Dernières infos
Egypte - 
Article publié le : mardi 19 janvier 2010 - Dernière modification le : mercredi 20 janvier 2010

Le repli conservateur des Frères musulmans

Mohammed Badie, le nouveau chef du principal mouvement d'opposition égyptien des Frères musulmans, lors d'une conférence de presse, le 16 janvier 2010, au Caire.
Mohammed Badie, le nouveau chef du principal mouvement d'opposition égyptien des Frères musulmans, lors d'une conférence de presse, le 16 janvier 2010, au Caire.
AFP

Par Nicolas Falez

En élisant Mohammed Badie à sa tête, la confrérie islamiste égyptienne semble amorcer un retour aux fondamentaux religieux, privilégiant les questions de société sur le combat politique. Première force d’opposition en Egypte, l’organisation des Frères musulmans est sévèrement réprimée. Aux législatives de 2010, elle devrait de nouveau présenter ses candidats sous l’étiquette « indépendants ».

 

Depuis plusieurs semaines, son nom circulait, mais désormais c'est officiel : Mohammed Badie est le nouveau guide suprême des Frères musulmans égyptiens. Ce vétérinaire de 66 ans, né dans le Delta du Nil, a connu la prison dans les années 1960, comme tant d’autres membres de la confrérie. En effet, l’organisation est officiellement interdite en Egypte. Pourtant, les Frères musulmans constituent la première force d'opposition du pays, avec 20% des sièges à l'Assemblée, après s'être présentés comme candidats « indépendants » aux législatives de 2005.

 

Sophie Pommier, auteur de «L’Egypte, l’envers du décor»
 
19/01/2010
par Nicolas Falez
 
 

A l’approche du récent scrutin interne, deux tendances s'affrontaient au sein du mouvement : celle qui plaide pour l'intégration au jeu politique et celle, plus conservatrice, qui souhaite se concentrer sur les questions de société. C'est cette dernière qui l'a emporté mais au passage, la confrérie est apparue plus déchirée que jamais. Des divisions que Essam Al-Arian, membre de la nouvelle direction, s'efforce toutefois de minimiser, les présentant comme le signe d'une ardeur démocratique : « Il ne s'agit pas de divergences de points de vue [...] C'est un moment historique, une évolution sérieuse : les Frères ont démontré en interne qu'ils se pliaient aux règles du jeu démocratique ». 

Arrestations
 

Sophie Pommier : les obstacles institutionnels qui visent les Frères Musulmans.
 
19/01/2010
par Nicolas Falez
 
 

Pour de nombreux observateurs, ce changement de ligne est lié aux turbulences que la confrérie a traversées depuis sa percée électorale aux législatives de 2005. A commencer par les milliers d’arrestations dans les rangs du mouvement islamistes. Par ailleurs, « les Frères musulmans se sont retrouvés un peu piégés, explique Sophie Pommier, consultante spécialiste du Proche et du Moyen-Orient et chargée de cours à Sciences-Po, il y a bien eu 88 Frères élus au Parlement… mais ils ont surtout servi [au pouvoir] à faire peur et à brandir la menace d’une alternance qui ne pourrait être qu’islamiste. Mais au Parlement, ils n’ont rien pu faire, ils n’avaient pas les capacités pour agir ». Conséquence : le recul de la « jeune garde » des Frères musulmans qui plaidait pour une normalisation progressive de l’organisation, en rêvant d’imposer au pouvoir la reconnaissance de la confrérie. 
 

Essam Al-Arian, membre de la direction des Frères musulmans.
 
19/01/2010
par Ludovic Gonty
 
 

C'est donc une confrérie éprouvée qui présentera de nouveau des candidats aux législatives de l'automne prochain en Egypte. « Il n’y a pas de force politique en Egypte qui ait autant d’avenir que les Frères musulmans, assure Essan Al-Arian, membre de la nouvelle direction du mouvement islamiste, nous avons tout pour réussir. Le problème, c’est l’étranglement que nous inflige le régime et l’interdiction qu’il fait peser sur nos activités, et le refus international - sioniste, américain, européen - de l’existence d’une force islamiste issue de la volonté populaire via les urnes ». Un discours qui se heurte toutefois aux obstacles constitutionnels que le pouvoir égyptien a soigneusement semés sur le chemin qui sépare les Frères musulmans d’une éventuelle conquête du pouvoir. Ainsi, depuis 2007, il est interdit de fonder un parti sur une base religieuse. Des amendements constitutionnels compliquent également la désignation d’un candidat pour l’élection présidentielle. Or, le scrutin de 2011, celui de la succession d’Hosni Moubarak est déjà dans tous les esprits en Egypte.
 
 
Le portrait de Mohammed Badie

 

tags: Egypte
Fiche Pays :
Sur le même sujet :
Commentaires (2)

Personnellement je suis

Personnellement je suis contre tout parti politique qui met à son profit la religion au cours des élections, et il faut interdire ce genre de parti tout simplement par un article juridique dans tous les pays sans faire recours en premier lieu à la répression ni à l'emprisonnement, et toute personne qui ne respecte pas la loi il faut le traiter selon la loi en vigueur.
Je ne sais pas pourquoi certains pays créent des problèmes pour eux sans en rendre compte, alors que tout est simple.

......

Tout n'est pas si simple au pays de l'hypocrisie et de la traitrise (H.Moubarak)! Il faut bien comprendre la situation locale et de la région avant de conclure des bêtises! Le parti des frères musulmans est la seule opposition sérieuse face au régime esclave et usurpateur de Moubarak.... L'Égypte n'est pas la France, alors il faut arrêter de tenir un discours athée et laïc sur cette affaire! Au contraire , il faut que l'occident arrête de donner des leçons de morale aux autres pays!!!!PEACE

Réagissez à cet article
Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
To prevent automated spam submissions leave this field empty.
CAPTCHA
Cette question sert à vérifier que vous n’êtes pas un robot afin de prévenir le spam automatique.
Image CAPTCHA
Saisissez les caractères (sans espaces) indiqués dans l'image.
Fermer