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Article publié le : lundi 11 janvier 2010 - Dernière modification le : lundi 11 janvier 2010

L'Angola appelle la communauté internationale à ne pas protéger les séparatistes cabindais

La police angolaise patrouille aux abords du stade Chiazi à Cabinda, le 11 janvier 2010.
La police angolaise patrouille aux abords du stade Chiazi à Cabinda, le 11 janvier 2010.
AFP / Issouf Sanogo

Par RFI

Les autorités angolaises ont annoncé lundi 11 janvier 2010 l'arrestation de deux personnes soupçonnées d'avoir participé à l'attaque meurtrière contre le bus de la sélection du Togo. Il s'agirait de deux séparatistes, membres du FLEC. Le gouvernement angolais a également annoncé son intention de lancer des mandats d’arrêt internationaux contre les dirigeants séparatistes cabindais. 

Dans la première déclaration officielle du gouvernement angolais, après l'agression contre l'équipe togolaise de football, le ministre sans portefeuille Antonio Bento Bembe a parlé de « terrorisme ». Il a demandé à la communauté internationale - et notamment à la France - de ne pas protéger les indépendantistes. Selon lui, « rien ne peut justifier cette attaque. C’est un acte terroriste, parce qu’ils ont visé les civils. C’est dommage une telle action, et moi je dois profiter de cette occasion pour demander à la communauté internationale de condamner cette attaque et, pourquoi pas, de lancer un mandat d’arrêt contre tous ces éléments qui sont en train de mener des attaques pareilles ».

Lors d’un entretien à RFI, le ministre angolais a justifié la demande d’arrestation contre les responsables indépendantistes cabindais « parce qu’ils sont à Paris, et quand ils parlent, ils menacent tout le monde et disent que tous les étrangers au Cabinda seront atteints ».

Antonio Bento Bembe a donc demandé à Paris de ne pas protéger ceux qu'il appelle « les terroristes ». Il a visé notamment Nzita Tiago, le leader historique du Front de libération de l’enclave de Cabinda (Flec), qui a revendiqué, lundi 11 janvier 2010, pour la première fois, cette attaque.

Le leader historique des indépendantistes revendique l’attaque

Dans un entretien à RFI, lundi 11  janvier, Nzita Tiago a affirmé que ses hommes ne visaient que des objectifs militaires : « L’attaque a été effectuée par les forces du FLEC, mais pas contre les joueurs de football ». Il a également exprimé « des regrets » et a affirmé avoir présenté « des excuses aux Togolais, parce que nous ne savions pas - ou nos militaires ne savaient pas – qu’il y avait des joueurs dans le camion, le véhicule où étaient les militaires angolais. Selon les renseignements que j’ai reçus du front, l’attaque n’était pas dirigée contre les joueurs de football, parce que nous ne sommes pas contre la CAN ».

Nzita Tiago a également affirmé que « la lutte ne peut pas cesser au Cabinda, parce qu’il y a ces matches de football, dans le terrain qu’ils ont construit là-bas ». Selon le leader historique du FLEC, « la guerre ne finira au Cabinda que quand les Angolais accepteront de négocier avec les Cabindais, pour qu’ils quittent le territoire du Cabinda ».

Les corps des deux victimes, membres de l'encadrement de l'équipe nationale du Togo, ont été rapatriés dimanche 10 janvier à Lomé, en même temps que l'équipe togolaise, qui a quitté la Coupe d’Afrique des Nations. Trois jours de deuil ont été décrétés au Togo.

Les Angolais renforcent la sécurité à Cabinda

Les matches qui devaient se dérouler dans l'enclave du Cabinda ont été maintenus. La police angolaise a arrêté deux personnes, suspectées d'avoir pris part à l'attaque contre l'équipe du Togo. Des renforts de police ont été envoyés sur place. Dans la ville de Cabinda, la tension est palpable. Depuis deux jours, des hélicoptères sillonnent de façon quasi continue, à basse altitude, le ciel de la province et des camions militaires sont un peu partout.

Le gouvernement de Luanda a donc renforcé la sécurité depuis vendredi dernier. L’attaque contre le bus togolais s’est déroulée tout près de la frontière avec le Congo-Brazzaville et loin de la ville de Cabinda, sur l’océan Atlantique. Il n’y a pas eu d’autres accrochages depuis vendredi. La population semble assez détachée par rapport à ces événements. La télévision locale préfère montrer les buts de la sélection angolaise contre le Mali, dimanche soir à Luanda. Mais le climat reste, malgré tout, très tendu et, ce lundi matin, Rodrigues Mingas, l’un des responsables du FLEC-PM (Front de libération de l'Etat du Cabinda - Position militaire) a réitéré ses menaces, depuis l’Europe où il se trouve.

tags: Angola - CAN - Football - Sports - Terrorisme - Togo
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Commentaires (2)

J'ai du mal à m'en remettre

J'ai du mal à m'en remettre des réactions des uns et des autres à l'issue de l'acte terroriste posé par le FLEC. Oui, il s'agit bel et bien d'un acte terroriste. Ce qui a semblé échappé à presque tous ceux qui n'ont vu comme acte répréhensible dans cet acte barbare que ''la politique de communication défaillante de la CAF''.
Il est quand même fort surprenant que personne en Afrique n'ai condamné cet acte terroriste avec fermeté alors que depuis le 11 septembre il y a une quasi unanimité qui s'est faite pour stigmatiser le terrorisme.
A part Rama Yade en France, je n'ai entendu personne en Afrique condamner le fait que le sport, ou quoi que ce soit d'ailleurs, n'a pas à être pris en otage par le terrorisme et que la meilleure réponse à apporter au FLEC était justement le maintien de la compétition. Le FLEC n'aurait pas obtenu meilleur retombées de son acte que le soutien par abstention de condamnation qu'il a reçu en Afrique.
Comme quoi, le ''responsable'' de cet acte de terrorisme c'est la CAF et le grand gagnant c'est le FLEC. Pitoyable Afrique.

consternation

On parlait de compromis entre la fédération togolaise de football et la CAF concernant un décalage dans le programme des matchs et on a été surpris d'apprendre la décision de la CAF qui exclu le TOGO de cette messe continentale. Face aux déclarations du chargé de la communication de la CAF et aux actions de la CAF elle même, quels sont d'après les spécialistes les moyens d'actions que peuvent entreprendre les Togolais pour accuser réparation du tort qu'on leur a posé(insécurité, non assistance et autres)

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