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Une émission spéciale quotidienne sur RFI

Du 18 janvier au 12 février 2010, cette émission quotidienne à destination de nos auditeurs haïtiens, animée par Jacques Allix et Eric Amiens, a ouvert les antennes de RFI aux organisations gouvernementales et non-gouvernementales qui opèrent sur le terrain en Haïti ainsi qu’à la diaspora haïtienne, où qu’elle soit dans le monde, pour assister les populations touchées par le séisme.
Dès samedi 13 février, l’organisation non-gouvernementale de soutien aux médias Internews prend le relai. Entre 8h10 et 8h30 (heure Haïti) un programme de 20 minutes d’informations pratiques en créole sera diffusé sur les antennes de RFI.
Les infos pratiques de l’émission du 2 février 2010
Communiqué du gouvernement : si des parents souhaitent faire adopter leurs enfants, s’adresser au ministère des Affaires sociales et au Bien être social. Ne pas confier ses enfants à n’importe qui.
Recherche la famille Dieu Juste (Désir Valbere).
Des distributions de nourriture sont assurées à Delmas à côté de la paroisse et dans la cour de l’école Louis de Gonzague.
Handicap International est présent dans les hôpitaux de Port-au-Prince : l’hôpital général, l’hôpital de la Paix, l’hôpital de la Pacotte ainsi qu’avec les structures de Merlin, de l’ONU et de MSF.
Les infos pratiques de l’émission du 29 janvier 2010
Appels gratuits à l’étranger
L’ONG Télécoms sans frontières met en place pour la population haïtienne un service itinérant d'appels gratuits à destination de l'étranger, grâce à des téléphones satellitaires. Les lieux où sont déployées les équipes de TSF à Port-au-Prince pour la journée du lundi 29 janvier 2010 :
- Faculté d’Agronomie -Croix des Missions
- Collège Saint Louis de Gonzague
- Kay Felix
TSF ouvre également une antenne à Jacmel au :
- Stade Tinchinat
Le réseau Digicel est opérationnel à l’échelle nationale. Il couvre 95% de la population haïtienne. Plus de 72 magasins Digicel sont ouverts à travers le pays. Les abonnés peuvent se rendre dans ces magasins pour remplacer gratuitement leurs cartes SIM et/ou se procurer un nouveau portable au prix promotionnel de 550 Gdes.
Requêtes
La Mairie de Croix des Bouquets informe qu’il existe une Commission qui centralise les requêtes de la population.
L’adresse : prés de l’aéroport dans le local Cégénère.
Aides aux enfants et aux personnes âgées
Nombreux sont les enfants qui ont perdu leurs familles. Ils sont isolés, perdus, orphelins. L’UNICEF agit en partenariat avec l’organisation PLAN HAITI. Joanne Garnier Lafontat explique que chacun doit être attentif aux enfants en situation de grande précarité.
« La partie préventive, c’est de déterminer ce qu’il ne faut pas faire. Inciter les gens à dénoncer tout comportement qui serait anormal. Identifier les enfants seuls, orphelins, accompagnés de leurs familles ou seuls. En coordination avec l’Unicef, ils sont ensuite pris en charge. Pour dénoncer un abus, nous nous occupons de l’acheminement des plaintes déposées à nos bureaux (à Museau, à Jacmel et à La Croix des Bouquets qui se trouve aux alentours du Commissariat) vers l’Institut du Bien-être social qui travaille en partenariat avec l’Unicef. Eux, ils les prennent en charge. L’Unicef est basé actuellement vers l’aéroport, près de la direction de la police judiciaire où toutes les agences des Nations unies ont été relocalisées. »
Des écoles d’Haïti situées dans les régions épargnées par le séisme rouvriront lundi. Les responsables de l’éducation et les ONG estiment que 1,8 million d’enfants et 5000 à 8000 écoles ont été affectés par le tremblement de terre.
Les personnes âgées connaissent aussi des problèmes spécifiques. Plus vulnérables, parfois aveugles ou handicapés moteur, elles sont très exposées à l’oubli. Il existe un programme d’urgence sur place.
HELPAGE : 37017163
bmeance@helpageinternational.org
Sécurité
Qui assure la sécurité ? L’ONU, les Américains, les Haïtiens de la police ou de l’armée? La réponse d’Edmond Mullet, chef par intérim de la force de l’ONU, la MINUSTA.
« Nous avons établi des accords de principe, des documents signés avec les Canadiens et les Américains. Surtout pour définir les rôles de chacun. Ils vont s’occuper de la sécurité, de la distribution humanitaire, des escortes, des convois. La Minusta et les forces des Nations unies, nous allons continuer à travailler avec ce qui reste de la police nationale d’Haïti : garantir la sécurité et la stabilité du pays. Tous les prisonniers qui se sont échappés du pénitencier national, dont les gangsters les plus notoires, les plus dangereux, sont dans les rues en train de se réorganiser. Nous devons faire face à ce problème. »
Eau
La Direction nationale de l’eau potable, DINEPA, rappelle les numéros à contacter pour les sites de sinistrés non encore desservis.
Mairie de Tabarre - 3453 4422
Mairie de Carrefour - 3438 9608 ; 3780 1321
Mairie de Port-au-Prince – 3558 0560 ; 3443 9115
Mairie de Pétion-Ville - 3456 9510 ; 3831 7909
Mairie de Cité Soleil - 3699 5363 ; 3824 2302 ; 3487 6947
Mairie Croix des Bouquets – 3555 9799
Mairie de Delmas - 3481 6092 ; 3558 2267
La distribution de l’eau potable sur les sites est gratuite.
Soins
Fondation Feuille à Léogane
Contact : 38760209 ou 37146511
Les infos pratiques de l’émission du 28 janvier 2010
La Croix Rouge haïtienne, informe tous ceux qui sont dans des camps qu’ils peuvent se ravitailler en eau en appelant le 784 20 46. Le ravitaillement en eau potable est devenu un sujet assez important ces derniers jours pour les responsables de la Croix Rouge et pour les membres des comités qui ont été créés parmi les sans-abri.
A Pétion-ville, la Croix-Rouge française, a installé hier dans l’école, son centre de soins de santé pour une centaine d’enfants qui vivent avec leurs proches dans des camps de fortune.
Le but est de les accueillir, de les encourager, d’organiser des activités pour qu’ils reprennent leur vie d’enfants.
Un pas en avant.
La deuxième phase des secours a été entamé pour permettre aux habitants de rentrer et parallèlement, de trouver un soutien psychologique, surtout pour les plus malades et ceux qui sont amputés.
Pour ces derniers il est conseillé de rester en contact permanent avec l’Hôpital Central à Port-au-Prince, pour les soins post-opératoires.
Les personnes qui souffrent d’insuffisance rénale sont pris en charge dans deux bateaux hôpitaux (français et américaine).
Pour le suivi psychologique, loin de la capitale, les habitants peuvent se diriger vers les hôpitaux de St. Marc, de Cange et d’Hinche.
Distributions des médicaments :
Pour les habitants de St Marc, de Bas de la Ti bonite et du Plateau Central, les médicaments sont délivrés gratuitement, avec une carte qu’il faut établir préalablement à la mairie.
Pour notre émission spéciale le docteur François Fervanks explique le fonctionnement récent des structures hospitalières au Port-au-Prince, ou Médecins sans frontières accueille les patients.
« Les équipes de Médecins sans frontières, continuent d'apporter des soins chirurgicaux aux nombreux blessés dans les structures MSF de Port-au-Prince et ses environs. La priorité, désormais, est d'offrir à ces patients les soins postopératoires intensifs qu'ils requièrent pour éviter toute complication.
Soins post-opératoires.
Alors que le premier objectif a été jusqu'à maintenant de sauver des vies, nous devons à présent nous efforcer de sauver davantage les membres de nos patients. En d'autres termes, il s'agit d'opérer rapidement les patients dont les plaies s'infectent et pourraient se propager au membre entier dans les jours qui suivent s'ils ne subissent pas d'intervention chirurgicale.
Afin de faire face à la demande, nous ouvrons une troisième salle d'opération à l'hôpital Choscal et continuons de travailler 24 h/24. MSF a également mis en place des cliniques mobiles afin de repérer les personnes requérant d'urgence des soins, mais qui n'en ont reçu aucun jusqu'à maintenant. »
Les répercussions psychologiques du tremblement de terre sont de plus en plus palpables, notamment dans les symptômes que présentent les patients qui viennent consulter. Parmi les personnes admises dans un centre médical MSF de Léogâne, il s'avère que près de la moitié souffrait de traumatismes psychologiques.
À proximité de l'hôpital de Carrefour de MSF, le personnel médical dirige des cliniques mobiles pour les habitants du quartier et a commencé à offrir un programme nutritionnel complémentaire pour les enfants ».
Léogâne, ville de l’épicentre détruite. L’urgence à peine terminée, il font suivre l’évolution des soins.
Sur place, réaction du médecin canadien, Bill Coltran, dont l’organisation a planté des tentes médicalisées dans le centre de la ville :
« Deux semaines après le séisme, nous avons toujours des patients présentant des traumatismes, des fractures, toutes sortes de plaies infectées. Nous commençons à faire la transition entre les soins de la première urgence et des maladies comme la diarrhée, les maladies gastriques, la fièvre etc. C’est alarmant d’avoir toujours autant de blessés graves. Certains des premiers patients reviennent pour faire changer leurs bandages, désinfecter leurs blessures. Des consultations plus normales s’instaurent, d’où l’impact positif de notre présence dans ce pays ».
Conférence de presse du président René Préval.
Dans un geste de solidarité envers son peuple, le président haïtien René Préval entend vivre sous une tente, sur le terrain du palais présidentiel, au centre-ville de Port-au-Prince.
Pour l’instant les autorités haïtiennes ont du mal à communiquer avec la population.
Les medias locaux sont peux nombreux. Il n’y a pas de télé, et peu de radio.
Le président de la République, René Préval, en recevant le Secrétaire Général de l’Organisation des Etats Américains, a donné une longue conférence de presse hier.
Il en a profité pour parler du report de la date des élections. Il a aussi demandé à la population d’être patiente et qu’il a besoin de 200.000 tentes pour héberger tous les gens qui sont dans des campements de fortune dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Concernant les constructions anarchiques, il a lancé une mise en garde aux personnes qui sont en train de reconstruire des maisonnettes et a souligné que la décentralisation est la priorité du gouvernement pour la reconstruction du pays.
Transferts d’argent vers Haïti
Pour les haïtiens vivant à l’étranger, il est très important d’envoyer de l’argent à leurs proches dans ces moments délicats. Pour cela, une agence spécialisée offre ses services.
BdE, créée en 2005, est une marque déposée de la Banque d'Escompte, établissement bancaire francais privé. Elle regroupe l'ensemble des activités liées au transfert d'argent des communautés vers leur pays d'origine.www.bdecash.com
Aujourd’hui l’invité de notre émission spéciale était la représentante de cette structure Anne Louise Mesadieu. Elle souligne que toutes les transferts d’argents vers Haïti jusqu’au 28 février sont gratuits.
Quoi faire en cas de répliques. Les spécialistes et les architectes conseillent :
Ne pas paniquer et s’éloigner des façades et autres zones sujettes aux chutes de pierres. A moyen terme, ils conseillent de privilégier, pour les reconstructions provisoires, les quartiers nord de Port-au-Prince (le plus loin possible de la faille, située au sud-ouest) et les zones rocheuses, cinq fois moins sensibles aux vibrations des séismes que les sols mous de sédimentation récente.La plupart des bâtiments haïtiens sont construits sur le modèle « poteau-poutre ». Les murs sont rarement porteurs, ce qui signifie qu’une faille sur un mur ne remet pas en cause la viabilité d’un bâtiment. En revanche, si un poteau ou une poutre en béton est endommagée, il est peu probable que le bâtiment soit encore sain.
Pour plus d’informations, http://www.archi-urgent.com
Les infos pratiques de l’émission du 27 janvier 2010
Le programme « Argent Contre Travail » du PNUD
Parmi les initiatives pour faire redémarrer l'économie à Haïti, les Nations unies ont annoncé un programme spécial « Argent Contre Travail », « Cash For Work ».
Il s'agit d'embaucher un certain nombre de personnes, payées par l'ONU, 25 gourdes par jour, soit 5 dollars, pour aider au déblaiement des décombres dans les rues de Port-au-Prince.
L'objectif, est de fournir du travail à 220 000 personnes, ce qui permettrait de nourrir un million de personnes.
Condition : Un seul candidat par famille.
Sont sélectionnés prioritairement ceux dont le logement a été entièrement détruit.
Le programme argent contre travail, déjà opérationnel à Carrefour Feuilles, est entrain d'être mis en place aussi à Martissant.
Quels types de travail ?
Les Nations unies proposent aussi des travaux de nettoyage des rues, de ramassage d’ordures aux personnes victimes du séisme en Haïti dans les zones de la capitale mais aussi à Carrefour Feuilles. Très bientôt, ce programme va s’étendre vers des villes de Petit-Goâve, Grand- Goâve, Jacmel, des villes qui ont très affectées par le séisme. La deuxième phase sera liée à la construction de maisons.
Les derniers conseils du Gouvernement :
L’ingénieur géologue, Claude Prepti, demande à la population d’être très prudente avec les maisons non stables, de dormir à l’extérieur pendant quelques semaines, de rester calme et serein. De ne pas se jeter en panique par la fenêtre en cas de séisme.
Si les recherches, officiellement, ont été suspendues, des spécialistes du déblaiement restent sur place. La sécurité civile est toujours disponible. Plusieurs pays mettent des équipes à disposition de la population.
La France a envoyé 24 personnes avec des chiens qui travaillent chaque jour pour venir en aide aux personnes en danger.
En cas de soupçons de l’existence des personnes coincées sous les décombres, il faut s’adresser à l’Ambassade de France.
Les autorités haïtiennes demandent l’arrêt des constructions de maisonnettes dans des zones dangereuses comme sur les flancs de Canapé Vert etc.
Ce sont des zones à risque, où il existe un véritable danger.
Les sols de ces terrains ne sont pas stables et en cas de fortes pluies, il peut y avoir des éboulements, des glissements de terrain qui entraînent les maisons.
L’immigration
Un certains nombre de sinistrés tentent de partir à l étranger.
Beaucoup ont convergé vers la frontière avec la République Dominicaine.
Mais il n’est pas du tout évident de franchir cette frontière.
Artemio QUEVAS, coordinateur militaire des migrations de la République Dominicaine souligne :
« Ils sont 300 à 400 à passer, selon les jours, parce que les vols sont suspendus à l’aéroport international d’Haïti. Tous ceux qui veulent aller à Miami, en France ou en Europe viennent prendre l’avion ici pour leur destination respective. Nous laissons passer des Haïtiens qui ont leur visa. Pour ceux qui sont résidents en France, aux États-Unis, au Canada ou en Europe et qui ont leur document en règle, on les laisse passer pour qu’ils prennent leur vol à Saint-Domingue. Ceux qui entrent par ici ont leur passeport tamponné, ceux qui ne l’ont pas sont refoulés sauf cas spécial d’une gravité particulière ou d’une urgence et dans ce cas, on fait les démarches sur place pour les papiers. Depuis le séisme, il y a moins de personnes qui essaient de sortir par ici. Par contre, beaucoup retournent dans leur pays pour s’y réinstaller ».
Les autres mouvements migratoires vers l’étranger
Aux États-Unis, où vit une très importante communauté haïtienne de 1,2 million de personnes, les autorités ont légèrement assoupli leur politique d’immigration après le tremblement de terre.
Tous les clandestins qui se trouvaient sur le sol américain avant le séisme vont pouvoir bénéficier du TPS, le statut de protection temporaire. Les expulsions et rapatriements forcés sont suspendus.
Mais les Haïtiens présents dans leurs pays au moment du séisme n’ont pas de possibilité d’obtenir un visa pour les États-Unis.
« Attention aux personnes qui profitent de la situation pour vendre de faux papiers d’immigration », - préviennent les autorités américains.
Pour tout savoir sur les procédures d’immigration aux États-Unis :
www.uscis.gov - Informations disponibles en français et en créole.
En France, où vivent 80 000 Haïtiens, trois mesures ont été annoncées par le ministère de l'Immigration après le séisme :
- Exonération de visa préalable pour les Haïtiens qui doivent se faire soigner en France
- Exonération de visa pour les Haïtiens dont la demande de regroupement familial a été acceptée
- Traitement prioritaire des dossiers en cours.
Comment se présente la situation au Petionville aujourd’hui?
Les panneaux solaires qui demeurent sur certains immeubles permettent d’y recharger les batteries des téléphones et des ordinateurs.
Précieux, car l’électricité manque toujours cruellement dans les zones sinistrées du pays.
Madame, Claire Lydie Parent, Maire de Petionville, explique les mesures envisagées pour l’avenir proche :
« Nous avons demandé aux gens de venir s’abriter sur la place principale dans des tentes déjà construites. Nous assurons actuellement l’approvisionnement avec l’eau potable. Les habitants ont collecté entre eux de l’argent, acheté de la nourriture pour 3 à 4 jours. Aujourd’hui, les organisations s’occupent de la distribution d’eau et de nourriture pas seulement à la Place Boyet mais à une trentaine de centres où sont réfugiés les gens. Ils discutent avec les responsables du lycée et des écoles de la zone, sur la possibilité de recommencer l’année scolaire qui est déjà très perturbée. Il faut voir dans quelles conditions les enfants peuvent évoluer dans une bonne ambiance dans un espace comparable à un camp d’été avec des activités récréatives sans toutefois les séparer de leurs parents ».
L’invité de RFI pour aujourd’hui est Gary Legrand, peintre et musicien haïtien.
Il est en même temps membre de la Fondation de l’Armée du Salut. Il souligne le principe du travail qu’ils font :
« Notre but est d’apporter un soutien psychologique en ce moment pour les haïtiens. Nous travaillons pour garantir des aides humanitaires, de la nourritures, des vêtements, etc. Un autre but est de les aider psychologiquement en commençant par les prières et l’encouragement par des visites sur le terrain. Cela continue avec des ateliers et d’autres activités du genre créatif ».
Télécoms Sans Frontières - TSF Haïti haiti@tsfi.org
Ils sont présent en trois centres de téléphonie ouverts à Port-au-Prince à la disposition des populations: au Champs de Mars, à Sony et un troisième à Phillipo.
Le 27 janvier, TSF Haïti renouvelle ses opérations sur les trois sites suivantes :
- Delmas 2 (Armée du Salut)
- Place de l'aéroport
- Rue Sans Fil (Delmas 18)
En parallèle ils travaillent a:
- Saint Martin
- Croix Bossales
- Faculte Agronomique
- Croix des Missions
- Fort National
- Bel Air
Les infos pratiques de l’émission du 26 janvier 2010
Pendant ces 15 jours, après le tremblement de terre, les centres médicaux en Haïti ont été submergés par les besoins en transfusion de sang pour secourir les blessés.
Ils continuent de faire appel à des donneurs volontaires.
La collecte de sang
Le correspondant de RFI, Rothschild François Junior explique, depuis Port-au-Prince, que la Croix Rouge haïtienne demande aux donneurs de se présenter au Centre de transfusion sanguine de la Croix Rouge haïtienne à l’adresse suivante :
Rue des Miracles ou à l’Hôpital Universitaire d’Etat d’Haïti pour des besoins urgents en cette période chaotique.
Les constructions
Actuellement, il y a beaucoup de sans abri. Les migrations de population prennent de nouvelles formes. Les gens commencent à construire partout et sans plans. Alors que les autorités n’ont pas encore commencé à lancer des procédures de permis de construire.
Dans ce contexte, Le Ministre des Travaux publics a mis en garde contre toutes nouvelles constructions dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Donc, de nouveaux permis de construire ne sont plus délivrés en attendant que de nouvelles normes soient éditées.
Les maisonnettes construites en tôles dans la zone du Canapé-Vert seront démolies. Pour l’instant, il n’y a aucune adresse pour l’obtention de ce permis de bâtir.
Où trouver une aide médicale et chirurgicale ?
Olivier Bernard, Président de l’organisation "Médecins du Monde" en Haïti donne des informations pratiques :
« A partir du mercredi 27 janvier, une clinique mobile sera ouverte à Port-au-Prince précisément à Berne Armeuse et un jour plus tard une autre au début du boulevard Saint Michel.
Les autres soins généraux se font à l’hôpital de déploiement rapide, à l’hôpital universitaire de Port-au Prince, au Centre Médical « Cité Soleil », à l’hôpital à Carrefour Feuilles, à l’hôpital à Croix des Prés et à l’hôpital à Delmas 46.
Dans les autres villes comme au Petit-Goâve, située à 68 km au sud de Port-au-Prince, l’ONG Médecins du Monde est présente avec 5 petites cliniques mobiles dans les zones montagneuses autour de cette ville ».
Les centres, ou les camps pour les sans abri font un travail considérable, mais il faut une meilleur organisation. Le Champs de Mars a été choisi pour regrouper les sinistrés.
Lucien Josef, président de l’association «Stratégie, Action, Jeunesse» précise la situation :
« Beaucoup de personnes laissent la capitale, notamment les camps de réfugiés, que ce soit le Champs de Mars, Pétion ville pour regagner les villes de province, plus particulièrement l’Artibonite qui est l’une des régions les plus peuplées d’Haïti qui n’est pas concernée par le séisme. La Minusa demande aux gens qui quittent la capitale de se rendre dans l’Artibonite, de se faire enregistrer au bureau de la Mission de Gonaïves, Celmal. A la population, il est conseillé de se laver les mains, d’observer les conseils d’hygiène reçus. »
L’Adresse : l’Association « Stratégie, Action, Jeunesse » est :
Université d’Ethnologie - 10, Avenue Magloire Amboise, Port-au-Prince
Tél : 222 42 36 / 222 30 07 - www.ueh.edu.ht/facultes/fe.php
Entre 08 heure matin jusqu'à 17 heure du soir.
Les secouristes dépêchés par l’Union Européenne à Haïti appellent à la prudence maximale autour des bâtiments ravagés.
Henri Benedittini, pompier français, rappelle les mesures de prudence pour les habitants qui ont vu leurs maisons détruites :
« Il ne faut jamais entrer dans une maison qui est rendue instable par le séisme.
Pour ceux qui veulent récupérer des affaires dans les décombres de leurs maisons détruites il est conseillé de ne jamais aller tout seul. Il faut être équipé avec des matériels, et des protections nécessaires à la protection.
Les blessures par les ferrailles et le béton peuvent causer le Tétanos ».
Adresse pour trouver les pompiers français:
Ambassade de France en Port-au-Prince, Haïti
51 place des Héros de l'Indépendance BP 312. Téléphone, local: 22 22 09 51
Où trouver les médicaments nécessaires ?
Patrick Angelvy spécialiste, membre du «Pharmacie Humanitaire Internationale» précise :
« Les structures les plus efficaces sont les structures sanitaires de secours, au près des dispensaires et chez les pharmacies de la ville qui n’ont pas été détruites.
Il faut toujours suivre les consignes du médecin qui à prescrit les médicaments.
Il faut toujours suivre le rythme précisé (matin-midi-soir)
Ne jamais arrêter le traitement au milieu, même si on pense qu’on a guéri. Donc continuer le traitement jusqu’à la fin.
Ne pas prendre les médicaments non recommandé par un médecin.
Ne pas suivre les charlatans et les arnaqueurs qui déclarent être des médecins pour profiter de l’argent ».
Le conseil du psychologue
Depuis le tremblement de terre, le choc est très fort parmi les habitants d’Haïti.
Beaucoup de symptômes pathologiques, le stress, l’hypertension, le panique, la peur, sont présents.
Pascale le Roy, psychologue clinicienne à Paris, donne la définition d’un traumatisme:
« Le traumatisme, c’est une expérience qui est vécue en l’espace de très peu de temps comme c’est le cas du tremblement de terre. Il provoque un fort accroissement d’excitation à la vie psychique et le sujet se trouve momentanément débordé, dépassé par ce qui lui arrive. Avec un choc terrible se manifestent des états de sidération, de choc mais c’est effectivement un accroissement de l’excitation psychique qui crée le traumatisme.
L’état de sidération, c’est quand le sujet ne peut plus réagir ou alors il peut réagir aussi bien et en même temps, ultérieurement, commencer à avoir certaines souffrances si bien psychique que physique; ce qui peut donner l’impression à l’entourage que le sujet réagit bien parce qu’il reste serein alors que le cerveau a accumulé un choc et ultérieurement des compensations peuvent survenir ».
Les infos pratiques de l’émission du 25 janvier
Bureau de recherche de personnes disparus
A Port-au-Prince, le CICR et la Croix Rouge haïtienne ont ouvert un bureau où les personnes peuvent s'enregistrer sur le site web et téléphoner pour rétablir le contact avec leurs familles :
Siège central de la Croix-Rouge Haïtienne
1, Rue du Muguet,
Route de Desprez (Croix Desprez)
Port-au-Prince
Haïti
Appel à l’aide
Le Bureau de la protection civile lance un appel à l’aide aux jeunes. L’organisme leur demande de les rejoindre pour participer à la distribution de l’aide et l’organisation des secours.
Soins médicaux
Les responsables du ministère de la Santé publique demandent aux tuberculeux et malades du sida qui sont sans abris où se trouvent actuellement dans les campements de prendre contact avec leurs médecins ou de se rendre dans les Centres hospitaliers pour pouvoir continuer à prendre leurs traitements. Pour le ministère, l’interruption de la prise des médicaments peut poser un problème de santé publique.
Liste des hôpitaux de la Fédération internationale de la Croix Rouge :
• un hôpital de campagne au stade de Sokker à Carrefour (à partir de lundi)
• un hôpital de déploiement rapide à l’hôpital universitaire de Port-au Prince pour les opérations chirurgicales (amputations, fractures),
• un hôpital à Carrefour Feuilles (pour les soins basiques)
• un hôpital à Croix des Prés
• un hôpital à Delmas 46 (pour tous les soins sauf chirurgie)
Puis, il y aura d’autres sites au cours de la semaine.
Les Médecins sans frontières sont présents sur plusieurs sites à Port-au-Prince pour la chirurgie :
• à Choskal et Chancerelles dans le quartier de Cité Soleil
• à Saint Louis Gonzagues et à Delmas 31 (où on vient d’ouvrir un nouvel hôpital gonflable)
Les cas les plus lourds sont référés sur ces trois centres, explique François Fervancks de Médecins sans frontières.
« Depuis le tremblement de terre, on a pris en charge environ 950 cas et on essaie de faire notre maximum pour augmenter nos capacités chirurgicales, et augmenter la prise en charge postopératoire pour les cas qui sont assez lourds et complexes. Aujourd’hui sur Port-au-Prince, Médecins sans Frontières se concentre essentiellement sur les cas traumatiques liés au séisme. Nous allons également prendre en charge assez rapidement les cas de médecine générale urgents mais pour le moment, nous n’avons pas encore développé sa capacité en termes de médecine générale ou de soins externes. Nous sommes également présents à Leogane et Petit Goave. Pour les femmes enceintes, il existe des unités à Carrefour et Cité Soleil. »
Aide psychologique aux enfants
Quel soutien apporter aux enfants traumatisés par les événements ? Les conseils depuis Paris de Florence Halder, psychologue Enfants du Monde Droits de l’Homme :
« Ce qui est important, c’est de leur en parler avec des mots simples, des mots qui soient adaptés à leur âge et qu’un dialogue puisse se nouer autour de l’événement traumatique puisqu’il faut avant tout, dans le cas d’Haïti, éviter des syndromes post-traumatiques. C’est-à-dire que quand on a vécu une situation qui est traumatisante, une situation qui a été vécue avec trop d’émotion et de façon non préparée. Du coup, on n’arrive plus à trouver les mots, les expressions. On a des difficultés pour partager ses expériences. Ce qui fait qu’on se retrouve dans une grande solitude avec une sensation d'être un peu rejeté. C’est pour cette raison que c’est important que des mots soient posés sur tout le vécu. Donc, il faut amener les enfants à parler de tout ça. Ce serait bien si les adultes eux-mêmes pouvaient gérer leur propre angoisse pour en parler aux enfants. C’est sûr, c’est très difficile. »
Faut-il faire part directement aux enfants du décès d’un proche ?
« C’est important de leur dire, de ne pas occulter la vérité de ce qui s’est passé. En même temps, quand les détails du décès ont été trop violents, qu’ils sont très difficiles à raconter, il faut bien sûr que l’adulte joue son rôle protecteur et qu’il ne dise pas une vérité sous sa forme la plus crue, ce qui pourrait constituer une violence et un second traumatisme pour l’enfant. Il faut donc trouver une distance adaptée avec ces vécus pour s’adresser à l’enfant dans un discours qu’il comprend mais c’est important de dire la vérité à l’enfant. »
Jusqu’à quel âge faut-il prendre d’extrêmes précautions, à partir de quel moment faut-il être plus direct ?
« Déjà il est difficile d’entrer dans un dialogue avec un adolescent de 13-14 ans. Mais il n’y a pas d’âge au niveau psychologique. Cela dépend de la maturité de l’enfant. Cela dépend de la sensibilité de chacun. »
Un enfant qui se réfugie dans un mutisme certain, comment faire pour l’aider à exprimer ce qu’il ressent ?
« Il faut tout d’abord le rassurer. Lui dire que sa réaction est normale avec ce qui vient de lui arriver. Il faut savoir que les enfants n’ont pas non plus un lexique à leur disposition comme l’ont les adultes et que souvent ce qui est important dans leur langage, c’est de pouvoir représenter certaines choses, un vécu, des émotions. Et que chez les enfants, cela peut aussi passer par des activités créatrices comme le jeu, le dessin et qui ont aussi pour eux une fonction de communication. Dans le cas d’Haïti, c’est bien si des instances sécurisées peuvent se créer où les enfants puissent venir aussi jouer, dessiner, vaquer à des activités de leur âge sous l’œil bienveillant d’un professionnel qui pourra aussi leur offrir une écoute. C’est d’ailleurs ce que souhaite inclure Enfants du Monde aux droits de l’Homme dans son projet d’intervention sur place. Créer ces espaces justement pour que la communication puisse se faire. (...) Cela peut être la musique, le chant, d’autres choses. »
Reconstruction
Les autorités haïtiennes demandent l’arrêt des constructions de maisonnettes dans des zones dangereuses comme sur les flancs de Canapé Vert. Ce sont des zones à risques où il existe un véritable danger, explique l’architecte et l’urbaniste franco-haïtienne Miriam Israel. « Les fonds de ces terrains ne sont pas solides et en cas de forte pluie, il peut y avoir des éboulements, des glissements de terrain qui provoquent la chute des maisons. ».
Eau potable
Aquassistance à mis en place à Leogane (école Abeille) et à Gressier deux unités de traitement. La population peut se rendre directement sur les rampes de distributions.
Appels gratuits à l’étranger
L’ONGt Télécoms sans fronières met en place pour la population haïtienne un service itinérant d'appels gratuits à destination de l'étranger, grâce à des téléphones satellitaires. Les lieux où sont déployées les équipes de TSF à Port-au-Prince pour la journée du lundi 25 janvier 2010
-Girardeau (terrain Bremond)
-place Sony (près de l'aéroport)
Centre de presse
Pour les journalistes, un centre opérationnel des médias a été mis en place par Quebecor et Reporters sans frontières. Le Centre est situé rue Cheriez, dans le quartier de Canapé-Vert.
Contact : +1 514 664 8695.
Il est doté de 20 postes de travail, d’une salle de conférences de 40 places et d’une terrasse pouvant accueillir jusqu’à 60 personnes. L’Objectif est de mettre à disposition des journalistes haïtiens le matériel nécessaire à l’exercice de leur métier, servir de lieu de rencontre avec les collègues internationaux, puis, offrir un cadre de travail aux différentes associations de défense de la profession en Haïti.
Les infos pratiques de l’émission du 24 janvier
Les cliniques mobiles de Médecins du Monde à Port-au-Prince
Des équipes mobiles de Médecins du Monde composées d’un médecin et d’une infirmière véhiculés ainsi que d’un stock de médicaments sont présents ce dimanche dans les quartiers de Sanfil, Canapé vert, Champ de Mars (équipe de l’association de médecins haïtiens Uramel).
« Il est fondamental que les patients qui ont été opérés, qui ont des plâtres, des pansements, des points de suture, soient revus par un médecin ou une infirmière », explique le Dr Olivier Bernard, président de Médecins du Monde.
Les conseil pratiques de Handicap international pour les amputés
Au moins 1000 personnes ont été amputées depuis le 12 janvier, selon un premier décompte de l’ONG Handicap international. « Il est important d’essayer le plus vite possible de reprendre une vie normale et de s’habituer à marcher, même après une amputation », explique Aleema Shivji, qui coordonne les activités de Handicap international à Port-au-Prince.
Toutes les personnes qui quittent l’hôpital reçoivent une paire de béquilles.
Des équipes mobiles de l’association sont présentes à Carrefour, à Pétionville, à Christ-Roi, à Carrefour Feuille
L’émigration vers l’étranger
Aux Etats-Unis, où vit une très importante communauté haïtienne de 1,2 million de personnes, les autorités ont légèrement assoupli leur politique d’immigration après le tremblement de terre : tous les clandestins qui se trouvaient sur le sol américain avant le séisme vont pouvoir bénéficier du TPS, le statut de protection temporaire. Les expulsions et rapatriements forcés sont suspendus.
Mais les Haïtiens présents dans leurs pays au moment du séisme n’ont pas de possibilité d’obtenir un visa pour les Etats-Unis. Attention aux personnes qui profitent de la situation pour vendre de faux papiers d’immigration, prévient Marie Sebrechts, porte-parole du Département américain de la sécurité intérieure, chargée des questions d''immigration.
Pour tout savoir sur les procédures d’immigration aux Etats-Unis :
www.uscis.gov
Informations disponibles en français et en créole.
En France, où vivent 80 000 Haïtiens, trois mesures ont été annoncées par le ministère de l'immigration après le séisme :
- Exonération de visa préalable pour les Haïtiens qui doivent se faire soigner en France
- Exonération de visa pour les Haïtiens dont la demande de regroupement familial a été acceptée
- Traitement prioritaire des dossiers en cours.
Appels gratuits à l’étranger
L’ONG Télécoms sans frontières met en place pour la population haïtienne un service itinérant d'appels gratuits à destination de l'étranger, grâce à des téléphones satellitaires.
Les lieux où sont déployées les équipes de TSF à Port-au-Prince pour la journée du dimanche 24 janvier 2010
- Champs de Mars (à cote de la compagnie d'assurance)
- Sony (près de l'aéroport)
- Phillipo
Les infos pratiques de l’émission du 23 janvier
L’appel de l’Unicef en faveur des enfants non accompagnés
L'Unicef, organe des Nations Unies chargé notamment de l'enfance, a commencé à recenser les enfants non accompagnés. Des centres d’accueil protégés ont été mis en place à Port-au-Prince, dans lesquels ils bénéficient d’une alimentation adaptée, d’un soutien psychologique et d’un environnement récréatif.
Pour signaler des enfants séparés de leurs familles, et leur assurer une prise en charge adaptée dans des centre protégés, prière de prendre contact avec
- L’Institut du bien être social, en centre ville de Port-au-Prince.
- La base Unicef à la Minustah, à l'aéroport de Port-au-Prince.
Comment réagir en cas de réplique ?
Les répliques après un séisme sont des phénomènes prévisibles. Elles seront ressenties pendant plusieurs semaines. Pascal Bernard, sismologue à l'Institut de physique du Globe à Paris, invite la population à ne pas paniquer et à s’éloigner des façades et autres zones sujettes aux chutes de pierres. A moyen terme, il conseille de privilégier, pour les reconstructions provisoires, les quartiers nord de Port-au-Prince (le plus loin possible de la faille, située au sud-ouest) et les zones rocheuses, cinq fois moins sensibles aux vibrations des séismes que les sols mous de sédimentation récente.
Anderson MICHAUD, ingénieur en bâtiment haïtien vivant à Paris, explique que la plupart des bâtiments haïtiens sont construits sur le modèle « poteau-poutre ». Les murs sont rarement porteurs, ce qui signifie qu’une faille sur un mur ne remet pas en cause la viabilité d’un bâtiment. En revanche, si un poteau ou une poutre en béton sont endommagés, il est peu probable que le bâtiment soit encore sain.
Une équipe de l’ONG Architectes de l’urgence est présente en Haïti depuis le vendredi 15 janvier.
Pour plus d’informations, http://www.archi-urgent.com/
Le programme « argent contre travail » du PNUD
Parmi les initiatives pour faire redémarrer l'économie,les Nations Unies ont annoncé un programme « argent contre travail », « cash for work » en anglais.
Il s'agit d'embaucher un certain nombre de personnes, payées par l'ONU, 25 gourdes par jour, soit dollars, pour aider au déblaiement des décombres dans les rues de Port-au-Prince. L'objectif, annoncé jeudi par Ban Ki-moon, est de fournir du travail à 220 000 personnes, ce qui permettrait de nourrir un million de personnes.
Eliana Nicolini, du PNUD, gère ce programme dans le quartier Carrefour Feuilles à Port-au-Prince, qui emploie déjà 1000 personnes. Un seul candidat par famille. Et sont sélectionnés prioritairement ceux dont le logement a été entièrement détruit.
Le programme cash for work, déjà opérationnel à Carrefour Feuilles, va s'étendre à Martissant et à Carrefour dans les jours qui viennent.
Appels gratuits à l’étranger
L’ONG Télécoms sans frontières met en place pour la population haïtienne un service itinérant d'appels gratuits à destination de l'étranger, grâce à des téléphones satellitaires.
Simon Génin, en ligne de Port-au-Prince, explique que 1500 familles ont bénéficié de ce service depuis le début de l’opération. Les appels, limités à trois minutes, servent à rassurer les proches résidant à l’étranger et à solliciter des transferts d’argent à destination des sinistrés.
Les lieux où sont déployées les équipes de TSF à Port-au-Prince pour la journée du samedi 23 janvier 2010
- Champ de mars
- Ambassade de Belgique
La réouverture des banques
Les retraits sont limités à 100 000 gourdes par jour ou 2500 dollars américains.
Les établissements doivent être ouverts samedi et dimanche de 9h à 14h.
Toutes les grandes sociétés internationales de transfert d'argent ont pris des dispositions pour faciliter les transferts.
MoneyGram, qui a 130 agences en Haïti, réduit les frais à 1 dollar par transfert à destination de Haïti jusqu'à dimanche.
www.moneygram.com
Western Union a 37 agences en service. Les transferts de France vers Haïti ne sont pas facturés jusqu’à la fin du mois de janvier.
www.westernunion.fr
Les infos pratiques de l’émission du 22 janvier
Delmas
La Société haïtienne SONAPI qui travaille avec des associations de la République Dominicaine organise des cuisines mobiles à Delmas. Dans cette commune, on trouve également 308 centres d’hébergement avec du personnel de santé. Pour connaître leurs adresses renseignez-vous à la Mairie de Delmas ou sur le www.mariedelmas.ht
Jacmel
Message pour les organisations de secours : la Croix Rouge de Jacmel à besoin de tentes pour pouvoir faire intervenir ses médecins. Et puis cette info: les défunts doivent être enregistrés à la Mairie. Les sinistrés peuvent se rendre au CROSE.
Léogâne
Un camp pour les rescapés est en cours d’installation. L’accueil se fera à partir de demain.
Hinche
Beaucoup de déplacés arrivent à Hinche où il y a des projets de regroupement de population. Comment est-ce qu’on peut retrouver les gens hospitalisés et dans quel état sont les structures médicales? Le témoignage sur place du Docteur Renard Cruff.
« Pour Hinche, c’est suffisant parce que c’est un hôpital qui était déjà fonctionnel, pareil pour les autres hôpitaux du département qui étaient également en fonction. Mais du côté de Canche, il y a le staff mais c’est peut-être le nombre de patients qui surpasse le personnel disponible. Raison pour laquelle, hier, nous avons été chercher des patients en attente à Canche pour qu’ils se fassent opérer à Hinche qui a une disponibilité d’accueil plus renforcée avec l’aide du ministère de la Santé. Ils sont repartis à Canche à Port-au-Prince, que ce soit à l’Hôpital Universitaire, à Tabarre, à Croix de Bouquet, à Celma et également à la Petite Rivière. A Hinche, nous avons une équipe complète. »
Pourriez-vous accueillir les personnes blessées qui sont à proximité de Hinche ou en direction de Hinche ? Avez-vous de la place ?
« Evidemment. C’est sûr que nous sommes surchargés mais certains de ces patients ont parfois besoin juste des soins qui ne nécessitent pas une hospitalisation prolongée. D’autres, par contre, ont besoin d’un suivi postopératoire prolongé. Nous recevons, en moyenne, une vingtaine de patients par jour venant de Canche, de la Chaoba, de Miballet et même de Port-au-Prince que nous devons opérer. »
Soins
Les mesures de sécurité à prendre en cas de secousses
« Les différents types de précautions : éviter de rester à l’intérieur de maisons fissurées, rester regroupé, s’approvisionner en eau, faire soigner les blessures à l’hôpital et faire changer les pansements pour éviter la surinfection. Si on se retrouve coincé lors de nouvelles secousses dans des bâtiments, rester calme, éviter de rester allongé et s’oxygéner, appeler à l’aide si on a un téléphone portable, ce qui va faciliter l’intervention rapide des secours. »
Le docteur Cruff fait d’ailleurs savoir que le Frère Armand Franklin à Pandiassou, Hinche, est sain et sauf.
Par ailleurs un des correspondants de RFI, Rothschild François Junior, fait savoir que la situation dans l’Hôpital universitaire d’Etat, le plus grand centre hospitalier du pays, s’améliore. Mais il existe un cruel manque de nourriture pour les quelques 500 patients.
Que faire en cas de traumatisme, de fracture ou de plaie ? Le chirurgien Jean-Marie Bernard souligne qu’il faut tout d’abord immobiliser le patient avant de le transporter. Pour prévenir des amputations, il est important d’éviter les infections : pas de contact avec de l’eau ou des saletés puis couvrir les plaies.
Olivier Bernard de l’association Médecins du Monde sur les secours médicaux dans la capitale.
« On a deux types d’activités : les équipes de Médecins du Monde interviennent à l’Hôpital Général sur de la chirurgie où elles opèrent tous les jours dès 8 heures du matin. Ensuite, on a mis en place des équipes mobiles dans les lieux de regroupement, soit avec Médecins du Monde, soit en partenariat avec des associations haïtiennes. Ils interviennent donc tous les jours en partenariat avec Uramel au niveau du Champs de Mars, et aujourd’hui vendredi, demain samedi, nous y avons des cliniques mobiles avec des médecins et des infirmières. Sur Canapé-Vert, les équipes de Médecins du Monde ont également des cliniques mobiles avec médecins et infirmières à Port-au-Prince. Sur Carrefour Feuille et sur Sans Fills, demain samedi, les équipes de médecins, infirmières avec des médicaments y seront également présentes. »
Sur d’autres villes, quelles sont les renseignements à donner ?
« Parallèlement, nous sommes toujours sur Port-au-Prince en train de faire une évaluation sur le quartier de Pacot où probablement nous allons mettre en place des équipes. Toujours sur Port-au-Prince, à Cité Soleil, nous travaillons au niveau de l’hôpital Choscal sur la chirurgie légère où s’activent les équipes de Médecins du Monde ; on a également des équipes à Petit Goave où Médecins du Monde soutient l’hôpital de Petit Goave. »
Est-ce que Médecins du Monde distribuent des médicaments ?
« Médecins du Monde ne distribue pas directement des médicaments : on fait des consultations avec des médecins et des infirmières et quand cela est nécessaire, nous donnons les médicaments, l’ensemble du traitement pour le patient que nous voyons. On peut être amenés à donner des médicaments si on nous appelle spécifiquement pour des structures hospitalières mais on ne va pas donner des médicaments pour des individus. »
Eau
La Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement, DINEPA, rappelle à la population que la ville est en état d’urgence sanitaire. En conséquence, sur tous les terrains publics ou privés où des sites de sinistrés sont établis, en cas d’absence de latrines, il est obligatoire de creuser des tranchées pour les fosses d’aisance. Les comités gestionnaires de sites disposant de pelles et de pioches doivent contacter la DINEPA au 2513-2078 pour l’appui technique nécessaire à la réalisation des travaux. La DINEPA rappelle que :
• la distribution de l’eau par camions est gratuite sur tous les sites de sinistrés
• pour éviter des maladies, il faut se laver les mains et boire de l’eau traitée
Téléphonie
Télécom sans frontières a élaboré un projet de téléphonie itinérante à travers la ville pour aider la population. L’organisation met à disposition des téléphones satellites pour joindre les proches, essentiellement à l’étranger. Il s’agit d’un service gratuit pour une durée de trois minutes de communication. Ce vendredi vous pouvez retrouvez leur équipe à Port-au-Prince à Juverna, à Delmas 89 et à Filipo.
Essence
Notre correspondant sur place, Rothschild François Junior, rapporte plus de détails sur le problème de l’essence à Port-au Prince. D’après lui, la situation s’améliore dans la région métropolitaine. Beaucoup de stations sont rouvertes. Surtout à Pétionville mais pas au Centreville. Il y a des stocks dans les réservoirs et des tankers pétroliers sont en route pour Haïti. L’Association Nationale des Distributeurs de Produits Pétroliers lance un appel au calme à la population.
Migration
Après des nouvelles secousses les habitants ont peur. Faut-il quitter la capitale? Niurka Pineiro de l’Organisation International des Migrants, OIM, raconte que beaucoup de personnes de Port-au-Prince embarquent dans des bateaux ou des ferries mais qu’il est souvent impossible de savoir vers quelle destination. Peut-être vers des villes où il n’y a pas d’aide pour eux. Elle conseille de rester dans la capitale où il y a des distributions quotidiennes par l’OIM pour les biens de première nécessité mais aussi par le PAM, le Programme Mondial pour l’Alimentation, par l’OMS pour les soins et par l’Unicef pour l’eau.
Les infos pratiques de l’émission du 21 janvier
Comment purifier l’eau ? Comment gérer la faim ? Comment éviter qu’une plaie s’infecte ? Comment supporter l’odeur des cadavres ? Comment calmer les nerfs ? Notre invité, le Professeur Louis Acindor de la Faculté de Médecine à Paris-Ouest donne toute au long de l’émission des conseils pratiques et des recettes de secours.
Le PAM, le Programme alimentaire mondial, nous informe qu’il ne peut pas accueillir ce matin les sinistrés dans ses locaux à Jacmel.
La distribution de l’eau au jour le jour
La Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement, DINEPA, informe que la distribution de l’eau sur les sites est GRATUITE. Elle annonce qu’une station d’eau traitée est installée à la CAMEP à Port-au-Prince, sur la route de l’aéroport, à côté de la Brasserie Nationale. La DINEPA rappelle qu'en cas de catastrophe naturelle, il est impératif de traiter l'eau venant du réseau de la CAMEP avant de la boire. La dose recommandée est :
• 4 tablettes d’Aquatab pour 1 gallon, ou
• 5 gouttes de JIF pour 1 gallon, ou
• 5 gouttes de Chlorox liquide pour 1 gallon, ou
• 1 dose de Klorofasil pour 5 gallons
Consultez la liste des sites des point d'eau sur notre page contacts et informations pratiques.
Plus de détail sur la distribution de l’eau avec Louis Bellanger de l’association Oxfam.
« Il y a trois sites de distribution d’eau : près de l’ancien club de golf de Petion-Ville, à l’entrée du Texaco et puis à Carrefour le Centre Fortis qui est devenu un hôpital temporaire avec beaucoup de blessés qui ont besoin d’eau et enfin un troisième point d’eau à la Place Jérémie. On a d’autres sites sur le club de golf à Delmas. Il s’agit de l’eau traitée apportée par camions citernes. Il faut que les gens essaient de voir où ils peuvent aller aux toilettes, où ils peuvent recevoir de l’équipement sanitaire : du savon, des chaudières etc. pour se laver les mains et aller aux toilettes de façon saine et pour éviter toutes propagations de maladies. »
Premiers soins
La population s’est massivement déplacée vers le centre d’Haïti. On parle d’un lieu d’accueil en court de préparation à Hinche. Il y a aussi un exode vers la frontière avec la République Dominicaine. Est-ce bien raisonnable de tenter un déplacement si loin ? Johnny Celicourt, qui travaille pour l’organisation World Vision conseille plutôt aux gens de se faire soigner dans les sept à dix Hôpitaux de l’agglomération de Port-au-Prince. Il déconseille un déplacement jusqu'à Jimani où la capacité d’accueil des structures médicales est saturée. Actuellement la priorité des soins est donnée aux enfants.
Anany Gretchko Prosper de l’association « Z’Ami de la Santé » explique les modalités d’une évacuation par la mer. Un navire hôpital américain est en rade et les blessés les plus graves peuvent le rejoindre.
« Pour les patients qui nécessitent une intervention d’urgence, il y a un premier tri fait dans les hôpitaux. Une fois les patients identifiés, une coordination est faite à travers le ministère et ils sont soignés en mer sur le bateau US Air Force. Ils sont évacués par véhicules pour ceux qui sont à Port-au-Prince et pour ceux qui sont éloignés, par exemple à la Cema, à Hinche, vu le trajet et l’urgence, ils sont évacués par hélicoptère. De ce fait, les tris doivent être faits à l’intérieur des hôpitaux par le staff médical. Communiquer la liste, les noms des patients aux responsables sanitaires du ministère et les Américains qui s’occupent de ces soins. Une fois terminée, les Américains vous donnent le rendez-vous et ils envoient l’hélicoptère avec les coordonnées du lieu pour atterrir puis ils récupèrent les patients et les emmènent directement sur le bateau US Air Force pour les soins d’urgence. Les hôpitaux doivent rester en collaboration et en contact régulier avec la cellule du ministère qui est en charge de recevoir le nom, le diagnostic de ces patients pour les référer. »
Est-ce qu’il y a des hôpitaux spéciaux pour faire ces diagnostics et éventuellement être évacué sur ce navire américain ?
« Tous ces grands hôpitaux organisés pour les ONG sœurs : MSF, Israélite ou la Croix Rouge, que ce soit les hôpitaux de l’Etat, ils sont tous éligibles pour préparer la liste et faire le tri des patients d’urgence. »
Que se passe-t-il sur le bateau, peut-on les opérer?
« Le parc de soins est complet : les cas chirurgicaux ont des blocs opératoires, le staff nécessaire et mille lits. Ils peuvent donc opérer. Graduellement, les gens qui se sont rétablis quittent le bateau et on continue d’accueillir les autres. »
Où vont les gens qui quittent le bateau ? Retournent-ils à l’hôpital ?
« Le suivi 'post-op' sur le bateau est de deux à trois jours. Pour une longue réhabilitation, ce sera dans les hôpitaux. C’est à voir avec le personnel du ministère et les indications médicales. Après 3 jours, on va dire quel patient peut rentrer chez lui. »
Téléphonie
D’après les informations de Simon Genin qui se trouve pour Télécom sans frontières à Port-au Prince, les réseaux des trois opérateurs principaux - Digicel, Haitel et Voilà - se rétablissent progressivement. Haitel et Voilà sont pour l’instant plus en service que l’opérateur principal, Digicel, qui lui est très touché. Les lignes fixes sont uniquement en partie opérationnelles et prendrons plus de temps pour être rétablis. Télécom sans frontières a élaboré un projet de téléphonie itinérante à travers la ville pour aider la population. L’organisation met à disposition des téléphones satellites pour joindre les proches, essentiellement à l’étranger. Il s’agit d’un service gratuit pour une durée de trois minutes de communication.
Sécurité
Patrick Colombel de l’organisation Architecte sans frontières évoque le danger qui émane des bâtiments effondrés ou pas stabilisés, surtout compte tenu de répliques possibles. Dans une première phase son organisation surveille et sécurise les immeubles. Puis suivra la phase de reconstruction. Il appelle à la prudence après la nouvelle secousse de mercredi.
Les infos pratiques de l’émission du 20 janvier
Aides et besoins humanitaires
Le témoignage du Docteur Renard Cruff sur un regroupement de population dans le secteur de Hinche et la préparation d’un terrain pour les personnes qui ont quitté Port-au-Prince et les zones dévastées. D’après ses informations, ce terrain devrait être installé chez le Frère Armand et accueillir 500 à 1000 personnes.
« Hinche est un peu éloigné par rapport au Port-au-Prince, environ 2 heures et demi. L’Hôpital de Canche, quant à lui, est surchargé avec plus de 120 personnes qui sont en train d’être opérées. La plupart des cas de chirurgie orthopédique sont dirigés vers les hôpitaux Belladère, La Chaoba, Miballet qui sont plus près de la capitale. »
Est-ce qu’il y a de l’eau et de la nourriture ?
« Nous ne sommes pas très loin de la frontière dominicaine. Il y a eu un convoi et de l’aide. Donc, il y a une petite réserve. Et nous ne sommes pas très loin du département du Nord. Les gens s’organisent. Pour l’instant il n’y a pas vraiment de carence en eau et nourriture. »
Jacques Dufot de Caritas, Secours Catholique, témoigne de la situation à Port-au-Prince.
« Caritas est bondée et surpeuplée. Les gens dorment dans des tentes dans la cour, impossible de les héberger. Cependant, nous pouvons orienter les gens vers certains points de distribution où on donne des packs d’eau et de nourriture mais nous redoutons les émeutes puisque tous ceux qui ont essayé de le faire sans être sécurisés ont connu des émeutes. La consigne, c’est de sécuriser toutes les distributions. Nos partenaires, ce sont les paroisses, les prêtres et aussi les pasteurs qui ont décidé de définir un point de regroupement. Le mieux pour les personnes qui sont à la recherche de nourriture, d’eau et d’équipement d’hiver serait qu’elles s’adressent à leurs paroisses. Caritas aide celles-ci à faire les distributions et à donner les informations mais il faut obtenir l’appui, soit des Nations unies, soit de l’armée américaine pour pouvoir faire cette distribution. »
Amany Gretchko Prosper, membre de ONG « Z’Ami de la santé » à Anvers, en contact permanent avec les associations d’aide sur place, à propos des adresses pour obtenir des secours en Haïti :
« Avec le ministère de la Santé publique et le soutien de ‘Z’Ami de la santé’, nous sommes en train d’évacuer les blessés les plus graves de la zone de Léogâne pour les ramener dans le Nord de la capitale où nous disposons d’infrastructures médicales avec 2 blocs opératoires et d’autres équipes pour soigner ces patients. Avec la collaboration du maire, on organise le point de rassemblement tout près de l’hôpital Saint Ouen à la Mairie. Pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer, la Mairie va indiquer aux équipes de secours où se trouvent les patients les plus graves pour aller les chercher et les ramener vers le Nord de la capitale. Nous avons pu augmenter la capacité du bloc opératoire dans le département de la Tibonie, à Hinche dans les cars orthopédiques. A Cema, il y a aussi une autre équipe qui est arrivée. A Hinche on prépare un terrain et de la logistique pour accueillir des gens déplacés de Port-au-Prince et d’ailleurs. »
Joëlle Melun, responsable programme à ACTED. Elle précise que l’Agence d’aide à la coopération technique et au développement intervient sur plusieurs zones: à Port-au-Prince et Léogâne, à Jacmel puis à Saint Marc où rien qu’en une heure 10 000 personnes sont entrées en ville. D’après elle les flux de population sont très importants. L’ONG va organiser l’accueil des populations qui fuient la capitale haïtienne par milliers. A Saint Marc, ACTED dispose de quelques stocks de pastilles purificatrices pour l’eau. A Léogâne les équipes de l’ONG française ont procédé hier à une première distribution alimentaire pour 8000 personnes qui attendent de l’aide humanitaire depuis prés d’une semaine. Cette première opération sera suivie par d’autres distributions ce mercredi pour 30 000 sinistrés regroupés dans 6 camps ou qui vivent dehors dans les rues de Léogâne. Puis 150 000 dans les prochains jours. ACTED passe par des référents communautaires. Trois référents dans chaque groupe qui est constitué de 25 personnes. Ce qui doit permettre une distribution dans un calme relatif.
Hervé Désir, habitant de Cité Soleil pousse un cri d’alarme. Il raconte que les habitants de Carrefour sont logés dans la rue, que les habitants de la zone One 93 n’ont jamais reçu ni aide, ni secours depuis le début de ce tremblement. Qu’il y a des odeurs de cadavres et des personnes encore sous les débris. Il pense qu’il y a toujours des personnes vivantes sous les décombres. D’après lui, aucune aide n’est arrivée dans plusieurs collèges à Carrefour où des élèves sont bloqués sous le béton dans des classes pas entièrement détruites.
Dominique Sylvain, psychothérapeute et chanteuse sous le nom de Joyshanti revient sur le rôle de l’entraide de la population civile et de la foi en de tel circonstance.
La Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement, DINEPA, informe que la distribution de l’eau sur les sites est GRATUITE. Elle annonce qu’une station d’eau traitée est installée à la CAMEP à Port-au-Prince, sur la route de l’aéroport, à côté de la Brasserie Nationale.
Les infos pratiques de l’émission du 19 janvier
Aides et besoins humanitaires
- Docteur Antoine Fritz Pierre, originaire de Damien et membre de l’association « Pour Haïti », à Paris explique comment désinfecter une plaie ouverte, avec quel antiseptique, comment fabriquer un pansement ou une attelle. Pour plus de renseignements s’adresser au
« Comité urgence et soutiens pour Haïti »
Numéro Vert : 0800 04 24 84
- Florence Denis, directrice des opérations à Action contre la faim (ACF), précise que la priorité est d’abord la fourniture en eau potable et la mise en place des grandes stations de traitement d’eau ainsi que des grands réservoirs souples pour la distribution d’eau dans les centres de regroupement et campements. ACF veut mettre rapidement en place des cantines dans les camps où intervient l’ONG. En ce qui concerne l’hygiène, elle conseille à la population de laver les mains avec du savon ou de la cendre, de rassembler les ordures, de creuser des trous pour latrines ou pour mettre les excréments. Elle informe que la distribution de Javel et d’ » Aquatabs » (pastille pour purifier l’eau) ont commencé pour traiter l’eau. Il suffit moins d’une petite cuillère à café pour 25 litres d’eau pour que l’eau soit potable.
- Robert Zimmermann du CICR à Genève explique que le Comité international de la Croix Rouge est en train de mettre en place un service pour aider à la recherche des disparus. Une antenne devrait ouvrir à Port-au Prince au siège de la Croix Rouge haïtienne, Route de Despres, en fin de journée, ce mardi 19 janvier. Il existe aussi un site Internet qui permet aux personnes de s’enregistrer et de rétablir le lien à travers leurs propres moyens.
Site : ICRC.org/familylinks
- Le Colonel Brossard, de la Sécurité civile française du Centre opérationnel de gestion de crise appelle la population à transmettre tous renseignements éventuels sur des personnes qui pourraient se retrouver sous les décombres ou des détails sur la configuration d’un bâtiment à l’adresse suivante :
Ambassade de France
51, place des Héros de l’Indépendance
Tél. 22.22.09.51
- Amany Gretchko Prosper, membre de l’Ong « Z’Ami de la santé » à Anvers, en contact permanent avec les associations d’aide sur place.
« S’agissant des blessures, nous sommes en mesure d’aiguiller les patients en urgence pour les soins médicaux au niveau de la région Nord du Port-au-Prince. Ils peuvent se rendre au niveau de la scierie d’Haïti où il y a déjà l’hôpital israélien qui est en marche et fonctionnel ; ils peuvent se rendre au niveau de Croix blanche de la Croix des Bouquets où il y a une autre équipe qui a été installée. Pour la région Sud de Port-au-Prince, les patients peuvent se rendre à l’hôpital d’Argentine de Bikini 63 ; le Centre sportif de Carrefour, est déjà fonctionnel. En plus ces 4 grands points que nous venons de citer, il y a déjà des organisations sœurs qui travaillent en collaboration avec le ministère au même titre que le ministère de la Santé qui sont déjà opérationnels en terme de blocs chirurgicaux pour la capitale. ( …)Les victimes des blessures qui ne nécessitent pas l’intervention des grandes chirurgies qui ont pris la route vers le Nord de la capitale pour essayer de trouver les soins peuvent se rendre au Centre de Santé de OFATMA, l’hôpital de Petite Rivière, l’hôpital de Deschapelles où les patients sont pris en charge dans les 48 heures pour les Basatimony. ( …) Pour le bas de Plateau Central, il y a l’hôpital de Miniballet, Lacaoba, Belladere, Grange avec des équipes prêtes pour fournir des soins. »
La capacité d’accueil de ces hôpitaux :
« Il existe des stocks de médicaments et du matériel d’urgence du ministère de la Santé en attente de la période cyclonique pour 100 000 personnes. Grâce à l’absence du cyclone, nous utiliserons ce stock de matériel pour donner des soins aux personnes stables. »
Est-ce nécessaire de s’éloigner du Centre de Port-au-Prince à la recherche des structures hospitalières en zones périphériques ?
« Oui, là où nous travaillons avec le ministère de la Santé publique, nous donnons un soin intégré : la nourriture, le support psychologique accompagne le patient. Adresses supplémentaires spécialisées pour les soins psychologiques : Il y a trois points fixes de soins psychologiques : l’hôpital d’OFATMA, Miniballet et Lacaoba où exercent des psychologues et des personnes pour une prise en charge. »
Points fixes de distribution d’eau et de nourriture :
« A Delmas, il y a le CEPM (Centre d’éducation physique). On y distribue provisoirement des tentes, de l’eau, des habits, des soins sanitaires. »
Les infos pratiques de l’émission du 18 janvier
Témoignages
-Anne-Isabelle Bonifaci, habitante du quartier Route Frères à Port-au-Prince, témoigne sur les difficultés de la vie quotidienne.
« Il y a 3 compagnies : Haitel, Digicel et Voila. Voila a toujours marché. Digicel a été complètement hors service pendant 2 jours. Digicel remarche. Haitel aussi. Ils ont dit que les compagnies Téléphone seraient gratuites pour tout le monde. Il faut essayer vraiment beaucoup. Mais quand on essaie ça marche. »
Distribution de nourriture:
« Dans mon quartier, il n’y en n’a pas sinon au niveau de Delmas 65 ou 67, il y a un Market qui s’appelle Lola Market qui ouvre tous les jours de 11 heures à 4 heures. Je sais que quand j’y étais, ils demandaient plus de biscuits. J’imagine qu’il y avait plus de stock derrière. »
Distribution d’eau potable:
« J’ai vu un camion d’eau sur Delmas au niveau de Delmas 40. J’imagine qu’il va sûrement bouger pour donner de l’eau à d’autres personnes et il y avait beaucoup de monde. »
Structure médicale:
« L’hôpital de la Communauté haïtienne sur Route Frères, après le Market Huit à Huit qui est après le Jumbala. L’hôpital est bondé et a besoin d’antibiotiques, de médicaments, de pansements et de bénévoles. »
-Carel Pédré, journaliste à « Radio One », à Port-au-Prince, évoque l’insécurité dans la capitale et ses environs.
« On commence à voir des frustrations. Les criminels sont dans les rues en train de rançonner la population. On avait entendu des tirs au niveau de la Route des Frères de Jacquet et de Petionville. On ne savait pas si c’est la police qui répliquait aux bandits. On a appris aussi que la police, en essayant de mettre de l’ordre pour éviter les pillages, a tiré des coups de feu aussi au bas de la ville ce matin. Mais le problème, c’est que les gens sont là, sans abri, sans nourriture et sans eau et ils attendent de l’aide qui tarde à venir faute de coordination de la part de l’Etat haïtien ou des gens qui sont sur place. »
Aides et besoins humanitaires
-L’Organisation internationale pour les migrations mène, depuis ce lundi 18 janvier, une distribution alimentaire et non alimentaire, en coopération avec le PAM, le Programme alimentaire mondial. Des bâches de toile, des bâches en plastique, des jerricans, des réservoirs, du matériel de construction et des abris vont être distribués dans plusieurs endroits de Port-au-Prince. Déjà le 17 janvier, des distributions avaient eu lieu pour environ 4.000 personnes dans l’enceinte même où loge le Premier ministre sur la Place Boyer et à la Villa créole où un hôpital mobile a été implanté.
-Du côté de l’organisation Action contre la faim (ACF), c’est dans le quartier de Port-au-Prince, Canapé Vert, autour d’un grand rond-point où près de 9.000 personnes se sont groupées qu’il y a aujourd’hui des distributions d’eau potable. Deux points d’eau ont été installés à partir de 3 grands réservoirs souples. Ces réservoirs sont alimentés avec des camions citernes qui font la rotation. Chacun, apparemment, peut venir s’approvisionner. Il permet à ce jour une alimentation en eau potable de près de 9.000 personnes à hauteur de 5 litres d’eau par jour et par personne.
-Thierry Durand, directeur des opérations à Médecins sans Frontières à propos des structures médicales à Port-au-Prince.
« Au quartier Delmas, sur le parking de l’hôpital de la Trinité où on travaillait, l’hôpital traumatologique qui s’est effondré, on fait de l’accueil des blessés et de la chirurgie avec 2 blocs de fortune : un sous des bâches en plastique et un dans le conteneur. Donc on peut faire de la chirurgie pour les blessés mais on peut aussi faire de la chirurgie pour des urgences normales de la vie : césarienne, etc. On peut aussi faire de la chirurgie et de l’accueil des blessés à l’hôpital Choscal à la Cité Soleil où il y a un bloc opératoire qui fonctionne et aussi à Carrefour où on a une équipe chirurgicale et un bloc qui fonctionnent. »
Leôgane, ville oubliée...
« On a deux équipes, une équipe de médecins suisses qui va mettre en place une équipe de secours pour les blessés ainsi qu’une capacité chirurgicale. Leôgane est vraiment une ville martyre. On a essayé d’aller à Jacmel mais on n’a pas pu. La ville est coupée donc on essaie d’y aller en hélicoptère. Un hôpital gonflable est en train d’être monté. Il nous faut 36 à 48 heures. On a la moitié de l’hôpital qui est dans des camions, qui ne sont pas tout à fait arrivés à Port-au-Prince mais une première moitié est en train d’être montée. »
Suivi médical:
« MSF envisage prochainement la distribution de médicaments pour tous ceux qui ont des maladies chroniques, qui étaient sous traitement antirétroviral pour le sida, les diabétiques, asthmatiques, ce type de maladies chroniques et où les gens peuvent avoir des problèmes de continuer leur traitement. On va mettre en place dans les 10 jours ces unités spécifiques pour ces maladies.»
Roger Joseph, haïtien de la région parisienne, membre du Comité d’aide au développement de Gressier, localité située à l’ouest de Port-au-Prince.
« Le plus gros problème actuel en Haïti, c’est un problème d’eau et de médicaments, des antibiotiques, des pansements et aussi. On a besoin de purificateurs pour purifier l’eau et puis des sacs de couchage, des tentes, des toilettes ; il y a un problème sanitaire qui se pose en Haïti actuellement. Donc, on s’attend après 15 à 20 jours à des épidémies de diarrhée. »

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Commentaires (2)
je crois que ce que le
Je crois que ce que le président Wade a dit c'est la réalité par ce que l'Afrique c'est leur terre d origine. C'est maintenant qu'on va voir l émergence des africains.
Le grand père de ma fille,
Le grand père de ma fille, que je n'ai jamais eu l'occasion de rencontrer, est haïtien. Son fils est malheureusement décédé il y a 10 ans et je ne connais de lui que son nom : Lecen Michaud.
Comment pourrai-je savoir s'il n'a pas succombé a la catastrophe?
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