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Demjanjuk se dit victime, le procureur l'accuse d'être un fidèle serviteur des nazis
Deuxième journée du procès de John Demjanjuk à Munich, en Allemagne où, comme hier lundi, l'accusé est apparu gémissant sur une civière, alors que l'accusation devait exposer les charges retenues contre cet homme de 89 ans poursuivi pour avoir participé à l'élimination de 8 000 juifs dans le camp de Sobibor en 1943.
Avec notre envoyée spéciale à Munich, Heike Schmidt
Le procès a repris ce mardi et c’est la défense qui a eu la parole pour cette deuxième journée d'audience qui a commencé avec un coup de théâtre. L’avocat de John Demjanjuk demande aussitôt la suspension de la procédure. Et pendant le discours- fleuve de 50 minutes qui suit, l’accusé reste immobile comme hier, lundi 30 novembre, sur son brancard. Juste une fois, il lève la main et murmure une prière. Des survivants de l'Holocauste ont d'ailleurs accusé Demjanjuk d'exagérer ses ennuis de santé pour bloquer le procès. Maître Busch déclare alors que John Demjanjuk a été extradé des Etats-Unis malgré une maladie mortelle et qu’il n’est pas possible aujourd’hui de le juger une deuxième fois pour les mêmes faits. L’avocat rappelle aussi que John Demjanjuk a été condamné à mort en Israël, qu’il a passé plus de 7 ans dans la prison avant d’être acquitté en 1993.
A l’époque, en fait, il était accusé d’avoir été gardien à Treblinka, mais aussi dans le camp de la mort à Sobibor. Pour Ulrich Busch, John Demjanjuk, prisonnier de guerre à l’époque, n’avait qu’un seul choix, la mort ou l’esclavage. Donc, selon Maître Busch, le présumé bourreau a souffert lui aussi de l’Holocauste, au même titre que les juifs. Ce même argument avait choqué hier, lundi, les rescapés présents dans la salle d’audience comme Jules Schelvis qui avait déclaré que lui était à Sobibor pour mourir, tandis que John Demjanjuk était là pour tuer.
Le procureur a alors tout juste le temps de lire les 10 pages de l’acte d’accusation. Elles présentent John Demjanjuk comme un fidèle serviteur du régime nazi. Avec conviction et sans le moindre état d’âme, il aurait forcé les juifs arrivant par train à descendre des rampes et à se déshabiller. Armé, n’hésitant pas à menacer et à maltraiter ces prisonniers, John Demjanjuk les aurait envoyés par la force dans les chambres à gaz. Il y a 15 trains qui sont arrivés à Sobibor entre avril et juillet 1943. Partis des Pays-Bas avec 29 579 personnes à bord, insiste le procureur, « ils étaient tous déportés à Sobibor pour être tués ».
Témoignages de survivants de l’Holocauste |
De la déportation de ses parents et de sa sœur, David van Huiden parle comme d’un « grand mensonge ». « Ils m’ont dit que ma famille partaient vers l’Est pour y travailler et qu’elle reviendrai bientôt », raconte ce Néerlandais devant les juges. « J’ai attendu jusqu’après la guerre, mais jamais, je n’ai revu mes parents ni ma sœur » souligne-t-il. Lui-même, dit-il, a survécu à la Shoah, tout simplement parce que ses parents l’avaient envoyé promener le chien pour sauver leur fils des rafles. « J’avais onze ans, les soldats allemands m’ont laissé passer sans problème, dit David van Huiden d’une voix claire, peut-être parce que mon chien était un berger allemand ». Rudie Cortissos, lui aussi partie civile, éclate en sanglots lorsque le juge lui demande la lettre de sa mère. Cette lettre, Emmy Cortissos l’avait jetée du train. Aujourd’hui, c’est le seul souvenir que Rudie Cortissos possède de cette mère qu’il a perdue lorsqu’il avait 4 ans. Elle est morte à Sobibor le 21 mai 1943. Selon l’acte d’accusation, John Demjanjuk était garde du camp au même moment. |

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Commentaires (1)
Le tribunal a bien des égards
Le tribunal a bien des égards pour ce prévenu normal pour une démocratie . Les victimes du nazisme jeunes et vieux n'ont pas eux cette chance , eux
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