La politique migratoire de la Grèce

Qui peut être Grec ? Le débat oppose les partis politiques alors que le gouvernement s’apprête à assouplir la loi vis-à-vis des immigrés. Véritable rupture opérée par la gauche arrivée au pouvoir en octobre dernier, la nouvelle loi saluée par le Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés, est décriée par la droite, et l’extrême droite prédit une « invasion » du pays.
« Ce projet de loi constitue une rupture », se réjouit le président de la ligue locale des droits de l’homme, Dimitris Christopoulos. De fait, vingt ans après avoir massivement ouvert ses frontières, la Grèce s’apprête à accorder la nationalité grecque aux immigrés de deuxième génération.
Cela concerne 130 000 jeunes, les enfants des 750 000 immigrés installés en Grèce de façon plus ou moins légale. Fondée sur le droit du sang, la législation autorisait jusqu’à présent les étrangers légalement en Grèce depuis dix ans à pouvoir devenir grecs. Mais la procédure était longue et incertaine, et surtout, à leur majorité, les enfants étaient soumis à la règle du permis de séjour, comme s’ils étaient arrivés la veille dans le pays. Depuis des années, les associations se battaient contre cette menace permanente d’expulsion des jeunes qui avaient grandi en Grèce.
Surtout des Albanais
La loi prévoit aussi d’assouplir les règles de naturalisation, et de permettre aux immigrés régularisés de voter aux élections locales tout en leur octroyant une éligibilité limitée. Un réel espoir d’intégration pour le million d’immigrés que compte aujourd’hui la Grèce, soit 10% de la population.
Principalement arrivés avec l’ouverture des anciens pays du groupe communiste, dès 1989, puis dans les années 1990 avec les guerres balkaniques, ces immigrés proviennent essentiellement des Balkans, et pour moitié de l’Albanie voisine. A l’instar de l’Irlande, de l’Italie, de l’Espagne ou du Portugal, la Grèce à son tour est devenue depuis lors une terre d’accueil après avoir été terre d’émigration. Mais les naturalisations restaient exceptionnelles, visant de préférence les personnes d’origine grecque ou de confession chrétienne orthodoxe, la religion dominante du pays.
La loi du sang
En Grèce, c’est la loi du sang qui s’applique. Cette nouvelle législation fait donc voler en éclat la tradition qui empêchait une personne sans une goutte de sang grec de devenir grecque parmi les Grecs. Et ce n’est pas du goût de tout le monde. La droite monte au créneau, dénonçant cette loi qui, selon elle, donnera à penser aux potentiels immigrés qu’il suffit de mettre un pied en Grèce pour en adopter la nationalité, ce qui risque d’augmenter l’immigration illégale selon le chef de la Nouvelle démocratie, le principal parti d’opposition conservateur. De son coté, l’extrême droite qui a quinze députés au parlement, parle carrément d’ « invasion ».
En 2009, plus de 10 000 migrants clandestins ont été arrêtés en mer Egée et 30% des flux migratoires vers l’Europe passent par la Grèce, selon les autorités grecques. Le Haut commissaire de l’ONU pour les réfugiés, Antonio Guterres, appelle donc les Européens « à comprendre les efforts de la Grèce soumise à de fortes poussées migratoires et à être solidaires ». Jusqu’à présent, très critique sur le traitement réservé aux immigrés en Grèce, il a salué la nouvelle loi disant qu’elle allait « contribuer à la coexistence sociale ». Selon un sondage, 53% des Grecs sont favorables au projet de loi.

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Commentaires (2)
dites aux grecs
dites aux grecs que nous sommes au 21e siècle, donc ils doivent ouvrir leur yeux.
ce pays très antique est l'un des derniers de l'union suite a son conservatisme .
seuls l'union et le métissage des peuples et des cultures font que le monde peut bouger.
regardez la France l'Angleterre l'Allemagne; j'en passe....
Quel est précisément le
Quel est précisément le contenu de la loi? L'auteur de l'article ne nous dis pas l'essentiel.
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