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Article publié le : mardi 05 janvier 2010 - Dernière modification le : mardi 05 janvier 2010

Deauville célèbre ses 150 ans

Danielle Birck/ RFI

Par Danielle Birck

La célèbre station balnéaire ambitionne d’élargir son rayonnement et son image à l’occasion de cet anniversaire qui sera marqué tout au long de l’année 2010 par plusieurs centaines d’événements.Connue pour sa plage avec sa promenade, son casino, son Festival du cinéma américain, ses salles de congrès, la ville de tourisme « chic » table aussi sur une plus grande proximité entre habitants et visiteurs.

 

Et pour commencer : tous à l’eau ! Enfin ceux – une cinquantaine - qui auront pris le risque de s’y jeter en ce 1er janvier 2010, à l’invitation de la municipalité pour marquer le coup d’envoi des festivités du 150ème anniversaire de la ville, sous le regard de plusieurs centaines de personnes chaudement vêtues, venues les encourager sur la plage…

Bain de mer à Deauville le 1er janvier 2010 pour célébrer les 150 ans de la création de la station.
AFP/ Mychele Daniau

 Il est vrai qu’elle est belle, cette plage de Deauville dont on ne saisit vraiment l’immensité qu’une fois l’été passé, et les tentes et parasols multicolores disparus. Alors, on peut aussi apprécier la perspective proposée par la longue promenade au plancher de bois avec son alignement de cabines, identifiées chacune par le nom d’un acteur ou metteur en scène de cinéma. Car Deauville accueille depuis 1975 le Festival du Cinéma américain, auquel s’est ajouté en 1999 celui du Film asiatique. Une façon, déjà de modifier l’image de la ville et de répondre à l’évolution de la clientèle des visiteurs, touristes et résidents temporaires.

Danielle Birck/ RFI

 
Luxe, calme et volupté
 
Aux aristocrates et riches propriétaires  de la fin du XIXe siècle, ont succédé au début du XXe  les personnalités du monde économique et politique, ou de la mode. Coco Chanel y a ouvert sa première boutique hors de Paris en 1913, tout comme  un an plus tôt les magasins du Printemps. Une clientèle qui va s’élargir progressivement, et surtout après la seconde guerre mondiale jusqu’à aujourd’hui, aux célébrités du monde artistique et culturel, et notamment du cinéma et de la télévision. C’est ainsi qu’en visitant il y a quelques mois le hall de l’hôtel Normandy Barrière, on y aura croisé Daniel Auteuil…   

Danielle Birck/ RFI

Plus récemment, la ville a développé un autre pôle de ses activités, celui des affaires et des rencontres internationales. Au 5ème rang des villes françaises de congrès à la fin des années 80, Deauville s’est doté d’un Centre International de 18 000 m2 (CID) qui a ouvert ses portes le 4 septembre 1992, à l’occasion du 18ème Festival du Cinéma Américain. 170 manifestations y ont été organisées en 2008. Sans oublier les soins du corps avec un centre de thalassothérapie-spa…
 
Refaire du lien…
 
Il n’en reste pas moins qu’avec 70% de résidences secondaires, la ville et ses quelque 4000 habitants vivent au rythme des week-ends, de la saison estivale et des manifestations culturelles, économiques et sportives (équestres ou nautiques). 
 

Danielle Birck/ RFI

Deauville, la ville nouvelle gagnée sur les marais et les pâturages, a certes détrôné sa voisine qui jusqu’au début du XXe siècle drainait l’essentiel de la clientèle parisienne huppée. Mais le parti pris du luxe, des mondanités et des affaires a sans doute privé la ville d’un tissu social nécessaire à la faire vivre vraiment tout au long de l’année. D’autant plus qu’une « zone urbaine populaire », prévue sur le plan initial, n’a pas été réalisée. Et lorsqu’on se promène dans le centre ville, l’alignement des villas typiques ou typées – dont plus de 500 sont classées -, des magasins de luxe et l’ordonnancement des places donnent l’impression de se déplacer dans un décor.[1]
 
La ré-urbanisation de la presqu’île de la Touques, présentée par la municipalité comme un « grand projet de la ville » et qui « verra sortir de terre tout un quartier avec ses activités, commerces, logements, pôle d’enseignement », contribuera peut-être à créer ce « mode relationnel »  que les édiles deauvillois  appellent de leurs vœux pour « donner vie à la rencontre entre l’identité d’une ville et les besoins de visiteurs plus citoyens que consommateurs, des visiteurs et habitants en attente d’authenticité, d’enrichissement et de progrès, de découverte ou d’apprentissage ».
 
… autour d’un anniversaire

Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant dans "Un homme et une femme", film de Claude Lelouch tourné à Deauville (Palme d'or au festival de Cannes 1966)
DR

En attendant, à raison de temps forts, mais aussi d’événements quotidiens tout au long de l’année 2010 réalisés avec la mobilisation de nombreuses associations, ce 150ème anniversaire se veut fédérateur des Deauvillais.
Parmi les temps forts de cette célébration, figure notamment la venue le 14 février du cinéaste Claude Lelouch qui, à l’occasion de la Saint-Valentin, filmera des amoureux sur la plage de Deauville, cadre en 1966 de son célèbre film Un homme et une femme.  Autre temps fort, un débat sur « le sens du travail dans la crise », au CID, ou encore les 5 et 6 mars un colloque sur l’histoire de Deauville.
 

Faudrait pas se prendre pour....
Danielle Birck/ RFI

Cinéma encore avec un cycle rétrospective consacré aux films tournés à Deauville à partir du 11 janvier; de la musique classique avec une « Folle soirée » en trois temps et trois lieux, le 9 janvier, tandis que la veille, « les Deauvillais de la semaine » auront accueilli à la gare « les Deauvillais du week-end », au rythme d’un madison...  Une manière symbolique et festive de « favoriser le rapprochement entre les résidents et les touristes », une des ambitions de la municipalité à l’occasion de ce 150ème anniversaire.


[1] Le contraste est d’ailleurs saisissant avec la station voisine de Trouville, séparée seulement par la Touques et son estuaire. Il suffit de franchir un pont pour passer de l’une à l’autre, ou de prendre le bac pendant la saison estivale. D’ailleurs une gare unique dessert les deux communes. Mais les grands hôtels et résidences du XIXe siècle ont été pour la plupart vendus en appartements, de la plage on aperçoit les hauteurs de la ville et ses rues qui serpentent, tandis que flotte un peu partout le souvenir de Flaubert - qui venait y passer les vacances en famille dans les années 1830 – avec notamment une statue, un hôtel à son nom dont le pignon s’orne d’un dessin représentant l’écrivain, signé du célèbre affichiste Savignac. A l’arrivée, un petit café dégusté à la terrasse d’un bistrot, en face du marché installé sur la rive de l’estuaire, est comme une première bouffée de vie quotidienne, un jour de semaine, à l’automne.  

La gare de Trouville-Deauville (Calvados)
Licence de documentation libre GNU/ Matthieu Durand

 

 

tags: Patrimoine - Tendances

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