Tchad/Sénégal - 
Article publié le : dimanche 07 février 2010 - Dernière modification le : vendredi 12 février 2010

Procès de Hissène Habré : le financement pas encore finalisé
Hissène Habré, ancien président du Tchad, le 16 août 1983 à NDjamena. L'ancien dictateur vit au Sénégal depusi sa chute en 1990. Il est poursuivi pour «crimes contre l'humantié, crimes de guerre et actes de torture»
Hissène Habré, ancien président du Tchad, le 16 août 1983 à NDjamena. L'ancien dictateur vit au Sénégal depusi sa chute en 1990. Il est poursuivi pour «crimes contre l'humantié, crimes de guerre et actes de torture»
AFP
Par RFI

Le Tchad met à disposition du Sénégal une enveloppe de deux milliards de francs CFA pour l'organisation du procès d'Hissène Habré. Le Sénégal a été mandaté depuis 2006 par l'Union africaine pour juger l'ancien dictateur tchadien, accusé de milliers d'assassinats politiques. Mais depuis quatre ans, le procès n'a toujours pas démarré, faute d'accord sur le budget.

Le Tchad met à disposition du Sénégal 2 milliards de Francs CFA pour le procès d'Hissène Habré. Mais l'argent n'a toujours pas été utilisé et du côté de Ndjamena, on s'impatiente.

Abderrahmane Djasnabaille, ministre tchadien des Affaires humanitaires, se fait l'écho de cette exaspération. « Cela a trop duré, parce que les victimes sont fatiguées, elles sont âgées, elles sont malades. Elles risquent donc de partir une à une. Nous tchadiens, nous attendons également avec beaucoup d’intérêt ce procès, puisque nous voulons trancher avec le passé. Et jusqu'à présent, nous attendons et vraiment, c’est incompréhensible. »

Dakar avait réclamé 18,75 milliards de Francs CFA pour la tenue du procès. Trop cher avaient estimé les bailleurs. Les négociations ont donc repris et le Sénégal refuse de démarrer la procédure tant que le budget n'est pas bouclé et tous les fonds versés sur un compte de la BCEAO (Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest).

Demba Kandji, directeur des Affaires criminelles et des grâces au ministère sénégalais de la Justice confirme que « tout est en place. Tout, sauf le budget. Nous avons fait une estimation au départ, et nous attendons maintenant les avis des uns et des autres. Mais je suis tout à fait optimiste, parce que le Sénégal a fait tout ce qui relevait de son devoir. Nous, nous attendons simplement que ce budget soit en place pour démarrer le projet ».

La situation pourrait se débloquer lors d'une grande conférence des bailleurs de fonds. Elle pourrait se tenir avant la fin du semestre.

Pèlerinage à «la plaine de la mort»

Au Tchad, cela fait dix ans que les victimes de la dictature de Hissène Habré, l’ancien président tchadien ont déposé plainte contre lui à Dakar. Depuis la procédure de jugement de l’ancien chef d’Etat n’avance pas assez au goût des victimes. Une série de manifestations étaient organisées dans le cadre de d'une «Semaine contre l'impunité». Ce samedi 6 février 2010, se tenait un pèlerinage dans un cimetière où un millier de victimes ont été enterrées. L’endroit risque de disparaître avec l’extension de la ville, d’où l’inquiétude exprimée par maître Jacqueline Moudeïna, avocate des victimes tchadiennes.

On a voulu venir se recueillir en ces lieux qu’on appelle « plaine de la mort » parce que, beaucoup de victimes ne savent pratiquement pas où on a enterré leurs parents… Notre inquiétude aujourd’hui, c’est que le lieu disparaisse à jamais... Et ça va être la disparition de preuves…

(01:07)
 

07/02/2010 par RFI


 

tags: Justice internationale - Sénégal - Tchad
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Commentaires (4)

au nom de Droit de la Raison

Hissene Habre n'est pas le seul. Il y a d'autres encore au pouvoir dans les autres pays, et plus pire que Hissene Habre pourquoi l'on ne les jugent pas l'on s'acharne sur le cas Hissene Habre. Au nom de Droit de la raison l'état du Senegal doit protege Hissene Habre.
Salut ! Mr. Tannba. Pays-Bas

Procès de Hissène Habré

Moi je trouve que les bailleurs de fonds qui avaient promis de financer ce procès doivent s'exécuter. Le Sénégal et le Tchad ne peuvent soutenir à eux seuls toutes les charges qu'un tel procès pourrait engendrer. Il serait long et extrêmes couteux pour des pays à faible revenu. La Communauté Internationale doit s'investir en faveur d'une manifestation de la justice tant entendue par les victimes tchadiennes qui souffrent à présent des violations de droits humains enregistrées aux moments des faits.

un montant ridicule

18 milliard for juger une personne? Je suppose que c'est le montant que le Sénégal met a la disposition de chaque citoyen accuse de délit
C'est vraiment ridicule.

le juge reclame trop

Si le pays mandaté par l'UA pour juger HAbré est confronté au question budgétaire pourquoi ne pas mandaté un autre qui est moins exigeant, le fait d'être délégué pour gérer une affaire aussi importante suppose un respect une certaine suprématie et que le pays mandaté devait payé le prix du respect ou s'il est incapable de juge Habré, il décline l'offre c'est simple.

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