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    Amériques

    La «Suisse de l'Amérique centrale» n'est plus ce qu'elle était

    media Laura Chinchilla, candidate à la présidentielle costa-ricaine, en février 2010. Reuters / Juan Carlos Ulate

    Elections générales ce dimanche 7 février 2010 au Costa Rica. Quelque 2,8 millions d'électeurs sont appelés à choisir un nouveau président, qui pourrait être une femme, et à renouveler le Parlement et les conseils municipaux. Le Costa Rica, ce petit pays, reste le plus stable d'Amérique centrale malgré les menaces liées à une intrusion grandissante du narcotrafic.

    Pour la première fois de son histoire, le Costa Rica pourrait bien installer une femme sur le fauteuil présidentiel à San José. Laura Chinchilla, intronisée par l'actuel président Oscar Arias et par le PLN, le parti de centre-droit qui domine la vie politique depuis six décennies, a mené campagne en favorite. Et même si les sondages ont montré que sa cote de popularité s'est progressivement réduite au profit de ses concurrents, elle était toujours, à quelques jours du scrutin, créditée d'un peu plus de 40% des suffrages, niveau que le candidat arrivé en tête doit atteindre s'il veut être proclamé président élu, sous peine de devoir disputer un second tour qui aurait lieu le 4 avril prochain.

    Cette quinquagénaire élégante et plutôt réservée affronte deux rivaux principaux : d'une part, le candidat populiste de droite Otto Guevara, d'autre part le social-démocrate Otton Solis, qui en sont tous les deux à leur troisième tentative pour conquérir la magistrature suprême. Pourtant, la longue campagne électorale qui vient de se dérouler pendant trois mois n'a pas vraiment soulevé l'enthousiasme de Costariciens quelque peu désenchantés.

    En phase avec l'humeur ambiante, le candidat que les sondages placent en quatrième position, Luis Fishman, n'a pas trouvé de meilleur slogan pour attirer les suffrages de ses compatriotes que de se présenter comme « le moins mauvais » des prétendants au fauteuil présidentiel. Prétendants qui n'ont pas fait preuve de beaucoup d'imagination pour marquer leur différence dans les programmes de gouvernement.

    Une sensibilité précoce à l’environnement

    Certes, le Costa Rica se veut toujours ce pays en avance à bien des égards sur ses voisins d'Amérique centrale, et au-delà. L'un des chevaux de bataille de San José n'est autre que l'écologie.

    Au début de son mandat, il y a quatre ans, Oscar Arias a proclamé la « Paix avec la Nature », un programme dont le principal objectif est de conduire le pays en 2021 à compenser 100% de ses émissions de carbone. Des surfaces équivalant à 26% du territoire bénéficient d'un statut protégé au Costa Rica, dont les paysages tropicaux sont devenus une référence en matière d'écotourisme. Enfin Laura Chinchilla a promis de tirer des énergies renouvelables « 100% »de ce qui est consommé au Costa Rica, même si elle est sensible à l'invitation faite à son pays par Hugo Chavez d'adhérer au « programme Petrocaribe » de fourniture de pétrole vénézuélien à des conditions avantageuses.

    Mais des problèmes récurrents de contamination de l'eau, et de réduction des ressources de la pêche et des surfaces boisées, ont terni cette image de paradis environnemental, de même que commence à se fissurer la réputation de « havre de paix et de démocratie » du Costa Rica.

    Si le premier mandat d'Oscar Arias (1986-1990), alors honoré d'un prix Nobel de la Paix pour ses médiations fructueuses dans les guerres civiles des pays voisins, a été en adéquation avec cette appellation flatteuse, il n'en est pas de même pour son deuxième mandat : son intervention controversée dans le récent conflit du Honduras n'a pas abouti, et plusieurs scandales de corruption sont venus émailler sa présidence. Des scandales invoqués par Otton Solis, champion autoproclamé de la transparence, et par Otto Guevara pour tenter de discréditer Laura Chinchilla, la dauphine, et « marionnette », à en croire le candidat populiste, de l'actuel président et de son frère, le tout-puissant ministre de la Présidence Rodrigo Arias.

    Le Costa Rica, qui fut en d'autres temps un modèle d'Etat-providence, a aussi pâti de la crise et compte 20% de pauvres. Le PIB a enregistré une chute de 1,3% en 2009, et le chômage a bondi de 4,9% à 7,8% de la population active. Des difficultés qui, malgré de nouvelles perspectives de croissance en 2010, justifient, du point de vue d'Otto Guevara, la dollarisation de l'économie qu'il préconise comme remède.

    L’image d’un « havre de paix » battue en brèche par le narcotrafic

    Mais la principale brèche dans l'image traditionnelle du pays vient d'une délinquance en forte hausse. Le Costa Rica n'a pas d'armée, un choix fait de longue date pour privilégier les investissements pacifiques tels que l'enseignement. Ce choix l'expose-t-il plus que ses voisins aux coups de boutoir des trafiquants de drogue? C'est en tout cas la composante la plus voyante d'une insécurité devenue l'une des principales préoccupations des habitants, habitués à leur « oasis » de tranquillité.

    Toute l'Amérique centrale, parce qu'elle se situe entre la Colombie et le Mexique, ces deux pays d'ancrage du narcotrafic, est devenue un lieu de passage, et même de consommation, pour la cocaïne destinée aux Etats-Unis.

    Le Costa-Rica n'est pas épargné, il passe même pour particulièrement vulnérable aux offensives des barons de la drogue. Face à ce nouveau défi sécuritaire, Laura Chinchilla peut se targuer de maîtriser parfaitement la question, comme en témoignent ses attributions successives (Sécurité publique, puis Justice) au sein du gouvernement depuis 15 ans. Mais Otto Guevara a fait de la surenchère en prônant une « tolérance zéro » face à la criminalité.

    L'avantage de Laura Chinchilla tient aussi aux moyens logistiques du parti qui la soutient. Le PLN (Parti de la Libération nationale) est, sans surprise, la formation la plus puissante et la mieux structurée du pays. Ses capacités de mobilisation pour transporter les électeurs jusqu'aux bureaux de vote sont à la hauteur des enjeux : des dizaines de milliers de militants, en bus, en taxi ou en voiture particulière, sont à pied d'œuvre. Car l'une des craintes que nourrit cette démocratie qui, rare privilège dans la région, n'a jamais connu de parenthèse dictatoriale, est d'enregistrer dimanche un taux d'abstention record.

    Erica Guevara, chercheuse costaricienne à Sciences Politique Paris

    Erica Guevara, chercheuse costaricienne à Sciences Politique Paris

    07/02/2010 - par Céline Missoffe Écouter
    Le Costa Rica est considéré comme le pays le plus stable démocratiquement en Amérique Latine…

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