Incidents après la dissolution du principal parti pro-kurde
Des affrontements ont éclaté samedi 12 décembre lors de manifestations dans plusieurs villes du sud-est de la Turquie au lendemain de la décision de la Cour constitutionnelle de dissoudre le DTP ( Parti pour une société démocratique), principal parti pro-kurde, accusé d'avoir des liens avec les rebelles du PKK.
Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion
Des violences ont encore émaillé la journée dans le sud-est de la Turquie, au lendemain de la dissolution du parti pro-kurde DTP par la Cour constitutionnelle ; par ailleurs, les députés de cette formation qui n’ont pas été frappés d’interdiction d’activité politique ont annoncé leur démission du Parlement.
Alors que les critiques de la communauté internationale – notamment européenne - sont nombreuses, en Turquie, on semble plutôt résigné. Le Premier ministre Tayyip Erdogan n’a d’ailleurs pas encore réagi à l’annonce de cette dissolution. Le chef du gouvernement observe sur la décision de la Cour Constitutionnelle un silence révélateur de ce que doit être son embarras, et de l’impasse dans laquelle se trouve aujourd’hui son projet d’ouverture démocratique censé en finir avec le problème kurde.
Bien sûr, les ténors du parti de la Justice et du Développement, au pouvoir, ont fermement dénoncé le principe de la dissolution d’une formation politique par la Justice, l’AKP ayant échappé lui-même à ce triste sort il y a 16 mois. Epargné en août 2008 par cette sanction définitive, le parti de Tayyip Erdogan avait promis de supprimer cet arsenal juridique répressif, mais rien n’a été fait, et son ouverture démocratique est aujourd’hui compromise.
Personne d’ailleurs parmi les commentateurs politiques de ce verdict qui, comme les oppositions nationaliste et kémalistes, saluent généralement la mise hors jeu du DTP, ne pleure sur l’avenir de ce grand projet, qui était de toutes façons bien mal en point.
Ce silence aussi montre combien l’espoir soulevé s’était évanoui ces derniers temps. Même le président de la République, Abdullah Gül, a défendu la décision de la Cour constitutionnelle en dénonçant les dérives de feu le DTP. Et plutôt que de parler du projet d’ouverture démocratique, il n’évoque aujourd’hui que les moyens de mettre fin aux violences ; peut-être en convoquant les chefs de partis politiques, mais donc sans les Kurdes.

Delicious
Digg
Facebook
Twitter
Yahoo!
Technorati















Commentaires
Réagissez à cet article