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Article publié le : mercredi 02 décembre 2009 - Dernière modification le : mercredi 02 décembre 2009

Jean-Pierre Bemba restera en prison

Jean-Pierre Bemba à la Cour pénale internationale de La Haye, aux Pays-Bas, le 4 juillet 2008.
Jean-Pierre Bemba à la Cour pénale internationale de La Haye, aux Pays-Bas, le 4 juillet 2008.
(Photo : Reuters)

Par Stéphanie Maupas

La chambre d’appel de la Cour pénale internationale (CPI) a annulé la décision de mise en libération de Jean-Pierre Bemba. Accusé de crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis en Centrafrique, le sénateur congolais n’abandonne cependant pas la possibilité de comparaître librement lors de son procès qui s’ouvrira le 27 avril 2010.

Accusé de crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis en Centrafrique en 2002 et 2003, le sénateur congolais et président du Mouvement pour la Llbération du Congo (MLC), Jean-Pierre Bemba, restera en détention à la prison de Scheveningen, en banlieue de La Haye. La chambre d’appel de la Cour pénale internationale (CPI) a annulé, ce mercredi, la décision de mise en libération délivrée par les juges de première instance début août. Ils estiment que l’interprétation des faits en première instance était erronée, précisant notamment « que la chambre n’a pas bien apprécié certains facteurs en rapport avec sa conduite » en prison. Selon une source proche des services de renseignement néerlandais, une tentative d’évasion aurait été signalée durant l’été 2008.

« Ni un voyou, ni un bandit »

Emeric Rogier du bureau du procureur de la CPI

Le risque que M. Bemba cherche à échapper à la justice s'est accru.

 

02/12/2009 par Pierre Pinto

Au terme de l’audience, ses proches présents à la Cour, dont son épouse, se sont cependant dits optimistes. « On le retient ici depuis 556 jours et pourtant, ce n’est ni un voyou, ni un bandit. C’est un citoyen et un père de famille qui mérite sa liberté. Il n’était pas en fuite et il ne se cache pas. Mais il sera bientôt libre » a affirmé Tony Bolamba, un proche de la famille et président du Mouvement pour le Congo. La décision de la chambre d’appel ne met pas un terme au feuilleton Bemba. Néanmoins, cette décision rend plus difficile encore toute nouvelle tentative auprès des juges. Le code de procédure de la Cour pénale internationale stipule que les conditions de détention des accusés sont soumises à examen tous les 120 jours. Son avocat, Maître Aimé Kilolo, a déjà annoncé qu’il soumettra une nouvelle demande dès le 14 décembre. Pour avoir quelque chance de succès, il devra cependant proposer aux juges un Etat d’accueil pour l’accusé.

Une mise en libération conditionnelle au Congo ?

Lors des débats engagés l’été dernier, plusieurs Etats sollicités avaient refusé d’accueillir sur leur territoire Jean-Pierre Bemba, dont la France et la Belgique. Cette fois, c’est vers la République démocratique du Congo (RDC) que ses avocats se tournent. « Selon la Constitution congolaise, le pays ne peut pas interdire d’accès l’un de ses citoyens et ici, la question ne se pose pas de savoir ce qu’en pense le gouvernement congolais » explique Aimé Kilolo. Jean-Pierre Bemba serait-il pour autant prêt à être placé sous surveillance des autorités de Kinshasa ? « Il existe, pour les Etats qui ont ratifié le Statut de la Cour, une obligation de coopérer. Il faudra peut-être envisager un accord avec certains Etats comme la France ou la Belgique pour assurer la sécurité de monsieur Bemba » au Congo.

Les biens financiers de Jean-Pierre Bemba

Dans ses motifs, la chambre d’appel, qui a aussi estimé qu’il existait des raisons de croire que Jean-Pierre Bemba pourrait prendre la fuite s’il était libéré, regrettait que les juges de première instance ne se soient pas prononcés sur les biens financiers de l’accusé. Le sénateur congolais dispose de nombreux biens, dont une partie avait été gelée à la demande du procureur, lors de son arrestation le 24 mai 2008 en Belgique. Ses biens ont fait l’objet d’une récente passe d’armes entre Jean-Pierre Bemba et la Cour.

Le sénateur bénéficie, pour sa défense, de l’aide juridictionnelle de la Cour alors qu’il n’est pas considéré comme indigent. En octobre, la Cour lui avait demandé de vendre l’une de ses maisons au Portugal, mais l’accusé s’y est refusé et les juges ne disposent pas de moyens de contraintes contre un homme présumé innocent. Si au terme de son procès, qui s’ouvrira le 27 avril 2010 à La Haye, Jean-Pierre Bemba devait être condamné, il serait alors tenu de rembourser les frais engagés pour sa défense.

 

tags: Justice internationale - Pays-Bas - RDC
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Commentaires (6)

etonnement

votre article parait tellement partial

Déclaration de Mr Tony Bolamba après l'audience...

Monsieur Tony Bolamba a raison. Jean Pierre Bemba n'est pas un voyou, ni un bandit. Pourquoi jusqu'aujourd'hui Moreno et son tribunal ne font pas pression au gouvernement Congolais de leur livré Bosco Ntanganda qui est Officier de l'Armée Congolaise depuis les accord entre le CNDP du criminel Kundabatware en vacances chez lui au Rwanda et le gouvernement congolais ?

Je suis d’accord

Je suis d’accord avec le jugement de ces criminels de guerres mais cela doit se faire dans la transparence, la justice doit être une femme aux yeux bandés qui frappe tous les criminels. Quand est-ce qu’on va juger les américains pour les bombes qu’ils ont largué sur les villes Japonaises (Hiroshima 6 Août 1945et Nagasaki 9 Août 1945) en tuant des millions de civils et en protégeant l’empereur Hiro Hito, en 1994 le président Clinton a fait la même chose en Haïti en tuant des centaines de militaires qui faisaient leur boulot en protégeant le territoire haïtien.
Quand est-ce- qu’on va lancer des mandats contre Fidel Castro qui a fait des millions de réfugiés et victimes en 1959 avec Le che à Cuba, ou contre les turcs dans le génocide arménien.
Selon le statut de Rome la CPI est compétente pour reconnaître 3 catégories de crimes :
a) Crimes de guerre
b) Crimes de génocide
c) Crimes contre l’humanité

Si, la CPI est vraiment compétente pour reconnaître ces crimes internatiaux et punir les coupables, qu’elle (la CPI) le prouve.

Détention de Jean-Pierre BEMBA

Je trouve cette détention injuste dans la mesure où les principaux auteurs des guerres en République Centrafricaine ne sont pas inquiétés. Monsieur BEMBA a juste été sollicité pour apporter son aide. Pourquoi les PATASSE et autres ne sont-ils pas poursuivis? Pourquoi ne poursuit-on pas les vendeurs d'armes? C'est toujours la loi du plus fort et le deux poids de mesure. Où est donc la justice?

une victoire pour le droit

enfin, on accepte de juger un homme. on l'habitude de voir des vieux en fin de vie. franchement c'est une bonne nouvelle pour toute les victimes de ce bourreau. et surtout que une bonne fonctionnement de Droit.

reaction

je dirais sans detour que la prise de position du procureur de la cpi est teintée de manipulation politique,ange patasse et compagnie reconnu comme etant les principales autorités ayant à l'époque l'autorité reelle sur les combattants sont libres et ne s'inquitent pas de leur situation,mais ce dernier continue a s'acharner sur le senateur bemba tout simplement pour eviter qu'il puisse incarner l'alternance lors du scrutin de 2011 en RDC.Si la prise de position du fameux procureur est objective pourquoi ne fait elle pas pression pourque kunda et compagnie soient transferés .Franchement c'est un arbre qui tente de cacher la foret

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