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Conflit irakien: Tony Blair ne regrette rien
Le spectre de la guerre en Irak n’arrête pas de hanter Tony Blair, Premier ministre britannique à l’époque du déclenchement des hostilités. Il comparaissait vendredi 29 janvier devant une commission d’enquête pour s’expliquer sur le fond et sur la forme des décisions prises en la matière.
Avec notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix
Durant plus de six heures, Tony Blair aura inlassablement justifié chacune de ses décisions. Pourquoi s’être lancé dans une guerre impopulaire en Irak ? Parce que dans le monde de l’après 11-Septembre, on ne pouvait, selon lui, « prendre le moindre risque ».
A-t-il alors conclu un pacte secret dès avril 2002 avec George Bush pour intervenir militairement ? Non, le seul engagement qu’il ait pris, et très ouvertement, était qu'il fallait s'occuper de Saddam Hussein. Et Tony Blair d’insister : « Il s'agissait d'un régime écœurant et nous ne pouvions le laisser développer des armes de destruction massive », « Si cela signifiait un changement de régime, qu'il en soit ainsi. »
Seule concession finalement, l’ancien Premier ministre a reconnu que l’après-guerre avait été mal anticipé. Les planificateurs pensaient, selon lui, que les principaux problèmes après le conflit porteraient sur les besoins humanitaires et la défense des champs pétrolifères. Or les militaires ont été confrontés à la ruine des infrastructures et à une insurrection sanglante, soutenue par al-Qaïda et Téhéran. L’Iran, qui, a-t-il prévenu, serait le prochain pays à surveiller car il pose même une menace plus grande que l’Irak en 2003.
Face à un tel avertissement, la seule consolation de bien des Britanniques a dû être à ce moment-là de savoir que Tony Blair ne serait plus jamais Premier ministre.
Tony Blair : une lucrative reconversion |
Par Patrick Adam Auditionné devant la Commission d’enquête sur l’Irak, Tony Blair s’est retrouvé pour quelques heures sous les feux de l’actualité. Depuis son départ du 10 Downing Street en juin 2007, l’ancien Premier ministre britannique mène une vie de consultant de luxe qui facture très cher ses services.
L’entrée en guerre de son pays contre l’Irak lui a sans doute coûté la présidence du Conseil européen, au moins en partie. Pour autant, l’ex-Premier ministre britannique n’est pas au chômage, loin s’en faut. Ses dix ans passés à la tête de la Grande-Bretagne sont d’ailleurs la meilleure des cartes de visite et constituent un acquis que Tony Blair monnaye au prix fort. Des chiffres invérifiables Plus largement, la presse britannique s’émeut des rémunérations de son ancien chef de gouvernement. Les chiffres circulent, invérifiables, car Tony Blair a justement mis sur pied un montage de sociétés-écran qui, si elles ne lui servent pas à frauder le fisc, lui garantissent en revanche une certaine discrétion. On sait qu’une avance confortable lui a été versée par Random House pour la publication à venir de ses mémoires. Il est question de cinq millions d’euros. Mais c’est comme consultant que Tony Blair empoche ses plus gros chèques. Il est d’abord conseiller à temps partiel de la banque américaine JP Morgan, avec un salaire qui se compte en millions. Il est aussi conseiller pour l’assureur suisse Zurich Financial Services, chargé des relations internationales et des questions environnementales. Un cher carnet d’adresse Récemment, la presse britannique annonçait que Tony Blair était en négociation avec le groupe de luxe LVMH dirigé par son ami Bernard Arnault. Là encore, au-delà des titres officiels, il s’agira pour l’ancien Premier ministre de mettre à la disposition de son employeur un carnet d’adresses particulièrement fourni après dix années au pouvoir. Formulé autrement, Blair sera là pour ouvrir des portes, aider à la conquête de nouveaux marchés. Mais ce n’est pas tout, et les activités de Tony Blair ont parfois un petit air de conflit d’intérêts. Comme quand l’ancien Premier ministre conseille un fonds d’investissement du Koweit et un autre d’Abou Dhabi, alors qu’il conserve une activité diplomatique en tant qu’envoyé spécial du quartette au Moyen-Orient. Du bénévolat, parfois A sa décharge, l’ex-Premier britannique a fondé la Tony Blair Faith Foundation qui milite pour le dialogue entre les religions, et la Tony Blair Africa Governance Initiative qui travaille pour une bonne gouvernance en Afrique. Enfin, il offre parfois ses services, c’est le cas, au profit des gouvernements du Rwanda et du Sierra Leone. |

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