A la Une : l’hommage à J. D. Salinger
D’un bout à l’autre des Amériques, les journaux rendent hommage à l’écrivain J.D. Salinger, décédé mercredi à 91 ans. C’est une avalanche de superlatifs pour saluer la mémoire de l’auteur de L’attrape-Cœurs (Catcher in the Rye en anglais), son livre le plus connu, qui est aussi son seul roman, qui s’est vendu à plus de 60 millions d’exemplaires dans le monde.
« Salinger était l’un des auteurs les plus influents du 20e siècle » selon El Informador à Mexico. « Le créateur d’une œuvre légendaire », renchérit Clarin à Buenos Aires. « L’écrivain culte malgré lui », titre Le Devoir de Montréal.
« Longtemps considéré comme l’écrivain américain le plus important de l’après-guerre ; J.D. Salinger avait tourné le dos au succès et à l’adulation », écrit le New York Times. Depuis qu’il avait choisi de vivre reclus dans une petite ville du New Hampshire, il était devenu « le Garbo de la littérature, célèbre pour ne pas vouloir être célèbre » selon le quotidien de New York, la ville de Salinger.
L’Attrape-Cœurs, 60 millions d’exemplaires
Le journal propose d’ailleurs une visite guidée de New York, sur les traces de Holden Caulfield, le jeune héros de L’Attrape-Cœurs¸ qui à 16 ans raconte ses déambulations dans Manhattan, après qu’il eut été renvoyé de son pensionnat. Un livre qui a su si bien « capter l’aliénation de l’adolescence », estime USA Today, avec « un argot inimitable » ou s’exprime « la rage contre l’hypocrisie du monde adulte, la fureur face à l’inévitable perte de l’innocence ».
« Pourquoi le public adore L’Attrape-Cœurs ?» fait mine de s’interroger The New Republic, qui rappelle qu’il a fallu du temps pour que naisse le « phénomène » Salinger. Les critiques n’ont pas crié au chef-d’œuvre lors de la parution du livre en 1951, comme en témoigne le court article publié à l’époque par le Washington Post, qui est allé fouiller dans ses archives. « Les livres sur la difficulté de grandir sont souvent monotones et empreints de préciosité. Celui de Salinger est une heureuse exception », pouvait-on lire dans le Washington Post du 17 juin 1951, sans plus d’enthousiasme que ça.
Un demi-siècle de solitude
Depuis un demi-siècle, Salinger s’était imposé le silence, non seulement en ne publiant plus une seule ligne, mais en interdisant tous les écrits sur sa personne. Le Los Angeles Times se souvient qu’en juillet dernier, il avait encore réussi à faire interdire par la justice une suite non autorisée à L’Attrape-Cœurs.
Et maintenant ? Il reste à savoir si la mort permettra de publier Salinger, se demande le New York Times, qui refuse cependant de spéculer sur l’avenir. « Il y avait une pureté dans la décision de M. Salinger de se séparer du monde, écrit le journal, dans un éditorial plein d’admiration. Son demi-siècle de solitude était en lui-même un acte de création ».
Le Machu Picchu sous des pluies diluviennes
Au Pérou, un pont aérien a été mis en place pour évacuer les centaines de touristes bloqués par des pluies diluviennes. 1 400 personnes ont été rapatriées à Lima hier, grâce à 93 vols d’hélicoptères spécialement affrétés, rapporte El Comercio. Cela fait 4 jours qu’ils étaient bloqués sur le site inca du Machu Picchu.
Il reste encore 800 personnes à évacuer aujourd’hui. Parmi eux, il y a 17 Mexicains, auxquels s’intéresse particulièrement la Cronica de Hoy, tandis qu’à Caracas, El Universal raconte le périple de touristes vénézuéliens affamés et frigorifiés qui ont pu être évacués.
Il y a aussi, et surtout, les Péruviens qui vivent dans la région et qui, eux, n’ont nulle part où aller depuis les inondations. Un avion brésilien est attendu aujourd’hui à Cusco, avec à son bord 14 tonnes d’aide alimentaire, selon El Comercio.
Obama ne décrochera pas la lune
Barack Obama est sur le point d’abandonner le projet Constellation de la NASA, lancé en 2004 par George Bush et qui avait pour objectif de renvoyer un homme sur la lune. « C’est totalement inacceptable », s’insurge un parlementaire de Floride, cité par Florida Today.
Ce projet était de toute façon voué à l’échec, tempère l’Orlando Sentinel qui s’inquiète cependant des implications en terme d’emploi dans la région, qui abrite le centre spatial Kennedy, d’où sont lancées les fusées et autres navettes de la Nasa.
Barack Obama propose quand même d'injecter 6 milliards de dollars supplémentaires sur cinq ans dans les caisses de l’agence spatiale américaine, mais en changeant les priorités : il veut privilégier le développement de vols commerciaux vers la station spatiale internationale. Ce qui fait dire au New York Times que le président veut privatiser l’envoi d’astronautes dans l’espace.

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