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    Asie-Pacifique

    Rebiya Kadeer : « Les Ouïghours doivent être patients et endurants »

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    Cinq mois après les émeutes du Xinjiang, la répression orchestrée par Pékin continue contre les Ouïghours. Rebiya Kadeer, exilée aux Etats-Unis depuis 2005, à sa sortie de prison, élue en mai 2009 à la tête du Congrès mondial ouïghour, dénonce la répression contre le peuple ouïghour.

    Elle témoigne à l’occasion de la journée internationale des droits de l’homme.

    Malgré une situation familiale extrêmement délicate, puisque ses onze enfants sont restés au pays, certains en prison, Rebiya Kadeer, âgée de 62 ans, met toute son énergie à attirer l’attention de la communauté internationale sur le sort des Ouïghours. Partie en exil aux Etats-Unis pour raison de santé après avoir passé cinq ans en prison (pour divulgation de secrets d’Etat : on lui reprochait d'avoir communiqué des informations sur la situation des Ouïghours), aujourd'hui elle reste traitée en ennemie publique par Pékin, qui l'accuse notamment d'avoir provoqué les fameuses émeutes du 5 juillet 2009. Elle s'en défend : 

    « Je porte le deuil des vies innocentes perdues, des deux côtés, et je crois que si les événements ont pris cette tournure violente, c'est de la responsabilité du gouvernement chinois. Cela ne gêne pas les plus hautes autorités de perdre quelques centaines de vies chinoises, si cela leur permet d'éliminer des milliers de Ouïghours. Les deux peuples sont victimes de cette politique. Ce que je veux dire aux Ouïghours, c'est qu'ils doivent rester patients et endurants, ils faut qu'ils éduquent les Chinois et leur fassent comprendre leurs souffrances pacifiquement. C'est seulement grâce à l'entente mutuelle entre les deux peuples, que les Ouïghours pourraient voir leur sort s'améliorer ». 

    Une détermination inébranlable 

    Interrogée dans les locaux d'Amnesty international à Paris,  Rebiya Kadeer désapprouve l'explosion de violence contre les Hans, l'ethnie majoritaire en Chine, mais reste extrêmement déterminée dans son opposition politique au régime de Pékin. Si elle ne met pas en avant les revendications indépendantistes, dans son discours, elle insiste néanmoins sur la nécessité de laisser aux Ouïghours le choix de l’autodétermination. 

    « Il faut commencer par rappeler que ces territoires, historiquement, n'appartiennent pas à la Chine. C'est la Chine communiste qui est venue occuper nos terres. A présent, nous ne réclamons pas un Etat indépendant. C'est le gouvernement chinois qui crée les velléités séparatistes, en suscitant de climat d'instabilité, en refusant d'établir les conditions d'une coexistence pacifique. Depuis des décennies je demande aux autorités de Pékin de respecter le statut d'autonomie de notre région, mais en vain, déplore-t-elle. J'ai même été envoyée en prison pour cela. Maintenant, je réclame l'autodétermination pour les Ouïghours. Les membres de ma famille payent le prix fort pour cela, ils sont expulsés de leurs logements, mes petits-enfants chassés de l'école, et mes fils en prison, notamment Ablikim, parce qu'il a refusé de me dénoncer à la télévision nationale. Comme tous les Ouïghours en exil, il m'est impossible de communiquer avec le reste de ma famille en raison du blocage des accès internet »., rappelle Rebiya Kadeer. 

    D'après le recensement de l'année 2000, les Ouïghours comptent pour près de la moitié de la population du Xinjiang, 13% appartiennent à d'autres ethnies minoritaires, mais surtout 40 % sont des Hans, une proportion en forte croissance.

    Ils étaient 6% en 1949, au moment de l'intégration à la Chine communiste. Cette modification ultra rapide de la composition de la population de cette région s'est faite au détriment des Ouïghours, qui se sont trouvés spoliés de leur terre. Alors certes, Rebiya Kadeer est une femme d'affaires, une « millionnaire », comme Pékin aime à le rappeler. Mais elle fait parti de la toute petite minorité qui a réussi, par la force du poignet, à se hisser en haut de l'échelle sociale. 

    Un appel désespéré à la communauté internationale

    Il n'empêche, Rebiya Kadeer dénonce la pauvreté extrême dans laquelle vivent la majorité des Ouïghours, et l'oppression dont ils font l'objet, à tel point qu'il ne reste plus personne à l'intérieur du pays pour élever la voix, d'où ce cri d'alarme : 

    « On observe un manque d'intérêt de la communauté internationale à l'égard de la cause ouïghour, et l'absence totale de pressions sur le gouvernement chinois. Il semble que la plupart des pays sont beaucoup plus intéressés par leurs relations commerciales avec la Chine que par le sort des ouighours. La Chine utilise cette arme économique -surtout en tant de crise- pour menacer ceux qui seraient tentés de soulever la moindre question relative aux Ouïghours. Le résultat, c'est que le gouvernement chinois n'a aucun scrupule à multiplier les condamnations à mort, et les exécutions de Ouïghours. Et puis, les arrestations se poursuivent ».

    Ce mercredi 9 décembre, encore, 94 personnes ont été arrêtées dans le Xinjiang... et il n'existe aucune possibilité de faire appel à des avocats hormis ceux désignés par le pouvoir chinois.

    Sans compter les brimades quotidiennes, et surtout, dénonce Rebiya Kadeer, les milices, les gangs chinois envoyés pour casser du Ouïghour. D’après les informations recueillies par les défenseurs des droits de l’homme, on déplore, au Xinjiang, de nombreuses disparitions, des meurtres ou des gens qui se cachent, paralysés par la peur.
     

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