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Article publié le : vendredi 11 décembre 2009 - Dernière modification le : samedi 12 décembre 2009

«L'Ange blond de la mort» devant la justice

L'ancien officier de marine Alfredo Astiz, surnomé «l'Ange blond de la mort»,  lors du début de son procés le 25 février 2000, à Buenos Aires.
L'ancien officier de marine Alfredo Astiz, surnomé «l'Ange blond de la mort», lors du début de son procés le 25 février 2000, à Buenos Aires.
AFP / Daniel Garcia

Par RFI

C'est sans doute l'un des procès les plus emblématiques contre la dictature argentine des années 1970-80 qui débute ce vendredi 11 décembre 2009 à Buenos-Aires. Sur le banc des accusés: l'ex-capitaine de la marine Alfredo Astiz, surnommé «l'Ange blond de la mort». Il comparaît notamment pour le meurtre des deux religieuses françaises Alice Domont et Léonie Duquet.

Alfredo Astiz avait vingt-sept ans lorsque, dans les premiers temps de la dictature, il traquait toute opposition au régime militaire avec d'autres officiers basés à l'ESMA, la sinistre école de mécanique de la marine à Buenos-Aires. Quelque 5 000 personnes sont passées par ce centre de torture avant de disparaître, le plus souvent, victimes de ce qu'on a appelé les vols de la mort puisqu'on les jetait dans le Rio de la Plata du haut des hélicoptères militaires.

Alfredo Astiz infiltrait les groupes d'opposants auxquels son beau visage ingénu, qui lui valut son surnom d'«Ange blond de la mort», inspirait confiance. Il a notamment désigné à leurs futurs bourreaux par des baisers, les mères de la place de Mai qui, accompagnées de deux religieuses françaises, se réunissaient dans l'église de Santa Cruz pour évoquer leurs enfants disparus.

Après le retour de la démocratie, Alfredo Astiz a été condamné par contumace en France et en Italie, à la prison à perpétuité. Mais il a failli échapper à toute poursuite dans son pays à la faveur des lois d'amnistie. C'est le président Nestor Kirchner qui a mis fin à une longue période d'impunité et permis à l'Argentine de rouvrir entre autres le dossier de l'ESMA.

Aujourd'hui, l'école de mécanique s'est convertie en musée des crimes de la dictature, et Alfredo Astiz, à cinquante-huit ans, doit enfin rendre des comptes.

 

tags: Argentine - Justice

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