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    Asie-Pacifique

    Dix ans dans les prisons indonésiennes pour le Français Michaël Blanc

    media Michaël Blanc Photo: Didier Audebert

    La vie de Michaël Blanc, aujourd'hui âgé de 36 ans, a basculé le 26 décembre 1999, quand il a été arrêté à l'aéroport de Bali, en possession de 3,8 kilos de haschich. Sa mère, Hélène Le Touzey, a tout quitté en France il y a neuf ans, pour s'installer en Indonésie et se rapprocher de son fils.

    Condamné à mort, puis à perpétuité, Michaël Blanc a enfin retrouvé un petit peu d'espoir, en mars 2009, quand sa peine a été réduite à 20 ans par le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono. Un espoir également entretenu par la présence de sa mère qui vit aujourd'hui à Jakarta, dans l'attente de son transfert vers une prison de la capitale indonésienne. Michaël Blanc est actuellement détenu à Madiun, une petite ville du centre de l'île de Java. Ce qui oblige chaque semaine Hélène Le Touzey à accomplir un long voyage en train de 24 heures aller-retour pour lui rendre visite au parloir. « En arrivant à la prison je m'enregistre, j'attends mon tour de passage, il faut aussi être fouillée. Je suis souvent fatiguée par le voyage, et ce n'est pas facile parfois », confie Hélène Le Touzey.

     

    Ecouter le reportage
    Le témoignage d'Hélène Le Touzey 25/12/2009 - par Nicolas Sanders Écouter

    En s'installant dans un pays dont elle ne connaissait alors rien, Hélène Le Touzey a vite compris que les choses ne seraient pas faciles, mais malgré les épreuves, elle n'a jamais renoncé. C'est la foi que Michaël sortira un jour et finira par avoir une vie normale, qui lui permet de tenir. Seul luxe dont bénéficie Michaël : une cellule individuelle de 10 mètres carrés où il est enfermé la moitié du temps. Forcément, ces conditions de détention finissent par lui peser, « Il est coupé de tout, il dort par terre, il n'a droit à rien ou presque, il dessine un peu, il joue au ping-pong », raconte Hélène Le Touzey.

    Solidaire avec les prisonniers étrangers

    Bien que condamné à une longue peine, Michaël Blanc ne profite d'aucun aménagement particulier, il est soumis au même régime que les autres prisonniers. « Il lui faut une grande force morale pour encore tenir debout, témoigne sa mère qui se demande aussi : comment elle serait si elle se trouvait à sa place ? ».

    Très présente auprès de son fils, Hélène Le Touzey s'est aussi découvert d'autres causes en Indonésie. Elle s'est ainsi activement impliquée dans le soutien et l'accompagnement des autres prisonniers étrangers. Selon ses propres mots, elle ne veut pas « les abandonner à leur triste sort ». Elle prend contact avec leurs familles et effectue toutes les démarches administratives auprès des avocats ou des ambassades. Pour Hélène Le Touzey, être solidaire de ces prisonniers étrangers, c'est une façon de remercier tous ceux qui lui ont apporté une aide, financière ou morale, pour soutenir Michaël en prison : « On m'a donné énormément pour que je puisse aider Michaël, je ne pourrai jamais tout rembourser, alors je partage ce qu'on me donne pour aider d'autres personnes ».

    Surnommée la «mère Teresa des prisons» par certains de ses amis, Hélène Le Touzey sait que sa présence arrange parfois les autorités locales. Comme ce jour où la police l'a appelée, pour lui demander de s'occuper du bébé d'une jeune femme emprisonnée. Pendant les trois mois qui ont suivi, elle a accueilli le nouveau-né chez elle.

    Quand on lui demande ce qu'elle fera le jour où son fils sera libéré, Hélène Le Touzey a bien du mal à répondre qu'elle rentrera en France. Elle ne prévoit rien de particulier, si ce n'est de continuer à s'occuper de tous ces prisonniers étrangers. A moins, bien sûr, de trouver quelqu'un « pour me remplacer et continuer ce que je fais ».


    Une libération anticipée bien hypothétique
     

    Hélène Le Touzey, mère de Michaël Blanc, ici sur le perron de sa petite maison dans le sud de Jakarta, en 2009. RFI/Nicolas Sanders / RFI

    La libération de Michaël Blanc pourrait intervenir, au plus tard, en décembre 2016, grâce au jeu des remises de peine automatiques, dont il bénéficie tous les ans. Il pourrait aussi profiter d'un programme de réinsertion sociale, lui permettant de travailler à l'extérieur et de dormir à la prison le soir. Une solution qui se heurte pour l'instant au refus du directeur de la prison de Madiun, au motif que Michaël est incarcéré dans le cadre d'une affaire de stupéfiants.

    Autrement, et toujours selon la loi indonésienne, une libération conditionnelle serait envisageable aux deux tiers de sa peine, c'est-à-dire d'ici deux ans. Pour que Michaël bénéficie de ce régime de semi-liberté, l'Indonésie exige des garanties de la part du gouvernement français. Aux yeux d'Hélène Le Touzey, c'est un problème qui a aussi l'apparence « d'une injustice flagrante ». Parce que Michaël est étranger, il doit fournir des garanties supplémentaires pour bénéficier d'une loi qui s'applique ordinairement à tous les prisonniers indonésiens.

    C'est en effet l'usage observé par le Quai d'Orsay. Officiellement, la France n'accorde jamais sa caution, qu'elle soit financière ou morale, à l'un de ses ressortissants incarcéré à l'étranger. Pour que Michaël Blanc sorte de prison avant l'heure, Hélène Le Touzey utilise le terme de « miracle ». Dernière option : peut-être un transfert vers la France, pour y terminer sa peine, mais il n'existe aucune convention de ce type avec l'Indonésie.

    Depuis son arrestation, Michaël Blanc continue de clamer son innocence, il explique qu'un ami lui avait confié les bouteilles de plongée dans lesquelles la drogue était cachée. Sa mère émet des doutes sur les preuves de sa culpabilité. A l'époque, les enquêteurs n'ont jamais vraiment cherché à vérifier les affirmations de Michaël.

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