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Article publié le : dimanche 07 février 2010 - Dernière modification le : mardi 16 mars 2010

Libération de l'otage français : Sarkozy remercie el-Béchir

L'otage français libéré, Laurent Maurice, à l'hôpital d'al-Amal à Khartoum.
L'otage français libéré, Laurent Maurice, à l'hôpital d'al-Amal à Khartoum.
REUTERS/Mohamed Nureldin Abdallah

Par RFI

Le président Sarkozy a envoyé ce dimanche 7 février 2010 André Parant, son conseiller pour les affaires à Khartoum pour remercier en personne le président Omar el-Béchir, des efforts déployés pour la libération samedi, du Français Laurent Maurice. L'employé de la Croix-Rouge, a été enlevé il y a trois mois dans l'est du Tchad par des rebelles soudanais peu connus dans le Darfour.

Les joues recouvertes d’une barbe bien fournie, un large sourire, des sandales aux pieds, après 89 jours passés en captivité, Laurent Maurice est arrivé à Khartoum. « Il a pu parler avec sa famille, il est sain et sauf et c’est bien là l’essentiel » se réjouit Frédéric Joly, porte-parole de la Croix-Rouge Internationale.

Des hommes se faisant appeler les « Faucons libres d’Afrique » réclamaient pour sa libération une rançon d’un million d’euros mais un des responsables du groupe joint par l’AFP dément avoir agi pour l’argent : « Nous souhaitions que la France change sa politique dans la région, a-t-il expliqué. Et nous apprécions le rôle positif que Paris a joué lors des dernières négociations entre le Tchad et le Soudan ».

Le CICR affirme de son côté qu’il ne verse jamais de rançon mais l’organisation ne souhaite pas en dire davantage afin de ne pas compromettre les chances d’aboutir à la libération prochaine de leur second otage, un autre français qui, lui, a été enlevé en octobre au Darfour-Ouest. Il serait aux mains d’un autre groupe armé.

Quant aux Faucons libres d’Afrique, ils affirment être en pourparlers avec les autres autorités de Bangui en vu de la libération prochaine des deux autres humanitaires français qu’ils retiennent encore, deux membres de l’ONG Triangle, enlevés à Birao, dans l’extrême-est de la République Centrafricaine.

Le «Monsieur Afrique» de l'Elysée à Khartoum

Manifestement la France a voulu mettre les formes pour remercier le chef de l'Etat soudanais : cette fois, pas question de diplomatie secrète. A l'issue de son entretien avec le président Omar el-Béchir, André Parant a accordé quelques mots à la presse : «Je suis venu de la part des autorités françaises remercier le président Béchir et les autorités soudanaises pour les efforts qu'ils ont conduits et qui ont permis la libération du travailleur humanitaire de nationalité française», a déclaré le conseiller du président Nicolas Sarkozy pour les Affaires africaines.

Faut-il y voir une inflexion de la France à l'égard du président soudanais, qui est sous le coup d'un mandat d'arrêt lancé par la cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour ? «Absolument pas» répond-t-on à l'Elysée où l'on insiste sur le caractère «exceptionnel» de ce déplacement. «C'est un cas particulier qui répond à une urgence humanitaire» explique-t-on et l'on ajoute : «Ce déplacement ne remet pas en cause notre soutien à la CPI et à la mise en oeuvre de ses décisions».

Toujours est-il qu'André Parant a souhaité que «les efforts du Soudan, qui ont été menés pour libérer monsieur Laurent Maurice, se poursuivent pour la libération des autres otages français» dans la région.
 

tags: Enlèvements - République centrafricaine - Soudan - Tchad
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