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Article publié le : vendredi 08 janvier 2010 - Dernière modification le : vendredi 08 janvier 2010

La présidente Kirchner limoge le patron de la Banque centrale

Cristina Fernandez de Kirchner, Présidente de l'Argentine (D) et  le président de la Banque centrale Martin Redrado (G).
Cristina Fernandez de Kirchner, Présidente de l'Argentine (D) et le président de la Banque centrale Martin Redrado (G).
Reuteurs / Présidence de l'Argentine

Par RFI

La crise institutionnelle en Argentine due au limogeage, sur décret présidentiel, du chef de la Banque centrale malgré son statut d'indépendance, se double d'une crise économique. Cette double crise risque fort d'aggraver la situation économique du pays qui peine à revenir sur les marchés internationaux.

Avec notre correspondant à Buenos Aires, Jean-Louis Buchet

Cristina Fernández de Kirchner s’est débarrassée de Martín Redrado en recourant à un décret-loi dont la légalité est mise en cause par beaucoup. La présidente a mis fin aux fonctions du patron de la Banque centrale en l’accusant de « mauvaise conduite et non respect de ses devoirs de fonctionnaire », ce qui est loin d’être prouvé.

Et elle justifie l’absence de consultation d’une commission bicamérale sur le cas de Martin Redrado, préalable prévu par la loi en la circonstance, par le fait que le Parlement est actuellement en congés. Il n’est pas impossible que la justice, dans les jours qui viennent, déclare nulle la décision de la présidente.

Mais, entretemps, Cristina Fernández de Kirchner aura obtenu le transfert des 6,5 milliards de dollars de réserves de la Banque centrale sur un compte du Trésor, opération que Martín Redrado refusait d’exécuter pour des raisons juridiques apparemment valables.

L’ennui, c’est que nul ne croit désormais que ces fonds seront utilisés comme garantie du paiement des échéances de la dette en 2010. La classe politique et les experts sont convaincus qu’ils seront destinés, en réalité, à couvrir des besoins de financement beaucoup plus urgents.

Pour la présidente, le bilan est désastreux. Elle disait voulait rassurer les marchés sur la capacité de paiement de l’Argentine, c’est le contraire qui se produit. Et elle doit faire face, en prime, à une crise politique inattendue.

Une crise institutionnelle qui complique la situation économique

A l'origine du conflit entre la présidente argentine et le directeur de la Banque centrale :  la dette du pays. Cette année, l'Argentine doit régler 13 milliards de dollars à ses créanciers. Et comme avec la crise mondiale, l'Etat manque d'argent, la présidente Cristina Kirchner a demandé à la Banque centrale de puiser dans ses réserves pour régler la dette. Mais le directeur a refusé. Martin Redrado estimait l'opération trop risquée. C'est pour ce refus qu'il a été limogé.

Cette éviction tombe bien mal car l'Argentine était en passe de normaliser ses relations avec certains de ses créanciers. Le pays revenait de loin. En 2001, frappé par la crise, il s'était retrouvé pratiquement en cessation de paiement. Depuis cette date, l'Argentine avait réussi à restructurer sa dette. Le règlement des créances de cette année devait rassurer les marchés financiers.

Avec la période d'incertitude qui s'ouvre, l'effet inverse risque de se produire. La crédibilité financière du pays devrait à nouveau être mise à mal. L’Argentine ne peut d'ailleurs pas emprunter auprès des marchés financiers. Et avec l'éviction du directeur de la Banque centrale, figure respectée des milieux économiques, la crédibilité de l'Argentine ne risque pas de s'améliorer.
 

tags: Argentine
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