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    Economie

    Spéculation sur la dette grecque

    media RFI

    La Grèce a été le premier pays européen ébranlé par une vague de spéculation sur sa dette. Mais d’autres pays de la zone euro sont aussi menacés. L’Union doit réagir au plus vite pour enrayer un phénomène qui remet en cause la construction monétaire européenne.

    La Grèce n'a jamais fait preuve d'une grande rigueur budgétaire puisque depuis une vingtaine d’années les gouvernements ont laissé filer la dette. La Grèce est donc surveillée de près depuis l'automne 2008, date à laquelle se déroulaient les élections, d'où un certains laxisme budgétaire. La faiblesse du Trésor public grec en a fait une cible naturelle des spéculateurs.

    Le déficit de la Grèce pour 2009 sera environ de 12,7% du PIB. Un déficit certes gigantesque mais néanmoins inférieur à celui de la Grande-Bretagne et de l'Italie, et assez proche de celui de l'Espagne. La Grèce n'est donc pas le seul pays en Europe à connaître des difficultés. Il semble que les marchés financiers se soient polarisés sur la Grèce, faute de confiance dans la capacité du nouveau gouvernement à redresser la situation économique du pays.

    Un complot des « spéculateurs » ?

    Il serait exagéré de parler de complot, il n'y a pas d'organisations ou de mafia prêtes à intervenir. En revanche, il y a des établissements financiers, les fameux hedge funds, fonds de gestion spéculatifs, dont on parle régulièrement, qui ont eu envie de mettre la Grèce à l’épreuve. Demain les spéculateurs pourraient très bien aller tester d'autres maillons faibles de la zone euro, comme le Portugal, l'Italie ou encore l'Espagne. Les marchés financiers restent à l'affût de la moindre opportunité pour gagner de l'argent.

    Et avec la dette grecque ils peuvent effectivement gagner de l'argent : dans un premier temps, les investisseurs parient sur la baisse du prix des obligations émises par le trésor grec, puis dans un second temps ils achètent des « crédits default swap » (CDS) qui sont des produits financiers les assurant contre le risque de défaut de paiement de l’Etat. La dernière phase est de revendre ces CDS plus chers, en faisant le pari que leur valeur va augmenter. Comme à la bourse, où on peut parier sur la hausse ou la baisse d'une action, on peut aussi parier sur les titres de créance émis par la Grèce.

    La réaction de l’Union

    Avec la crise de Lehman Brothers on a bien vu que l'effet de domino pouvait être terrible et qu'il était difficile d'en laisser tomber certains, sans entraîner la chute de tous. Si on compare la situation de la Grèce avec ses 7 millions d'habitants et un tout petit PIB, d'un point de vue économique ce ne serait pas une catastrophe de ne pas la secourir, d'autant plus qu'un pays ne peut pas se trouver en faillite mais en cessation de paiement, ce qui l'oblige à négocier sa dette avec ses créanciers. Mais si Bruxelles laisse tomber la Grèce, les marchés vont s'intéresser aux autres pays de la zone euro, ils risqueraient alors de se retrouver à leur tour en cessation de paiement.

    On attend maintenant la tenue du sommet des dirigeants, prévu jeudi 11 février, à Bruxelles. On ignore s’il sera public ou non. Initialement, ce rendez-vous était consacré à l'ébauche d'un gouvernement économique, mais il est probable que la Grèce sera au centre des discussions.

    Le Français Michel Barnier, commissaire européen chargé des Finances, s'est prononcé en faveur d'un « plan coordonné ». Il ne faut pas que seuls les Grecs fassent le ménage dans les comptes publics mais que tous les pays de la zone euro fassent un effort pour respecter enfin le cadre imposé par le Pacte de stabilité.

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