dont la France, en exigeant que s'instaurent maintenant le dialogue et la réconciliation nationale, ne sont pas loin de cette ligne attentiste.

    Restent les Etats-Unis qui, après avoir parrainé un accord entre les frères ennemis honduriens, ne s'étaient guère émus qu'il fasse long feu. Le département d'Etat a salué lundi 30 novembre la participation électorale au Honduras et a qualifié le scrutin de dimanche d'«avancée importante et nécessaire», sans se prononcer encore sur la reconnaissance des nouvelles autorités élues. Des assurances avaient apparemment été données par le gouvernement Obama aux élus républicains qui militent pour une normalisation avec Tegucigalpa.

    Mais Washington attendra peut-être, pour franchir ce pas, de voir comment se déroule le tout prochain épisode de l'affrontement inter-hondurien. Ce sera mercredi 2 décembre : le Congrès devrait alors se prononcer sur l'éventuel retour au pouvoir de Manuel Zelaya, pour les quelques semaines qui restent avant que Porfirio Lobo ne soit officiellement investi.

     

    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.