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    Culture

    Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le préservatif

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    Publication au mois de novembre aux éditions Stock de la Petite histoire du préservatif. Ecrit à quatre mains, ce livre de Béatrice Fontanel et Daniel Wolfromm raconte, comme son titre l’indique, l’épopée du condom à travers le temps et sa double mission de contraception et de protection.

     Parce que l’homme n’est pas un animal, il a fallu inventer le préservatif, réponse ajustée à « une innovation biologique majeure dans l’histoire de l’évolution » : « Seule de tous les primates, la femme n’a pas d’oestrus ; pour être plus explicite, elle n’entre pas ‘en chaleur’ au moment de l’ovulation et rien ne la désigne donc à la concupiscence du mâle ». Du coup, ledit mâle « ne saura jamais de manière scientifique, ou bien établie et démonstrative, comme chez les animaux, à quel moment sa partenaire est en mesure, ou pas, de procréer ». C’est donc pour éviter les accidents, nous disent les deux auteurs dans le préambule, que dès la Préhistoire on a imaginé l’étui pénien qui, au fil des siècles, « préserva » aussi des maladies sexuellement transmissibles, depuis l’apparition en Europe de la syphilis importée d’Amérique du sud au XVe siècle jusqu’au sida, apparu dans les années 1980. 

    Cette Petite histoire du préservatif s’articule ainsi autour de la double fonction du condom -  autrefois surnommé « redingotes anglaises » ou « french letters » - des origines à nos jours avec il y a à peine huit mois encore les propos (catastrophiques) tenus par le Pape Benoit XVI lors de son premier périple en Afrique au printemps dernier lançant notamment qu’« on ne peut pas régler le problème du sida avec la distribution de préservatifs. Au contraire, leur utilisation aggrave le problème ».  

    Entre les premiers petits sacs étuis confectionnés à partir de « vessies de chèvre et autres boyaux de mouton » et l’apparition (ô miracle) du latex au tournant des années 1930 puis du polyuréthane il y a une vingtaine d’années, ce sont près de 2 000 ans de dates et de découvertes capitales auxquelles viennent se mêler des anecdotes souvent inattendues et toujours savoureuses que Béatrice Fontanel et Daniel Wolfromm racontent non pas suivant un ordre chronologique mais plutôt au gré de l’évolution des mentalités. Une option qui rend la lecture de cet ouvrage à la fois docte et badin, léger et grave, tout à fait réjouissante. 
     
    Si l’on rencontre, assez logiquement, des anatomistes tels l’Italien Gabriel Fallopio, des biologistes tels cet autre Italien l’abbé Lazzaro Spallanzani (qui au XVIIIe siècle va procéder à la première fécondation artificielle par l’injection de sperme chez une chienne), des « pneumatiques » comme l’Américain Charles Godyear, on croise aussi des littéraires cités tant pour leurs exploits (à l’instar d’un Victor Hugo qui faisait un usage particulièrement nourri de préservatifs « d’un format gigantesque ») que pour leurs opinions. Jouant sur les deux tableaux, l’inévitable Casanova « qui affirme, péremptoire : ‘Jamais je n’irai m’affubler d’une peau de mort pour prouver que je suis en vie’ ». Et malheureusement force est de constater que tenir la plume n’est pas un gage de lucidité. Ainsi encore de Gustave Flaubert, cette observation pour le moins paradoxale, « Toute ma médecine est préservative et je ne crois pas aux préservatifs ! ». (Sic)
     

    Comment enfin ne pas citer l’Américain Philip Roth, chroniqueur acidulé de la déroute sexuelle de son alter ego fictif Nathan Zuckerman, et qui dans son roman La Bête qui meurt a évoqué au moins par deux fois le condom. « Misères et splendeurs du préservatif, voilà l’histoire da la seconde moitié du XXe siècle », lit-on d’abord alors qu’un peu plus loin dans le même livre, dressant le bilan des années sida, il écrit : « Revoilà le préservatif et, avec lui, tout ce que les années soixante avaient dynamité. Quel homme va prétendre avoir autant de plaisir avec un préservatif que sans ? Comment voulez-vous qu’il s’y retrouve ? ». Sans le sida, le préservatif aurait de fait rejoint les albums sépia comme les porte-chaussettes de nos arrières-grands-pères. 
     
    Tabous, politique nataliste, mouvements de libération, pilule et autres moyens (abracadabrants) de contraception, morale de l’Eglise… C’est une grande histoire de mœurs que cette Petite histoire du préservatif raconte jusqu’à cette ultime donnée pour le moins cocasse livrée page 167, soit à la toute fin de l’ouvrage, et qui nous apprend que, selon un sondage réalisé il y a un an, « une majorité de Britannique choisit le sexe comme passe-temps favori et gratuit, face à la crise économique et à la réduction du pouvoir d’achat ». Un préservatif meilleur marché qu'une place de cinéma : plus que jamais sortir couverts !

     

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