Honduras - 
Article publié le : mercredi 27 janvier 2010 à 16:52 - Dernière modification le : jeudi 28 janvier 2010 à 06:51

Investiture du nouveau président du Honduras

Porfirio Lobo, nouveau président du Honduras, investi le 27 janvier 2009.
Porfirio Lobo, nouveau président du Honduras, investi le 27 janvier 2009.
Reuters/Oswaldo Rivas

Par RFI

Au Honduras, le nouveau président Porfirio Lobo a prêté serment mercredi 27 janvier 2010. Cette investiture devrait permettre de tourner la page du coup d'Etat de juin 2009. L'élection de Porfirio Lobo au mois de novembre 2009 n'avait alors pas permis immédiatement de résoudre la crise qui secoue le pays depuis le coup d'Etat. Les militaires et les auteurs intellectuels du coup d’Etat sortent indemnes de cette crise tout comme le président déchu Manuel Zelaya.

Avec notre correspondant à Mexico, Patrice Gouy

Comme il s’y était engagé, Porfirio Lobo, dès qu’il a été investi dans ses fonctions présidentielles, est allé chercher Manuel Zelaya à l’ambassade du Brésil où il s’était réfugié il y a quatre mois. Une caravane de 20 véhicules, dans lesquels se trouvaient plusieurs présidents d’Amérique centrale et des Caraïbes, l’a accompagné jusqu’à l’aéroport. Manuel Zelaya, qui a bénéficié de l’amnistie votée par le Congrès, quitte le pays avec le statut de diplomate, invité en République dominicaine. L’ancien président qui se considère comme un persécuté politique devrait demander dans les jours prochains l’asile politique au Mexique.

Afin de s’assurer qu’il ne reviendra pas au Honduras dans les prochains mois, la justice du Honduras a ouvert contre lui plusieurs enquêtes pour de possibles délits financiers. Cette crise politique qui a montré la faiblesse de l’Organisation des Etats américains et la politique toujours pragmatique des Etats-Unis en Amérique centrale, semble enfin terminée.

Porfirio Lobo a promis d’engager un processus de réconciliation nationale pour surmonter la division qu’a provoqué le coup d’Etat.

Portrait du nouveau président du Honduras

Le Honduras espère tourner la page de la crise politique après l'investiture ce mercredi 27 janvier 2010 du nouveau président Porfirio Lobo. Il a promis de réconcilier le pays, divisé depuis le coup d'Etat du 28 juin 2008.

Elu comme candidat conservateur, Porfirio Lobo était pourtant plutôt classé « gauchiste » dans sa jeunesse, marquée par un passage à l'unversité Patrice Lumumba de Moscou à l'époque soviétique. Il aime à se présenter comme un vendeur de maïs et de haricots. Et pourtant, il fait partie de la caste des grands propriétaires terriens de l'Olancho, dans le centre du pays. Comme son prédécesseur Manuel Zelaya d'ailleurs, face à qui il avait perdu en 2005.

A l'époque, celui que tout le monde au Honduras appelle « Pepe » Lobo, ceinture noire de karaté, avait joué les gros bras contre l'insécurité galopante, en promettant la peine de morts à tous les criminels et notamment aux maras, gangs particulièrement actifs en Amérique centrale.

Cette année, il a privilégié la « réconciliation », dans un pays coupé en deux depuis le coup d'Etat du 28 juin 2009, bien qu'il n'ait rien fait pour s'opposer au putsch contre Manuel Zelaya. Le départ négocié du président déchu vers la République dominicaine est un geste d'apaisement de la part du nouveau chef de l'Etat.

A peine investi, Pepe Lobo va maintenant devoir s'efforcer de réintégrer le Honduras dans le concert des nations et de rouvrir le robinet de l'aide étrangère, suspendue depuis le putsch. L'économie locale est au bord de l'asphyxie, dans un pays qui compte parmi les plus pauvres du continent américain.

 

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