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    Culture

    Festival de Marrakech : Kusturica et Jarmusch, chefs de classe

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    Après Martin Scorsese, Elia Suleiman et Hugh Hudson, le 9ème Festival international du film de Marrakech (4-12 décembre), par souci de prestige comme d’ouverture, a convié les réalisateurs Emir Kusturica et Jim Jarmusch, poètes libres-penseurs, à donner des masterclass en public. Des « leçons de cinéma » proches du questionnement existentiel.

    Un demi-millier de places prises d'assaut en moins de dix minutes. C’est à cette vitesse que s’est remplie la salle des Ambassadeurs, au sous-sol du Palais des Congrès. Les bourdonnements d’excitation couvrent les accords balkaniques du No Smoking Orchestra, le groupe du cinéaste serbe Emir Kusturica. « Je suis comme un fan qui attend une rock star, souffle Ali El Majboud, représentant de la nouvelle garde de réalisateurs marocains (La Vague blanche), 4e rang en bas à droite. On trouve chez lui une énergie rare qu’il parvient à imprimer dans un seul plan, en bougeant à peine la caméra. Mais je ne suis pas tant venu pour apprendre des choses. Je voulais ressentir l’aura du personnage », poursuit-il, alors que Kusturica s’installe sur la scène dans la lumière rouge, kaki des pieds à la tête, barbe de plusieurs jours et l’air un rien ailleurs.  

    Interviews en public
     
    Dans le public également, des étudiants en cinéma, des festivaliers marrakchis, des équipes de films en compétition, des journalistes, mais aussi, l’air de Monsieur tout le monde, l’Américain Jim Jarmusch, chemise noire et cheveu blanc (à l'image de ses films) qui tiendra à son tour, le lendemain, une des masterclass du 9e Festival du film de Marrakech : des « interviews en public », entrecoupées d’extraits, et conduites par Jean-Pierre Lavoignat, cofondateur de Studio Magazine, « pour mieux comprendre ou donner envie de voir leur cinéma ».
     
    Celui de Kusturica, c’est, reprend-t-il, « bouillonnant, inspiré, visionnaire, avec une dimension onirique entre fable et rêve, et un univers qui lui est propre, de fanfares, de mariages, avec des animaux, décrit le journaliste. Choisir des extraits de ses films n’a pas été difficile car chacune de ses scènes contient tout l’esprit de son œuvre. C’est moins évident pour Jarmusch, dont le cinéma se définit sur la longueur, dans ce climat de mélancolie et de poésie, de l’ordre du voyage initiatique du personnage, marginal en quête d’identité à travers l’autre, l’ailleurs ». Perception pour le moins juste puisque le réalisateur de Dead man, expliquera le lendemain même que « L’une des plus anciennes formes de narration, de Homère à Dante, est le voyage. Pour moi, chaque film est un roadmovie ». Don't act. 
     

    « Naître et mourir à chaque fois »
     
    Papa est en voyage d’affaires (1985), Le Temps des Gitans (1988), Arizona Dream (1993)et Maradona by Maradona (2008) pour l’un ; Stranger than paradise (1983), Dead Man (1995), Ghost Dog (1999), Broken Flowers (2005) pour l’autre. « Qu’est-ce que ces cinéastes portent en eux pour que chacun de leur film compte dans l’histoire du cinéma ? », interroge Noureddine Saïl, vice-président du Festival. De fait, c’est moins des « leçons de cinéma » que des entretiens existentiels qu’ont offert ces masterclass.
     
    « Chaque fois que j’ai une caméra dans les mains, j’ai l’impression de naître et de mourir », poétise Kusturica. Dans deux styles différents - Kusturica, statique, un peu distant, le ton monocorde quasi hypnotique ; Jarmusch plus accessible, tourné vers le public, l’anglais lent et articulé de son Ohio natal - les deux artistes ont exprimé les mêmes choses : le cinéma, c’est une vision du monde et une ouverture.
     
    « Ce qui vous émeut, faites-le votre »
     
    « La découverte du réalisme magique de la littérature latino-américaine a été déterminante dans mon cinéma, notamment à partir du Temps des Gitans », explique Kusturica. « Le cinéma incorpore la peinture, la photo, le design, le théâtre, la musique, la littérature, la poésie… Il faut rester ouvert à toutes ces formes d’expression, encourage Jarmusch. S’il y a quelque chose que j’ai apprise de mon professeur Nicholas Ray, c’est ça : ne suivez pas de leader ni de président, mais valorisez ce en quoi vous croyez. Quoi que ce soit qui vous émeut, soyez-y dévoué, gardez-le, faites-le vôtre. Si l’on suit des formules, on perd son intuition ».
     
    Enfin, le cinéma est une passion inconditionnelle, « épuisante », assure Jarmusch. Réagissant à un extrait du Temps des Gitans - la puissante scène de procession sur la rivière - Kusturica rappelle qu’elle a été « tournée en sept jours. Aujourd’hui, pratiquement tout serait réalisé facilement en postproduction. Mais technologie et facilité donnent de la légèreté. L’engagement, le temps, la chaleur, la souffrance qu’il a fallu sur ce tournage, c’est crucial, ils ont fait que l’énergie et l’émotion sont encore là vingt ans plus tard ».
     

     

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