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Kabiné Komara : « J'ai la conscience tranquille »

Il fut le Premier ministre guinéen du gouvernement de transition durant un peu plus d'un an avant de passer la main mardi 26 janvier 2010 à Jean-Marie Doré... Kabiné Komara, Premier ministre effacé, tire aujourd'hui le bilan de son action. Malgré le massacre du stade à Conakry en septembre dernier, Kabiné Komara qui n'a manifestement pas pu influencer la junte de Dadis Camara dit dans un entretien avec RFI, « avoir la conscience tranquille ».
RFI : En arrivant au poste de Premier ministre le 31 décembre 2008, vous disiez « J’adhère profondément aux idéaux de la junte ». Est-ce toujours le cas aujourd’hui ?
Kabiné Komara : Bien sûr que ce que le CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement) avait comme idéal en décembre 2008 avait mobilisé toutes les populations guinéennes et avait suscité même à travers le monde un très fort courant de sympathie. Donc aujourd’hui, si ces idéaux sont répétés et réécrits et suivis je vous l’assure qu’il y aurait plein d’adeptes pour y adhérer.
RFI : Mais n’avez-vous pas le sentiment qu’en un an, ces idéaux ont été dévoyés ?
KK : Il y a les idéaux, il y a la pratique. A la pratique, l’homme change. Quand il est apparu que les délais des élections commençaient à être décalés, naturellement les uns et les autres ont commencé à se poser des questions. Et c’est là que chacun de nous, de la manière qu’il a pu, a mobilisé la communauté internationale pour qu’elle vienne intervenir de façon à ce que la trajectoire soit remise sur les rails.
RFI : Vous disiez tout à l’heure « L’homme change ». Est-ce que ça signifie que vous avez vu Moussa Dadis Camara changer en un an ?
KK : J’ai beaucoup vu, surtout beaucoup de gens autour de lui changer, certains de l’entourage du président et du système ont dû penser que la parole donnée devrait être amendée.
RFI : Lorsque vous avez compris que Moussa Dadis Camara changeait d’optique sur sa candidature à l’élection présidentielle, lui en avez-vous parlé, avez-vous tenté de le mettre en garde ?
KK : Je dois vous dire que le président ne m’a jamais dit « monsieur le Premier ministre, je veux être candidat ». Jamais. Chaque fois que nous discutions, c’était dans l’optique de continuer le processus pour que des élections libres et démocratiques soient tenues, conformément à l’engagement initial. Mais dans les prises des positions des uns et des autres, on voyait qu’il y avait une certaine tendance au changement. Mais le président n’a jamais eu le courage de me dire « monsieur le Premier ministre, je veux être candidat ».
RFI : Et vous n’avez jamais eu le courage de le mettre en garde contre les dangers d’une telle mesure ?
KK : Mais si que j’ai utilisé les moyens que je pouvais pour réconcilier et rapprocher les uns et les autres, attirer leur attention sur les risques qui pourraient courir sur le pays si telle ou telle attitude était engagée. Je ne dirais jamais, et ce serait faux de dire que j’avais le moyen d’influencer le président Dadis Camara. Chacun a son caractère et son tempérament.
RFI : Mais est-ce que ce n’est pas un peu facile de dire toujours que ce sont les entourages qui sont responsables, que les vrais décideurs ne sont jamais responsables ?
KK : Je vous laisse juge de cette phrase mais ce que je sais, c’est que quand on est soumis à un faisceau de pressions et de louanges dans un certain contexte, on peut faiblir.
RFI : Et quel est cet entourage. Est-ce qu’il a un nom ? Qui sont ces gens qui ont tenté de le manipuler, selon les mots que vous employez ?
KK : Notre pays est encore fragile et je me suis toujours engagé à réconcilier les uns et les autres. Donnons la chance aux uns et aux autres de continuer encore à reconstruire positivement la Guinée.
RFI : Pourquoi n’avez-vous pas démissionné au lendemain du massacre du 28 septembre ?
KK : Ma démission, à l’époque, aurait précipité le chaos. Je le dis avec conviction.
RFI : Mais quand même, est-ce qu’il n’y a pas des moments dans la vie d’un homme, d’un responsable politique, où les principes moraux doivent l’emporter sur les autres considérations ?
KK : Je vous laisse juge de cela, mais je suis très heureux au contraire qu’aujourd’hui, même ceux qui me poussaient à démissionner, y compris au sein de la communauté internationale, aient reconnu aujourd’hui la justesse et le courage de la décision que j’ai pris à ce moment-là.
RFI : Qui a reconnu cela ?
KK : J’ai reçu une lettre de félicitations de la CEDAO (Communauté économique des
Etats de l'Afrique de l'Ouest) au nom de la communauté internationale. J’ai reçu la semaine dernière quatre déclarations conjointes individuelles, du représentant des Nations unies, du ministre nigérien des Affaires étrangères, du médiateur, de la CEDAO et d’autres, pour m’encourager, me féliciter et me remercier d’avoir pris ce risque de rester assermenté à un moment particulièrement palpitant et dangereux. J’ai, du peu que j’ai pu, essayé de sauver l’essentiel. Croyez-moi, tout ne peut pas être dit. J'ai la conscience tranquille. Ce n’est pas un motif de fierté, mais c’est quelque part une raison pour moi d’être tranquille avec ma conscience.

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Commentaires (6)
Incroyable Mais vrai!!!!!
Il est incroyable de dire que "Dadis and Komara" ont sauvé la Guinée....Il est impossible de réveiller quelqu'un qui fait semblant de dormir.....
Apres le 28 Septembre 2009, tous les civils qui sont restes au gouvernement sont complices. Moralement ils sont responsables des actes du CNDD. Qu'est ce qui pouvait les motiver a rester sinon pour leur intérêts personnels.....
Mon conseil a Komara et son gouvernement qui sont restes : partez (la tête basse) et surtout ne faite pas de bruit. Il faut que l'on oublie vite la période que vous avez passe au pouvoir. Monsieur Komara: il n'y a rien de "fier" dans votre bilan et celui de votre équipe, ni Dadis et du ni le CNDD,
chacun à sa part de
Chacun a sa part de responsabilité dans le massacre du 28 septembre.
Il ne s'agit pas de se cacher derrière des sites et continuer à exprimer un fausse rage. Moi je reconnais que DADIS et KOMARA ont sauvé la Guinée d'une guerre civile. Il ne faut pas l'autre.
Pour les dirigeants les dirigés, les opposant etc... chacun est coupable.
Incroyable Komara
Comment Komara peut-il se déclaré tranquille, alors qu'il à assisté sans mot dire à toutes les dérives du régime en place à Conakry dont il faisait partie ?
Mr Komara doit répondre de sa responsabilité passive sur les évènements du 28 septembre devant des juges.
Nous n'oublierons jamais qu'il à été membre d'un gouvernement qui à massacré ses ressortissants. Voila.
Justin Morel Junior, Alpha
Justin Morel Junior, Alpha 'Lea' Diallo et M. Sanoh ont démissionné du gouvernement a la suite du massacre du 28 sept 2009. Ces hommes ont de la morale et des convictions politiques saines. Komara était un PM mediocre sans moral et sans conviction. Il restera dans l'histoire avec Dadis, co-responsable de la barbarie du 28 septembre.
quel est cet essentiel que
Quel est cet essentiel que vous auriez pu sauver? Dites aux quineens ce que votre passage au gouvernement a pu apporter au peuple de Guinée. Sinon l'histoire retiendra que vous avez cautionné les crimes commis par les extrémistes du cndd, ainsi que la mal gouvernance qui a plutôt empirer durant votre temps.
Ce n'est pas surprenant!
Ce n'est pas surprenant! Jamais un homme politique a avoué ses fautes ou faibles. Ils ont tous la conscience tranquille. S'ils font mal, c'est toujours la faute de quelqu'un d'autre ou les circonstances qui étaient défavorables. Mais pour M.Komara, les archives sonores seront toujours là pour témoigner du PM béni-oui-oui qu'il fut avec un Capitaine qui aurait pu être son fils, l'humiliant en public. Dommage!
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