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En Amérique du Sud, un succès non démenti pour le Dakar 2010
Organisé pour la seconde année consécutive en Argentine et au Chili, le Dakar, le célèbre rallye-raid, a rassemblé plus de 800 000 personnes pour le départ de l’épreuve, le 1er janvier 2010 à Buenos Aires.
De notre correspondant à Buenos Aires, Jean-Louis Buchet
C’est parti ! Les concurrents du Rallye Dakar 2010 ont quitté Buenos Aires le 1er janvier. Sur les 373 inscrits, 372 ont effectivement pris part à la première étape de liaison, Buenos Aires-Colón (317 km), avant de s’élancer vers Córdoba le samedi 2. L’Argentin Javier Pizzolito aura bien involontairement inscrit son nom dans l’histoire de cette édition en abandonnant dès la sortie du parc fermé, suite à l’incendie de sa moto.
Comme l’an dernier, à l’occasion de la première édition du célèbre rallye-raid en terre sud-américaine, le départ a été l’occasion d’une grande fête populaire, avec une parade en ville de cinq heures qui aura été suivie par plus de 800 000 personnes, alors qu’on en attendait 300 000 !
Cet engouement pour le Dakar, qui surprend à l’étranger, s’explique par la passion des Argentins pour les sports mécaniques. On est au pays de Juan Manuel Fangio, cinq fois champion du monde de Formule 1 dans les années 50, longtemps considéré le meilleur pilote de l’histoire. En Argentine, l’automobile est un sport aussi populaire que le football mais plus fédéral : il y a des courses dans tout le pays, avec une forte tradition de courses sur route.
D’où le succès du Dakar, et pas seulement à Buenos Aires : la course attire des foules tout au long du parcours. De fait, l’année dernière, les organisateurs avaient prévu, pour la première fois sur un Dakar, des aires réservées au public dans toutes les étapes. Elles ont été débordées. Cette année, ces aires sont plus nombreuses et plus vastes, afin d’éviter des situations qui mettraient en danger les spectateurs. Mais le public en veut plus : même dans des endroits isolés de steppe, montagne ou désert, comme le rallye n’en manque pas, on trouve des gens qui, à la grande surprise des pilotes, s’installent sur place un ou deux jours plus tôt pour voir passer les véhicules. Ajoutons que c’est l’été et les grandes vacances : janvier en Argentine, c’est juillet en France. L’un des concurrents, le motard sénégalais Mameless Diallo, nous disait être surpris par cette ambiance « de Tour de France ». On ne pouvait mieux dire. Le Dakar, c’est un peu le Tour de France argentin.
Des nouveautés
Pour ce qui est de la course elle-même, il faut signaler quelques changements par rapport à l’édition 2009. Si elle se déroule toujours en Argentine et au Chili sur 14 étapes, celles-ci se partagent cette année à parts égales entre les deux pays, alors que les Chiliens en avaient seulement trois (pour deux binationales) l’an dernier.
La longueur totale a peu varié (9 030 km, dont 4 810 de spéciales, contre 9 500 et 5 650 en 2009) mais les étapes sont plus courtes et, comme nous l’a déclaré Thierry Lavigne, le directeur de l’épreuve, « on va plus vite aux difficultés ». Celles-ci commencent le mardi 5 janvier après Fiambalá, dans la province de La Rioja (nord de l’Argentine), avec une mer de dunes blanches à 4 000 km d’altitude. Vient ensuite le terrible désert d’Atacama, dans le nord chilien. Enfin, après une seconde traversée des Andes, les coureurs devront se méfier des dunes grises du Nihuil, à la sortie de San Rafael (province de Mendoza), le 15 janvier, dans l’avant-dernière étape.
Les favoris
Dans la catégorie autos, les favoris sont le Sud-Africain Giniel de Villiers, le lauréat de 2009, et l’Espagnol Carlos Sainz, plusieurs fois champion du monde de rallye, mais qui n’a jamais pu gagner un Dakar, tous deux membres d’une redoutable équipe Volkswagen qui compte aussi dans ses rangs l’Américain Mark Miller, deuxième l’an dernier, et le Qatari Nasser Al-Attiyah.
Le Français Stéphane Peterhansel, six fois vainqueur de l’épreuve (dont trois dans la catégorie motos), et l’Espagnol Joan « Nani » Roma, tous deux sur BMW, font figure d’outsiders, de même que l’Argentin Orly Terranova, qui a abandonné en 2009 alors qu’il était cinquième, sur Mitsubishi.
Côté motos, la victoire ne devrait pas échapper aux KTM, avec l’Espagnol Marc Coma et le Français Cyril Desprès, respectivement premier et deuxième il y a un an, en tête des prétendants.
Pour ce qui est des quads, le Tchèque Josef Machacek, de Yamaha, devra défendre sa réputation d’invincibilité face au local Marcos Patronelli, arrivé à la deuxième place en 2009. En camion, le Russe Firdaus Kabirov, sur Kamaz, paraît en mesure de se succéder à lui-même.
Mais le Dakar réserve souvent des surprises. Alors, attendons le retour des rescapés, le 16 janvier à Buenos Aires, pour saluer les vainqueurs, avec, encore, des centaines de milliers de personnes, ou plus, si un Terranova, un Patronelli ou un autre des 46 pilotes argentins arrivait en tête dans sa catégorie.
Dakar en Amérique du Sud ? |
On s’étonne parfois du succès du rallye en Amérique du Sud alors qu’il a gardé son appellation d’origine, « Dakar ». C’était tout le pari des organisateurs, obligés en 2009 de quitter l’Afrique en catastrophe pour des raisons de sécurité. Il fallait transformer le Dakar en une marque. Pari réussi, et belle opération de marketing. « Autres lieux, même aventure », est le slogan adopté par le Dakar depuis l’an dernier. Ce qui permet à Thierry Lavigne, le patron d’Amaury Sports Organisation (ASO, qui détient les droits du rallye et du Tour de France) d’affirmer que la course pourra revenir un jour en Afrique ou aller en Asie. De toutes façons, pour ce qui est du nom, il faut savoir que, pour beaucoup d’Argentins (et de Chiliens), le terme Dakar n’évoque pas grand-chose sinon, désormais, l’aventure extrême en sports mécaniques. De même que pour beaucoup de Français, le nom d’Ushuaia, capitale de la Terre de Feu argentine et ville la plus australe du monde, choisi par une célèbre émission de télévision, ne signifie rien de précis sinon un ailleurs extrême qui fait rêver. J-L.B. |

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