Burkina Faso : les pratiques agricoles des Anciens font toujours leurs preuves

Des techniques ancestrales aident à récupérer les sols et à améliorer la production vivrière : quelque 130 kilomètres environ séparent Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, de Goursi, un petit village d’un peu plus de 1000 habitants, situé au nord du pays. On y cultive surtout des céréales, de l'orge, de l'arachide et des haricots. « Au Burkina Faso, la terre est rouge vif mais peu fertile » explique Mathieu Ouédraogo, qui développe des techniques ancestrales permettant aux paysans locaux de lutter contre la sécheresse et la dégradation des sols.
L’une de ces méthodes, dite des « cordons pierreux », consiste à diviser le terrain en plusieurs courbes de niveaux et à les séparer par des barrières de pierres. Ces barrières servent de digues, elles empêchent l'eau de se disperser et participent ainsi à l’irrigation des sols. « Quand l'eau arrive, elle apporte avec elle des semences. Une fois que les semences sont dispersées, elles se mettent à pousser pour donner une végétation importante. Comme il s’agit de plantes locales, elles s'adaptent bien au milieu et on n'a pas besoin d’irriguer régulièrement. »
Ali Hosséni a été l’un des premiers agriculteurs de la région à accepter d'introduire cette technique sur sa propriété. Ali a environ 80 ans, et une santé de fer. Il explique que quand il était adolescent, les paysages étaient bien différents : « Il y avait une faune et une flore beaucoup plus abondantes. Après les années soixante, tout a changé. Les plantes et les animaux ont commencé à disparaître. » Ali se souvient seulement d'un arbre, à l’ombre duquel il laissait son vélo, avant d’aller travailler aux champs. Aujourd'hui, vingt-six ans après l'introduction de cette technique « des cordons pierreux », Ali arrive à planter de l'orge, de l'arachide et des haricots. Les animaux sauvages ne sont pas revenus dans la région mais la végétation se met à grandir de nouveau, et le sol abîmé récupère. Grâce à quoi, Ali peut maintenant nourrir sa famille : « Nous n'avons plus faim », dit-il.
Au Burkina, une autre technique ancestrale qu'on commence à utiliser pour lutter contre les effets de la sécheresse et contre la dégradation de sols s’appelle le « ZAI ». Pour le découvrir, en route pour la région de Guié, plus au sud de Ougadougou ! Amos Bonkoungou est depuis plus de vingt ans le coordinateur de la ferme de Guié, liée à l'association AZN. Cette dernière a été créée par un Français, Henri Girard, qui vit au Burkina depuis plus de trente ans. Le ZAI consiste à faire des trous dans la terre avant l’arrivée des pluies et à les recouvrir de compost organique. Attention : il est recommandé de creuser près de 10 000 trous par hectare ! « Quand il pleut, l'eau pénètre dans les trous et les plantes peuvent y grandir plus facilement. Elles deviennent plus résistantes. Même s'il ne pleut pas pendant des semaines, elles arrivent malgré tout à pousser… »

Delicious
Digg
Facebook
Twitter
Yahoo!
Technorati












