Robert Beugré Mambé, président de la CEI, entend poursuivre sa mission

Le processus électoral ivoirien est bouleversé depuis qu'une polémique a éclaté il y a près d'un mois quand le chef de l'Etat, Laurent Gbagbo, a accusé le président de la Commission électorale indépendante, de «tentative fraude et de manipulation». Des ténors du camp présidentiel réclament depuis la démission de Robert Beugré Mambé. Ce dernier a reconnu un «dysfonctionnement» dans le fait qu'un fichier contesté de 429.030 noms- un document de travail, selon lui - se soit retrouvé dans certaines antennes locales de la CEI. Il a cependant réfuté toute fraude, «matériellement pas possible» selon lui, et assuré qu'aucun électeur n'avait été inscrit irrégulièrement. Il écarte donc catégoriquement l'idée de démissionner de son poste.
Selon une source judiciaire anonyme citée par l'AFP, les accusations de fraude massive seraient reprises par un rapport d'enquête remis par le procureur général au président Laurent Gbagbo. Le président de la CEI, Robert Beugré Mambé, réfute lui toute irrégularité et refuse de démissionner. Il répond aux questions de notre correspondant à Abidjan :
«Je n’envisage pas de démission. J’ai une fonction à accomplir. Nous avons travaillé avec des amis, des structures, avec le gouvernement, souvent dans des conditions extrêmement difficiles et nous avons fait beaucoup de choses, déjà, pour permettre à la Côte d’Ivoire d’aller aux élections.
Je continuerai à me battre pour terminer cette mission très difficile. Je savais qu’elle était difficile, depuis le début, donc je me suis préparé à l’accomplir avec toute la détermination et la rigueur qu’imposent ce genre d’activité.
Je dois dire que, en mon âme et conscience, je n’ai pas fraudé. Je n’ai pas donné instruction pour frauder et le système n’est pas fait pour frauder.
Je voudrais dire simplement aux Ivoiriens que ce travail, je l’ai fait depuis le début en m’appuyant sur un principe : je dois rendre compte à ma conscience, à Dieu, à l’histoire et un jour aux hommes.»

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