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Large victoire du « non » au référendum sur l’autonomie renforcée en Martinique et en Guyane

Les électeurs de Guyane et de Martinique disent clairement «non» à une autonomie accrue de leur département. «Non» à 69.8% en Guyane et «non» à 78,9 % en Martinique selon les chiffres définitifs du ministère de l'Outre-mer à Paris.
Avec notre envoyé spécial à Fort-de-France, Florent Guignard
C’est une victoire écrasante du « non » alors qu’en 2003, lors du précédent référendum sur l’autonomie de la Martinique, il ne l’avait emporté que d’un millier de voix.
Il faut se souvenir de ce que disait Nicolas Sarkozy lors de son passage éclair en Martinique en juin dernier, plusieurs mois après la grande grève générale qui avait touché les Antilles françaises : le statu quo n’est plus possible avait dit le chef de l’Etat, et bien les Martiniquais en ont décidé autrement et ils ont refusé l’autonomie telle que la prévoit l’article 74 de la constitution. Ils ont surtout refusé l’inconnu puisque si le «oui» l’avait emporté, les nouvelles compétences de la Martinique auraient été fixées par une loi organique, votée par le Parlement français à Paris.
Le maire de Fort-de-France, Serge Letchimy, qui avait appelé à voter «non» a salué
la «lucidité» du peuple martiniquais. L’héritier politique d’Aimé Césaire est un fervent partisan de l’autonomie mais pas dans le cadre de l’article 74. Il a d’ailleurs appelé l’ensemble des Martiniquais à faire front pour éviter tout «assimilationnisme réducteur».
Les Martiniquais vont donc devoir retourner aux urnes dans quinze jours, le 24 janvier, pour un nouveau référendum. Ils se prononceront cette fois sur la création d’une collectivité unique à la place du département et de la région.
Les Martiniquais et le droit à la différence « Le statu quo n’est plus possible », avait dit Nicolas Sarkozy lors de sa venue en Martinique plusieurs mois après la crise sociale d’il y a un an. Mais selon le leader du non dans cette campagne, le député-maire de Fort-de-France Serge Letchimy, ce n’est pas le statu quo qu’ont choisi les Martiniquais, pas plus qu’ils n’ont rejeté l’autonomie. L’héritier politique d’Aimé Césaire juge en fait la Constitution française « obsolète », et même « néocoloniale », et à l’en croire, les Martiniquais défendent à la fois leur appartenance à la République et le droit à la différence. Mais la peur a-t-elle aussi joué un rôle dans cette victoire écrasante du non, comme le pensent les partisans du oui ? Nicolas Sarkozy s’était voulu rassurant en juin dernier en écartant ce qu’il avait appelé « un je ne sais quel largage de la République ». L’aide financière apportée par l’Etat français et par l’Europe, c’est vrai, est importante ici. Et on demandait aux Martiniquais de voter pour l’inconnu puisque le contenu de la loi organique, censée fixer le degré de l’autonomie, n’a jamais été discuté. Enfin, après les évènements d’il y a un an et ses conséquences sur l’économie locale, sans parler de la crise économique mondiale, les Martiniquais n’ont pas vraiment perçu le changement statutaire et institutionnel qui leur était proposé comme la réponse la plus adéquate à leurs problèmes sociaux. F.G. |

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