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    Science

    Dans le Delta du Nil, la catastrophe à venir est presque invisible

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    La plupart des paysans du Delta du Nil, en Egypte, ne perçoivent pas encore les effets du réchauffement climatique. Les scientifiques prévoient pourtant qu’un quart du Delta, où vivent près de 47 millions d’Egyptiens, risque d’être submergé par la Méditerranée d’ici la fin du siècle.

    Des champs verdoyants et de hauts palmiers entourent les maisons décorées de couleurs vives. Une femme bêche énergiquement la parcelle familiale, baignée par le soleil de fin d’après-midi. « Nous n’avons pas de problème avec les cultures, tout fonctionne bien ici », assure Ahmed, un jeune homme chaleureux entouré d’une troupe d’enfants. Le hameau de Ezbet El Mahdar, situé tout au nord du Delta du Nil, à moins de dix kilomètres du rivage méditerranéen, a des allures d’Eden oublié. D’ici quelques décennies, ce lieu paisible devrait pourtant sombrer sous la surface de la mer, faisant d’Ahmed et de sa famille des réfugiés climatiques, comme beaucoup d’autres habitants du Delta, qui abrite 60% des 80 millions d’Egyptiens.

    Salinité des sols

    « Le réchauffement climatique ? Non, je n’ai jamais entendu parler de ça », admet Saïd, 16 ans, incrédule. Chaque jour, il travaille dans les champs de sa famille, situés entre la côte et le lac Burulus. Pour lui, les problèmes liés à la proximité de la mer ne sont pas nouveaux. « Cette parcelle est gorgée de sel », explique-t-il en montrant un champ recouvert par endroits d’une fine couche blanche. « Le propriétaire a cessé de la cultiver depuis un an : il a essayé d’y planter du riz, puis de l’herbe pour le bétail, mais rien ne poussait. » La salinisation des sols peut être dûe à l’infiltration d’eau de mer dans les nappes phréatiques, provoquée par l’élévation progressive de la Méditerranée. Mais l’utilisation excessive d’engrais, fréquente en Egypte, accroît également la présence de sel dans la terre. « Ce problème est souvent le résultat de réseaux d’irrigation défectueux », ajoute Karam Saber, directeur de l’association La Terre, qui défend les droits des agriculteurs égyptiens. Le phénomène, bien connu, semble néanmoins prendre de l’ampleur. « Ma famille aussi a un champ qui ne donne plus rien depuis trois ans, à cause du sel », raconte Saïd.

    Sur la côte en revanche, on constate clairement la progression de la mer. « Une partie du rivage a déjà était recouvert », assure Mohamed Al Raey, professeur de physique environnementale à l’université d’Alexandrie. Selon lui, l’eau est montée de deux centimètres par an au cours de la dernière décennie. D’ici la fin du XXIème siècle, les chercheurs estiment que la Méditerranée devrait s’élever de 30 à 100 centimètres. A partir d’un mètre, Alexandrie devrait être submergée, tandis qu’au moins 20% de la surface du Delta serait inondée. Le gouvernement égyptien devra alors reloger des millions de déplacés, qui pour beaucoup auront perdu leur gagne-pain en même temps que leur terre. La région produisant le tiers des récoltes du pays, le réchauffement climatique représente aussi une menace sérieuse pour la sécurité alimentaire de l’Egypte, qui est déjà l’un des plus gros importateurs de blé au monde.

    Zones agricoles dans le désert

    Malgré l’ampleur des défis à relever, le gouvernement égyptien n’a pas encore lancé de plan d’ensemble pour y faire face. Le développement de nouvelles zones agricoles dans le désert est présenté comme une des solutions. Alors que les besoins en eau douce de l’Egypte devraient surpasser ses ressources à partir de 2017, le projet semble difficilement viable à long terme. « Nous travaillons avec les autorités pour élaborer de nouvelles variétés agricoles plus résistantes, et réduire l’impact de l’infiltration de l’eau salée dans la terre », affirme également Mounir Tabet, le directeur du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), en Egypte. Autre initiative du gouvernement : la construction de digues immergées le long de la côte méditerranéenne, afin de ralentir l’érosion du littoral. Une société chinoise est ainsi en train de construire une barrière de blocs de béton face au port de Rosette, et quelques 200 millions d’euros ont été alloués à la construction de ce type de mur à Alexandrie.

    « Le but est de protéger les plages de la côte nord, mais pour le reste le gouvernement égyptien va être obligé de demander l’aide de l’étranger », précise Hussein Al-Atfy, le secrétaire du Comité national égyptien pour l’Irrigation. En mai dernier, le ministère de l’Environnement égyptien a lancé un Programme triennal de gestion des risques liés au réchauffement climatique, un outil de prospection financé par l’Espagne. « Pour l’instant nous sommes davantage dans une phase d’évaluation de la menace que d’action concrète », résume Mounir Tabet. Il y a pourtant urgence : dès 2020, la Méditerranée devrait commencer à chasser les Egyptiens des zones urbaines les plus proches de la côte.
     

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