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    Magal : le retour vers la ville sainte

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    Les musulmans de la confrérie mouride se sont retrouvés ce mercredi 3 février 2010, à Touba pour leur pèlerinage annuel : le Magal. Les pèlerins se pressent depuis mardi dans la ville sainte. Une foule dense, qui vient prier, se recueillir dans les mausolées du mouridisme et partager des repas de fête.

    De notre envoyé spécial à Touba, Laurent Correau

    Les abords de la grande mosquée de Touba étaient encore praticables lundi 1er février 2010. Depuis mardi une foule dense est là en permanence. De longues files d’attente se sont constituées le long des grilles de la mosquée, pour accéder aux mausolées. Les cars-rapides, bus et autres Ndiaga-Ndiaye qui remontaient à vide la route de Diourbel, vers Dakar, ont maintenant déversé leur flot de pèlerins sur la ville sainte pour le « Grand Magal 2010 ».

    Les nouveaux venus se sont installés dans les cours des maisons, sur les terrasses, dans les salons. Les femmes portent avec élégance de légers voiles colorés ou brillants. Des cadres ont troqué l’habit de ville pour la tenue traditionnelle. Les couloirs des habitations résonnent des voix des adultes et des cris des enfants. Chez des voisins, un chœur entonne des khassaïdes, des poèmes chantés.

    La rue est un territoire que se disputent piétons, bus, voitures déglinguées et taxis-charrettes. La foule et les véhicules soulèvent un brouillard de poussière dans lequel les rayons des phares s’adoucissent à la tombée de la nuit. Ville Sainte. Lumières irréelles

    Un vœu du fondateur

    Ce rassemblement du Magal, a été voulu par le fondateur de la confrérie lui-même, Cheikh Ahmadou Bamba, que les Mourides surnomment Serigne Touba (le marabout de Touba). Contraint à l’exil au Gabon par les colonisateurs français en 1895, Cheikh Ahmadou Bamba perçoit cette décision comme une volonté divine. Il demande à ses proches que le jour de son départ en exil, qui correspond au 18e jour du mois lunaire de safar soit célébré.

    « C’est Cheikh Ahmadou Bamba qui a recommandé à ceux qui étaient présents à ses côtés de célébrer le jour du Magal, expliquait la semaine dernière au micro de RFI le Khalife général des mourides, Serigne Bara Mbacké. Parmi eux, il y avait ses fils : cheikh Mustapha, le premier Khalife et Muhamadou Falilou Mbacké, le deuxième khalife. Il leur a demandé, chaque fois que ce jour arriverait, d’être présents à Touba, qu’ils offrent des réjouissances, qu’ils récitent le Coran et les khassaïdes, parce que la gloire qu’Allah lui a donnée, il l’a eue ce jour là… »

    Désormais, le jour du Magal, les Mourides viennent prier à Touba, se recueillir sur les tombes de Cheikh Ahmadou Bamba et de ses fils, mais aussi partager la nourriture préparée pour l’occasion, selon le vœu de « Serigne Touba ». Beaucoup en profitent pour rendre visite à leur guide spirituel, leur « marabout », très souvent un descendant du fondateur de la confrérie.

    Piles de matelas

    Des centaines de milliers de personnes sont attendues pour ce Magal. Les commerçants cette année encore ont flairé la bonne affaire. Venus de Dakar et d’ailleurs, ils ont envahi les rues qui conduisent à la grande mosquée. Ici, un homme propose des paires de chaussettes, pour pouvoir fouler sans chaussures le sol des sites religieux. Là, un commerçant vend des photographies à l’effigie des différents khalifes du mouridisme.

    Au fil de la rue, on trouve lunettes de soleil, livres religieux, sous-vêtements et gris-gris. Un commerçant dit qu’il est Guinéen, et qu’il est venu spécialement de Labbé commercialiser son miel. Un Malien est venu vendre des djellabas blanches qu’il tend contre lui pour mieux les montrer.

    Mais le produit le plus visible pendant ce Magal, c’est le matelas de mousse. Des piles de matelas qu’on trouve à intervalles réguliers sur la route qui conduit à la grande mosquée. « Ici, on vend beaucoup de matelas. Et franchement, après le Magal on pourra aller se coucher : on aura beaucoup de sous, explique un commerçant venu de Dakar. Parce qu’il y a beaucoup de monde qui doit venir ici. Or, si les gens viennent ici et qu’ils ne trouvent pas à se coucher, ils vont acheter des matelas. Les gens qui sont ici, eux aussi ils achètent des matelas pour leurs frères, leurs amis qui sont venus fêter le Magal. »

    Service d’ordre

    Pour que l’afflux de pèlerins ne porte pas préjudice au respect des règles de la cité sainte, la communauté mouride s’est dotée d’un service d’ordre, lee « Dahiratou Safinatoul Amane ». Il est chargé de rechercher, dans Touba, les produits déclarés illicites par la hiérarchie religieuse.

    Magathe Sow est l’un de ses membres, il dresse le catalogue de ces produits traqués : « La cigarette, la drogue, le football, les jeux vidéos et les cassettes pornographiques… C’est interdit à Touba ! Les mannequins pour exposer les habits sont eux aussi interdits à Touba ! Notre travail, c’est de descendre sur le terrain pour traquer les malfaiteurs et les déposer à la gendarmerie ou à la police. »

    Le « Dahiratou Safinatoul Amane » revendique 445 membres, des bénévoles. Le concours des chefs de quartier est également requis pour dénoncer les fraudeurs entrés dans la ville sainte. Des cigarettes et des pantalons jugés inadaptés à Touba ont été saisis depuis le week-end dernier.

     

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