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Article publié le : mercredi 23 décembre 2009 - Dernière modification le : jeudi 24 décembre 2009

La France demande à l'ONU d'agir rapidement en Guinée

Le dirigeant par intérim de la junte et ministre de la Défense, le général Sékouba Konaté.
Le dirigeant par intérim de la junte et ministre de la Défense, le général Sékouba Konaté.
AFP / Seyllou

Par RFI

La France a demandé mercredi 23 décembre au Conseil de sécurité des Nations unies d'agir rapidement pour traduire en justice les responsables du massacre du 28 septembre à Conakry, qualifié de « crime contre l'humanité » par un rapport de l'ONU. Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner avait estimé mardi que le retour du chef de la junte guinéenne à Conakry pourrait « déclencher une guerre civile ». Sur le terrain, dans un discours prononcé à l'occasion du premier anniversaire de la prise du pouvoir par l'armée, le général Konaté, dirigeant par intérim, a promis le même jour des élections libres et démocratiques « le plus tôt possible ».

Ce 23 décembre marque le 1er anniversaire du coup d'Etat en Guinée. Dans la nuit du 22 au 23 décembre 2008, le putsch s'était fait sans violences, quelques heures seulement après l'annonce officielle du décès à 74 ans du « général-président » Lansana Conté, malade depuis longtemps. 

Les putschistes abrogeaient la Constitution et disqualifiaient les civils pour assurer la transition. Le nouvel homme fort, le capitaine Dadis Camara s'engageait à mettre fin à la gabegie et à rendre le pouvoir aux civils dans l'année à venir. 

Un an après, un bilan « catastrophique »
 
Un an après, le pays est donc plongé dans une grave crise économique, sociale et politique. La junte militaire a les mains tâchées du sang de la répression du 28 septembre, qui a fait 150 morts au moins, de nombreux civils. Des crimes qualifiés récemment de « crimes contre l'humanité » par la commission d'enquête des Nations unies. 
 
L'anniversaire de son arrivée au pouvoir, le capitaine Moussa Dadis Camara le passe sur son lit d'hôpital au Maroc, où il est soigné après avoir été victime d'une tentative de meurtre menée par son aide du camp. La junte montre aujourd'hui le visage de la désunion. La population vit dans la crainte. L'avenir est incertain. 

Pour le président du parti de l'opposition NFD (Nouvelles forces démocratiques), Mouctar Diallo, le bilan de la junte :

Mouctar Diallo, président du parti d'opposition, le NFD
 
23/12/2009
par Cyril Bensimon
 
 

« C’est un bilan catastrophique. Les fonds publics ont été dilapidés pour le rachat de consciences en vue de susciter et de soutenir la candidature du capitaine Dadis Camara. En plus, il y a eu la violation flagrante des droits humains, de violences militaires sur les civils dont le comble a été atteint le 28 septembre. Donc, je considère que le bilan du CNDD et de la junte est extrêmement catastrophique ».
 
A la question de savoir si le général Sékouba Konaté puisse représenter une alternative crédible à Moussa Dadis Camara pour sortir le pays de la crise, Mouctar Diallo estime qu' « il n’y a aucun élément aujourd’hui qui prouve que Sekouba Konaté fait l’exception par rapport à cette armée qui constitue un problème majeur en Guinée. Et donc nous attendons de voir des actes concrets et positifs de la part du général Sékouba Konaté pour apprécier. Pour l’instant, nous restons très prudents et réservés ».
 
La diplomatie guinéenne dénonce l'«immixtion inacceptable» de Bernard Kouchner

 
Mercredi 23 décembre 2009, dans un discours à l'occasion de la prise du pouvoir par la junte, le général Sékouba Konaté, ministre de la Défense, qui assure l'intérim, a affirmé sa volonté d'aboutir « le plus tôt possible » à des « élections libres et démocratiques » et a prôné « la réconciliation » des Guinéens.
 
Pour certains, Sékouba Konaté représente l'espoir d'une négociation moins difficile, mais la communauté internationale est néanmoins très inquiète, à l'image du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner :
 

Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères
 
23/12/2009
par Cyril Bensimon
 
 

« Un an déjà. Hélas, c’est trop. Maintenant, les choses se sont tendues. Monsieur Dadis Camara est toujours soigné dans un hôpital marocain. Monsieur Sékouba Kounaté assure un intérim, avec beaucoup de difficultés. Ce que l’on doit espérer - et la France n’a rien fait d’autre - c’est que la population guinéenne, et en particulier les femmes, cessent d’être soumises à une oppression quotidienne : que les armes rentrent dans les casernes ; que les femmes puissent aller faire leur marché avec leurs enfants qui pourraient aller à l’école sans se voir exposés aux pires tortures   et aux pires viols ; que les Forces vives, tous les partis guinéens... Ce n’est pas à la France, la France a quitté la Guinée en 1958, nous ne sommes pas mêlés à cette affaire. Comme tous les pays des Nations unies, nous nous sommes indignés de l’étendue et de la cruauté de ce massacre. La vérité se fait jour péniblement dans nos têtes et dans nos cœurs. Le sentiment personnel devant de tels massacres est lourd à faire traverser par la raison ».

 
Des propos qui n'apprécie pas Alexandre Cécé Loua, le ministre guinéen des Affaires étrangères. Il reproche surtout à Bernard Kouchner d'avoir jugé mardi 22 décembre que le retour en Guinée du chef de la junte pourrait « déclencher une guerre civile ». Bernard Kouchner avait souhaité que Dadis Camara reste au Maroc. Pour Alexandre Cécé Loua, ces propos constituent une « une immixtion inacceptable qui porte atteinte à tout ce que le peuple (guinéen) a de plus cher : sa dignité ».  

Alexandre Cécé Loua

Ministre des Affaires étrangères guinéen

Nous ne pouvons pas comprendre qu'une autorité dépendant du ministre des Affaires étrangères français puisse déclarer que le retour du président Dadis pourrait provoquer une guerre civile.

 

24/12/2009 par Marie-Pierre Olphand

 Et la position de la France à l'ONU risque également de n'être guère appréciée à Conakry. Mercredi soir, l'ambassadeur adjoint de la France à l'ONU a demandé au Conseil de sécurité d'agir rapidement pour traduire en justice les responsables du massacre du 28 septembre à Conakry. Paris estime que la Cour pénale internationale (CPI) doit être saisie.

tags: Guinée - Moussa Dadis Camara
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Commentaires (1)

Guinée

Vous savez trop c'est trop! Mr Alexandre Cécé Loua a tout à fait raison nous sommes dans une situation où il faut calmer les tensions et trouver des solutions adéquates, les propos de Mr Bernard Kouchner ne font qu'aggraver la situation. Il est temps que la jeunesse Africaine comprenne que même si nous n'aimons pas nos dirigeants nous devons analyser les situations nous même et dire aux dirigeants occidentaux que lorsque nous aurons besoin de leur avis nous ne manquerons pas de leur faire signe. C'est vrai que nous ne sommes pas content de ce qui se passe en Guinée mais nous sommes conscient que comme bon nombres de pays Africains la Guinée est victime de ses richesses et même si Mr Kouchner insinue que: "la France a quitté la Guinée en 1958" elle ne peut nier salive rien qu'avoir cette richesse guinéenne. La Guinée comme tous les pays du monde ont le droit de choisir leur partenaire.
Combien de présidents occidentaux et Asiatique et même d'Amérique ont commis des actes qui sont pires que des Génocides, combien sont ils ces présidents qui ont étés saisies par la CPI sous proposition de la France. Si la France veut montrer qu’elle aime la justice qu’elle soit équitable, qu’elle arrête mettre la pression sur les faible, car c’est très hypocrite car je suis sûr que si c’était la France qui avait signé au lieu de la Chine ces condamnation n’allaient avoir lieu.

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