Tremblement de terre en Haïti / Etats-Unis - 
Article publié le : samedi 16 janvier 2010 - Dernière modification le : samedi 16 janvier 2010

Aide à Haïti : les Etats-Unis déploient de gros moyens

Les militaires américains ont pris le contrôle de l'aéroport de Port-au-Prince avec l'accord du gouvernement haïtien
Les militaires américains ont pris le contrôle de l'aéroport de Port-au-Prince avec l'accord du gouvernement haïtien
AFP PHOTO / THOMAS COEX

Par RFI

Les Etats-Unis se veulent la «tête de pont» de l'aide internationale aux sinistrés en Haïti. Alors que le Premier ministre haïtien a autorisé les Américains à prendre provisoirement le contrôle du principal aéroport international pour faciliter l’acheminement de l’aide, le USNS Comfort, l'un des deux navires hôpitaux de la Marine américaine, doit quitter le port de Baltimore (près de Washington) à destination de Port-au-Prince.

Notre dossier spécial

Barack Obama a promis au président Préval et aux Haïtiens de les soutenir, tant pour ce qui concerne l'aide d'urgence que pour la reconstruction. Il a également rappelé vendredi que les Etats-Unis avaient une responsabilité particulière à l'égard de Haïti et des Haïtiens, qui sont des «membres de nos familles et des amis». Une aide de 100 millions de dollars, pour commencer, doit être débloquée. De son côté, le département de la Sécurité intérieure a déclaré que l'asile temporaire serait accordé aux Haïtiens sans papiers qui sont présents sur le sol américain.

Ce samedi, alors que la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, et le nouveau responsable de l'USAID, Rajiv Shah, sont attendus à Port-au-Prince, Barack Obama recevra les anciens présidents Bill Clinton et George W. Bush, tous deux chargés de la coordination de l'aide américaine à Haïti.

Les militaires américains ont pris temporairement le contrôle de l’aéroport de Port-au-Prince avec l'autorisation du gouvernement haïtien. Il s'agit de le sécuriser et d'organiser un pont aérien qui devrait fonctionner 24h sur 24. Plusieurs centaines d’autres militaires, de l’armée de terre et des Marines, sont attendus pour venir prêter main forte à des Casques Bleus et à des forces de sécurité locales décimées et débordées. Au total, lundi prochain, ce sont près de 10 000 hommes qui seront sur zone.

Le USNS Comfort, l'un des deux navires hopitaux de la Marine Américaine, doit quitter le port de Baltimore, près de Washington,  à destination de Port-au-Prince. Long de plus de 300 mètres, doté de douze blocs opératoires et d'un hopital de 1.000 lits à pleine capacité, il devrait être sur place d'ici moins d'une semaine. Reportage.

Le USNS, navire-hôpital de la Marine américaine

Des files de camions qui s’allongent le long du quai, des palettes de matériel chargées à bord… Sur le port de Baltimore, hier après midi il fallait faire très vite. Le bateau devrait lever l’ancre dès aujourd’hui.

 

16/01/2010 par Donaig Le Du

Lire aussi la note de Donaig Le Du sur son blog, Times are changing
 

Cuba a exceptionnellement ouvert son espace aérien aux Etats-Unis pour évacuer les victimes du séisme.

Depuis la rupture des relations diplomatiques entre Washington et La Havane, en 1961, aucun avion américain n'était autorisé à entrer dans l'espace aérien cubain. Raul Castro vient de lever cette interdiction, temporairement et pour un motif bien précis : seuls les appareils chargés d'évacuer vers la Floride des victimes du tremblement de terre haïtien seront autorisés à survoler l'île communiste.

Depuis le séisme de mardi dernier, les Etats-Unis ont commencé à transférer vers leur base militaire de Guantanamo les personnes les plus gravement blessées. Car Guantanamo n'est pas qu'une prison de haute sécurité pour terroristes présumés, c'est aussi un hôpital d'urgence, utilisé en cas de catastrophe naturelle.

Le feu vert cubain va permettre de réduire de 90 minutes le vol entre la base américaine, située à Cuba, et Miami, en Floride. Cette coopération exceptionnelle entre les deux pays ouvre la voie à la mise en place d'un pont aérien médical entre Haïti et les Etats-Unis, via Guantanamo.

D'un accord, très limité, sur l'espace aérien, à la levée de l'embargo américain sur Cuba, il y a encore un océan. Mais cette initiative contribue à la diplomatie des «petits pas» initiée par Barack Obama depuis son arrivée à la Maison Blanche.
 

tags: Etats-Unis - Haïti - Tremblement de terre en Haïti

Commentaires (4)

RFI: modération, problème technique ou censure ?

le modérateur de RFI pratiquerait-il la censure ? J'ai soumis deux commentaires à propos de cet article le 16/01/2010. Pourtant ils n'apparaissent nulle part alors qu'un nouveau commentaire de la même personne (Donaig Le Du) vient à nouveau d'être publié aujourd'hui. S'il s'agit d'un problème technique, je suis sûr que vous aurez le souci de très vite le résoudre. Dans le cas contraire, c'est tout-à-fait déplorable.
P.S.: quelle est l'utilité de donner l'opportunité aux lecteurs de RFI de commenter les articles si la modération perdure pendant plusieurs jours ? Le fait que mes commentaires nuancent ceux de l'article et du premier intervenant ayant réagi à l'article sont-ils la cause de tant de frilosité de la part du modérateur ? J'espère que non ...

Pas de censure, mais des priorités

Je vous rassure, cher monsieur Leclerc, notre modérateur n'a pas censuré votre commentaire en raison de son contenu, il n'a tout simplement pas eu le temps de le valider. En effet, depuis la semaine dernière tous les efforts de notre équipe portent sur les messages personnels qui nous parviennent de la part des victimes du séisme et surtout de leurs familles. Nous traitons ces messages et tentons de les faire parvenir aux autorités compétentes, nous les relayons sur nos antennes. J'espère que vous voudrez bien pardonner le retard pris par ailleurs sur la gestion des commentaires. Retard que nous tentons de combler comme vous pouvez le constater.
V.Roux, rédacteur en chef.

un tel déploiement n'est-il

un tel déploiement n'est-il pas le signe d'un enjeu politique fort qui prend le pas sur l'enjeu humanitaire ? C'est l'explication donnée par Philippe Ryfman, Professeur associé à Paris-Sorbonne, spécialiste des ONG, à écouter sur France Culture (environ 7 minutes) dans l'émission consacrée à Haïti "Les enjeux internationaux": http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/enjeux_int....

profitant de ce commentaire,

profitant de ce commentaire, je complète et précise: ce n'est pas la première fois que Cuba ouvre son espace aérien aux Etats-Unis, ils l'avaient déjà fait au moment des attentats du 11 septembre où tous les vols américains avaient été autorisés à survoler le territoire cubain et à s'y poser en cas de besoin. La réaction de la Maison Blanche, avec un autre président en place, avait alors été de ne pas y avoir recours. L'analyse qui est faite autour de cet évènement, en particulier par une certaine presse américaine, est effectivement politique alors que ce geste de Cuba est avant tout humanitaire. D'ailleurs et bien qu'aucun média ne le mentionne, Cuba apporte une assistance médicale à Haïti depuis des années puisque des équipes médicales y sont présentes et ont commencé très rapidement à prendre en charge et opérer les victimes du tremblement de terre (voir notamment: http://translate.google.com/translate?u=http://havanajournal.com/&langpa...). D'autre part, Cuba forme sur son sol des citoyens haïtiens qui suivent des études de médecine (http://www.medicc.org/ns/index.php?p=4&s=33). Il est assez surprenant de voir certains médias français souligner les contributions à l'assistance humanitaire de certains pays européens même éloignés géographiquement et culturellement de Haïti alors que Cuba n'a jamais été mentionné et pourtant si proche de Haïti à différents points de vue.
Rappelons enfin que Barack Obama, malgré ses mérites mais dans la plus grande tradition des présidents américains, a finalement cédé devant le lobby cubano-américain de la Floride et les représentants républicains et abandonné l'idée même d'envisager de lever l'embargo américain sur Cuba. Mais peu importe, diraient les cubains, car cela ne les a pas ému plus que nécessaire car ils n'ont jamais eu d'expectatives particulières même si Fidel Castro a eu des propos plutôt éloquents vis-à-vis de Barack Obama (félicité pour son élection à la Maison Blanche) avant ces épisodes et notamment celui de Copenhague.
N.B.: il est peu élogieux pour la France de demander seulement maintenant l'annulation de la dette de Haïti vis-à-vis des pays riches surtout eu égard aux liens qui unissent ces 2 pays.

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