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    Ali Agca, un «Christ» qui voulait tuer le pape

    media Mehmet Ali Agca après sa sortie de prison lundi 18 janvier 2010, à Ankara. Reuters / Osman Orsal

    Poing levé, Mehmet Ali Agca a quitté la prison de haute sécurité de Sincan près de la capitale turque Ankara. Il a passé une trentaine d’années derrière les barreaux, notamment pour sa tentative d’assassinat du pape Jean-Paul II en 1981.

    Mystère. C’est bien le mot qui résume le mieux l’atmosphère qui entoure Mehmet Ali Agca. Les raisons de son attaque contre Jean-Paul II, les éventuels commanditaires de ce geste, ses sorties délirantes dont on ne sait pas trop si elles reflètent de graves problèmes de santé mentale ou si elles sont minutieusement mises en scène… Que des mystères.

     
    Au moment de l’attentat contre le chef de l’Eglise catholique, Ali Agca n’en est pas à ses débuts dans le domaine du crime. Deux ans plus tôt, arrêté par la police turque, il revendique le meurtre du rédacteur en chef du quotidien de centre-gauche Milliyet, Abdi Ipekçi. Il est à l’époque militant de l’organisation de jeunesse du parti nationaliste MHP. Déjà lors de ses études en sciences économiques, il commence à fréquenter les milieux de l’extrême-droite nationaliste, notamment l’organisation extrémiste « Les loups gris ». Fin 1979, il réussit à s’évader de prison déguisé en militaire. Il parvient aussi à quitter la Turquie. Le meurtre d’Abdi Ipekçi lui coûte la peine de mort mais, prononcée par contumace et finalement commuée en dix ans de prison, elle n’a jamais été mise à exécution.

    Une proie idéale

    Beaucoup trop de coups de chance troublants en faveur de ce garçon d’une famille pauvre de Malatya (600 km d’Ankara) pour croire sans réserve qu’il n’avait pas bénéficié de différents coups de main discrets. Il est vrai qu’un repris de justice en fuite, condamné à mort, très radical politiquement, ayant déjà tué et se trouvant en grand besoin d’aide et de couverture, constitue une proie idéale pour les mafias ou pour les services secrets ayant besoin, eux, d’exécutants de leurs projets d’élimination physique des adversaires.

    Après son évasion, il déclare à plusieurs reprises à la presse que son seul objectif est de « tuer le croisé Jean Paul II ». S’agissait-il d’une haine personnelle ou était-il manipulé et instrumentalisé par quelqu’un d’autre ? Si oui, par qui ? Il est évident qu’au début des années 1980 les autorités communistes du bloc soviétique avaient intérêt à voir le pape polonais disparaître. L’accession de Karol Wojtyla au trône papal a suscité de tels espoirs et ambitions nationales et politiques en Pologne que le Kremlin devait prendre sérieusement en compte le risque de voir le pouvoir communiste local purement et simplement balayé par la vague qui a pris le nom de « Solidarnosc ».

    Un exécutant très convenable

    De là à une contagion se propageant dans tout le camp soviétique, il n’y avait qu’un pas. Il ne faut pas oublier qu’au moment de l’attentat place Saint-Pierre, le pouvoir communiste en Pologne vacillait vraiment. Peu avant, les Soviétiques avaient massé un grand nombre de troupes à la frontière polonaise et leur intervention directe n’a été évitée, semble-t-il, que grâce à une rapide et très ferme réaction diplomatique des Américains. Peu après l’attentat, en juin 1981, le Comité central du parti communiste de l’URSS adressait une lettre solennelle à son homologue polonais, l’appelant d’une manière à peine voilée à écraser Solidarnosc par la force. C’est dire le degré d’inquiétude et de frustration qui s’étaient installées à Moscou. L’hypothèse d’un calcul politique du Kremlin visant à faire disparaître l’un des principaux piliers moraux et psychologiques du mouvement de contestation pour briser le mouvement lui-même semble, dans ce contexte, tout à fait plausible.

    Ali Agca aurait pu être considéré comme l’exécutant très convenable d’un tel plan, car il serait extrêmement difficile d’associer ce personnage étrange à un quelconque service secret professionnel, notamment celui du camp soviétique. En revanche, il serait très facile de semer des doutes et de favoriser l’hypothèse d’un acte isolé en exposant son côté extrémiste, radical, voire illuminé et psychologiquement instable. Ceci dit, malgré ce faisceau de fortes suspicions justifiées par les circonstances de l’époque, aucune preuve tangible d’une implication du KGB ou d’un autre service spécial du camp soviétique n’a pu être établie. Bien sûr, on peut toujours affirmer qu’aucun service secret ne tient à laisser de traces d’une telle opération, donc l’absence de preuves n’est qu’à moitié convaincante. Cependant, les faits sont là : il n’y a pas de preuves.

    Où est la vérité ?

    Est-ce que Mehmet Ali Agca dévoilera jamais la vérité ? Rien n’est moins sûr. Il n’est même pas sûr qu’il l’ait dite à Jean-Paul II quand celui-ci lui a rendu visite en prison, pour l’excuser ensuite de son acte. Et puis, même si l’opération avait été orchestrée par Moscou, ce ne serait certainement pas Léonid Brejnev qui lui en aurait parlé. Les contacts seraient, dans ce cas de figure, suffisamment bien masqués pour que l’exécutant puisse s’en rendre compte le moins possible. Ainsi, 29 ans après les faits, toutes les hypothèses restent ouvertes : celle d’un acte de guerre soviétique, comme celle d’une opération mafieuse, comme également celle d’un acte fou d’un homme non moins fou.

    Mais est-ce qu’Ali Agca souffre vraiment de folie ? Pas sûr non plus. Les accès les plus spectaculaires de celle-ci semblent l’envahir aux moments particulièrement opportuns. Comme maintenant, quand il se proclame le « second Messie », annonce « la fin du monde » et signe son communiqué « Le Christ éternel, Mehmet Ali Agca ». Communiqué qui est distribué le plus sérieusement du monde par son avocat, alors qu’à sa sortie de prison son client est menacé d’être enrôlé dans l’armée au titre d’un service militaire non effectué. Quelle armée au monde n’hésiterait pas avant d’accueillir une recrue qui se proclame Christ éternel ? Pas étonnant donc de voir la commission médicale le juger inapte à servir dans l’armée le jour même de sa libération. La folie d’Ali Agca peut donc être aussi bien authentique que savamment calculée. Comme toujours avec lui, mystère, mystère, et encore une fois mystère…

     

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